RODOLPHE, CHAVIGNI
Rodolphe. Quel bonheur ! il nous laisse ! gour
cela vous n’avez eu qu’un mot à dire... Savezvous que vous êtes un habile homme ?
chavigni. Votre Altesse est trop bonne !
Rodolphe. Ne perdons point de temps. Vous arrivez de France ?
chavigni. Ce matin même.
Rodolphe. Vous avez communiqué à madame de Surville les ordres dont vous êtes porteur?...
chavigni. Oui, mon prince.
Rodolphe. Dieu soit loué ! Nous pouvons alors parler à cœur ouvert, et nous entendre tous trois1... Venez! passons chez la marquise... où est-elle ?
chavigni. Avec Dona Isabelle... la fille de l’envoyé d’Espagne...
Rodolphe. Tant pis... C’est fâcheux ! Comme je crains que d’aujourd’hui je ne puisse rejoindre ni vous, ni la marquise, voici d’abord. . . (a S'arrêtant,) Mais je ne sais comment vous demander ce service.
chavigni. Eh ! pourquoi donc, monseigneur ?... Je vous prie de croire que je vous suis tout dévoué.
Rodolphe. Voici d’abord les deux portraits en question;2 de ce moment ils ne sont plus à moi, et je vous prie de les remettre à qui vous savez.
chavigni. Quoi ? vous voulez... que je...
Rodolphe. Je pense du moins... qu’entre nous ... entre jeunes gens, cela ne vous blesse3 en rien ... sans cela...
chavigni. Comment donc,4 mon prince !
Rodolphe. Pour parler maintenant de notre grande affaire... la présence seule de Moréno doit vous dire dans quel embarras je me trouve... Grâce au ciel je ne sais par quel bienfait5 l’envoyé