SCÈNE IX
Les Précédents, RODOLPHE.
Rodolphe, apercevant Chavigni. C’est lui, c’est Chavigni... Dieu! l’envoyé d’Espagne! Comment est-il encore ici ?...
le comte. Je n’espérais pas être assez heureux pour rencontrer Son Altesse...
Rodolphe. C’est moi, monsieur le comte, qui m’estime heureux de ce hasard... Je me suis trouvé séparé du reste de la chasse... et près de ces beaux jardins que je ne connais pas... A qui appartiennent-ils ?
chavigni. A madame la marquise de Surville.
Rodolphe. Eh ! mais... n’est-ce pas monsieur de Chavigni ?
chavigni. Oui, mon prince.
le comte. Votre Altesse le connaît ?
Rodolphe. Beaucoup... Nous nous sommes vus à la cour de France... nous étions intimes... et j’espère bien que, pendant son séjour ici, il me traitera en ancien ami.
le comte, à part. Et Chavigni qui prétendait ne pas le connaître. ( Haut .) Ce matin, mon prince, j’avais fait demander à Votre Altesse, par monsieur de Rhinfeld, son secrétaire, un instant d’audience.
Rodolphe. Il n’était pas nécessaire... Vous savez bien, monsieur le comte, que je suis toujours visible pour vous... Venez demain, après-demain, quand vous voudrez... nous parlerons d’affaires... Aujourd’hui est tout au plaisir... Le Grand-Duc, que j’ai laissé au bout du parc, au rendez-vous de chasse, s’étonnait déjà de ne pas vous voir auprès de lui.
le comte. Il serait possible !
Rodolphe. Ce soir..., nous avons un bal... un concert... j’espère qu’on vous y verra... Ainsi que monsieur de Chavigni. ( A Chavigni .) Je crois me rappeler que vous êtes un grand musicien, un violon distingué.1