‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 60 sur 98 · Moniteur du 5 frimaire · texte numérisé non relu

Moniteur du 5 frimaire

2. La Capricieuse, allant en Egjpte, fut prise le !•«' sep tembre 1^00 dans les eaux de Livourne.

Alexandrie*. Retenu de nouveau dans ce port f)ar la mauvaise saison, il ne mit à la voile que le 5 novembre. Le voyage fut long et diftîcile. On se présenta devant Tarente, où Ton apprit à temps que les Napolitains étaient en guerre avec la France. Le 26 décembre, Louis, entouré de bâtiments ennemis, jeta à la mer les drapeaux, puis réussit, non sans peine, à gagner Porto-Vecchio en Corse. Il resta plusieurs semaines enfermé dans cette île, débarqua à Livourne le 2n février 1799 sous Tescorte des avisos l'Encourageante et la Dangereuse, et arriva à Paris vers le il mars. A trois reprises, il avait expédié de Corse des copies de ses dépêches, qui le précédèrent en France.

La Nativité, tartane. Elle fut destinée à porter le courrier Thibaut, avec le duplicata des dépêches remises à Louis Bonaparte. Thibaut quitta le Caire le 3 novembre, avec ordre de partir vingt-quatre heures après celui-ci. Il sortit d'Alexandrie dans la nuit du 8 au 9 novembre, fit une traversée heureuse et aborda h Ancône le o décembre. Le 13 de ce mois, les dépèches étaient arrivées à Paris, devançant de plusieurs semaines les copies envoyées par Louis. Thibaut finit sa quarantaine le 1'^*' janvier 1799, et atteignit Paris vers le 12.

Le 9 novembre, l'ordre fut donné à un courrier de

1. Bonaparte au contre-amiral Perrée, — le Caire, 2 brumaire an VII (23 octobre 1798) : « Vous ferez rester /a /îevancÀe jusqu'à nouvel ordre à Rosette, où elle se tiendra prête à partir au premier ordre.qui sera probablement à la fin de la lune. Je donne ordre au citoyen Louis Bonaparte de se rendre à Alexandrie pour s'y embarquer sur un biick. Il est tellement malade à la mer, qu'il craint de trop souffrir sur un bâtiment aussi petit que la Revanche » (Inédit).

s'embarquer sur un bateau grec d'Alexandrie, pour porter à Constantinople une lettre au grand vizir, et une lettre à Talleyrand que Bonaparte pouvait croire installé dans son nouveau poste {Corr. n®» 3595 et 3596) ^ Cet envoi paraît avoir été contremandé *.

Tartane corse; capit. P. Roux. Elle sortit le 6 décembre d'Alexandrie, avec le lieutenant de vaisseau Fabre, qui était chargé de recueillir à Beugasi des nouvelles d'Europe, et d'y déposer un paquet, destiné au consul sous Je couvert du pacha de Tripoli. Fabre, gêné par le vent, se fit débarquer le 20 janvier 1799 au cap Mesurât et arriva à Tripoli par terre, le 26. Le paquet contenait des ordres du jour, les dépêches imprimées de Bonaparte au Directoire, la gazette d'É^rypte, et une lettre de Venture, secrétaire-interprète du général, datée du 20 octobre ^, sollicitant des nouvelles par piétons, « attendu que rien ne peut aboutir par mer k Alexandrie ». — Le pacha s'étant

1. A ce moment, Bonaparte voulait savoir si la Porte avait réellement déclaré la guerre à la République. Depuis le 19 [octobre, deux frégates turques croisaient devant Alexandrie de concert avec les vaisseaux anglais; mais des indices permettaient de supposer que les Anglais auraient emmené ces caravelles de Rhodes, par ruse ou par lorce. Sous divers prétextes, nos parlementaires se rendirent le 5, puis le 22 novembre à bord de la croisière ; mais ils n'y recueillirent que des propos vagues, où le vrai et le faux étaient adroitement confondus.

2. Lettre inëdiic de Bonaparte à Le Roy, ordonnateur à Alexandrie, — le Caire, 3 frimaire an VII (23 novembre 1798) : « Je vous prie, citoyen ordonnateur, de me renvoyer mes dépêches pour Constantinople par une occasion sûre. J'en ai fait passer la copie par une occasion plus sûre. » — Il est fort douteux que ces pièces soient parvenues à Constantinople.

3. C'était à cette date que Bonaparte avait ordonné la mission à Bengasi. {Corr. no 3504.)

vu forcé, le 29 janvier, de déclarer la guerre à la France, mit sous séquestre la tartane corse, lorsqu'elle parut le 3 février. Fabre dut rester à Tripoli, attendant une occasion de retourner en Egypte. Il profita des deuxième et troisième courriers expédiés par le consul BeaussierS pour écrire à Dumanoir et à Ganteaume. Enfin le i3 mai, il fut expulsé de Tripoli en même temps que le consul. Embarqués ensemble sur le vaisseau V Alphonse, ils touchèrent à Palerme (1" juin) et furent descendus à Gênes le 16 juin, par un parlementaire. Sa quarantaine finie, Fabre atteignit Toulon le 17 juillet.

La Vièrge-de-la-Garde , tartane; capit. Auflfan. Elle portait le courrier Bellin ^ avec des dépêches pour le Directoire (Corr. n^* 3632 et 3649), et partit d'Alexandrie le 6 décembre. Elle fut prise près de Messine par les Anglais, qui débarquèrent l'équipage à Naples, au mois de mars.

La Liberté, bateau du convoi de Gênes ; capit. Maillot. Elle prit à bord environ quatre-vingts militaires aveugles ou blessés, et parmi eux l'ordonnateur Sucy. Bonaparte confia à Sucy une lettre pour le Directoire (Corr. n^ 3677), la copie de quelques dépêches antérieures et un paquet d'imprimés, lui recommandant de toucher à Malte ou un port sicilien, et d'en expédier un aviso avec des nouvelles pour l'Egypte. D'après ces instructions, Sucy quitta Alexandrie le 15 décembre et vmt relâcher le 2 janvier à Augusta, en Sicile, Il ignorait que les Napolitains nous faisaient la guerre.

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