‹ Le Directoire et l'expédition d'Égypte: étude sur les tentatives du Directoire pour communiquerChapitre 62 sur 98 · Cet ordre n'a dû s'exécuter qu*eu partie et plus tard · texte numérisé non relu

Cet ordre n'a dû s'exécuter qu*eu partie et plus tard

2. Elles furent portées par PochoUe, qui arriva le 10 mars à Paris.

3. On venait de recevoir au Caire une lettre de Derne, mentionnant, en termes vagues, l'arrivée de la tartane de Fabre {Courrier cr Egypte, n" 21 ; du 25 frimaire an VII). En outre, un accordavait été fait au Caire, le 15 décembre, avec un Arabe <iui s'engageait à rapporter des nouvelles de Derne en 35 jours.

i64 APPENDICE.

Fouivs, qui le montait, devait d'abord se rendre à Malto [Con\ ii«* 3765, 3766) S et de là, renvoyer aussilot le Chasseur en Egypte. Au moyen d'an bateau maltais, il devait atteindre la côte italienne, porter des di'pècbes au Directoire (Corr, n® 3767) ^, voir Joseph on Lucien Bonaparte et revenir promptement vers Daluiotte. Fourùs mit à la voile le 28 décembre, mais le liMulomain il tomba au pouvoir du vaisseau le Lion. Les dépêches furent jetées à la mer. L'équipage, conduit i\ Hhodos, puis ramené devant Alexandrie en février et contié à un bateau grec, aborda à Naples le 10 avril. Quant à Fourès, par une faveur exceptionnelle ^, il fut renvoyé sur parole en Egypte.

La Dorothée, bombarde de Marseille; capit. J. Terrusse. Kilo sortit d'Alexandrie, le 28 décembre, avec Tadjoint Croizier *, qui devait échanger des nouvelles

1. Lt»itre inédite à Vaubois, — le Caire, 27 frimaire an VII ^17 doi'iMubiv 1708^ : « Je vous prie, citoyeu général, de faiiv oiubaiiiuor sur l'aviso qui vous portera cette lettre, 1000 fusilî?, 1000 paires de pistolets et 1000 sabres. L'armée a besoin de ces objets. Voyez aussi s'il n'y aurait pas moyen de nous eï\ faire passer par d'autres bâtiments qui se dirigeraient sur Oamiette. »

2. Lettre inédite au Directoire, — le Caire, 27 frimaire an Vil ^17 décembre 1798} : « Vous trouverez ci-joint la copie d'un procès-verbal que j'ai fait faire par tous les ofliciers de marine ilistinirués à Alexandrie, afin que cela puisse vous servir dans la Cv>nibinaison de vos opérations militaires maritimes."

;<, Cette conduite des Anglais, calculée pour déplaire à Bonaparte, ainsi que îles documents certains qui ont passé sous nos yeux, témoignent de la notoriété de certaine liaison, mentionnée dans les mémoires de Boiurrienne (t. II, p. 173j. de îSegur t. 1, p. 42o , etc.

4. Il ne taui pas le confondre avec un aide de camp du nuMne nom, qui mourut de ses blessures devant Saint-Jeaad'Acre.

à Corfou et revenir en Egypte {Corr, n»» 3776, 3777). La Dorothée ayant été capturée, l'équipage fut débarqué en mars à Naples. .i*

Le 25 janvier 1799, des instructions furent données (Corr. n° 3897) pour le départ du général Bertbier sur la frégate la Courageuse. Berthier malade, demandait depuis plusieurs mois à rentrer en France : il devait emmener deux bateaux du convoi et les renvoyer le plus tôt possible en Egypte avec des nouvelles. Quant à la frégate, elle devait revenir vers Jaffa ou Damietle. En apprenant Texpédition de Syrie, Bertbier renonça au retour*, et la Courageuse demeura à Alexandrie.

Le 25 janvier 1799, lettre de Bonaparte à Tippoo- Saib (Corr. n*» 3901)2. Cette dépêcbe fut confiée aux soins du chérif de la Mecque qui la fit parvenir^. Déjà, au mois d'août précédent, Bonaparte s'était mis en rapport avec ce chérif, à l'occasion des caravanes de pèlerins et des intérêts commerciaux de l'Arabie.

Le Lodi, brick; capit. Senequier. Dès le 9 décembre, Bonaparte résolut de l'envoyer à Berne avec Benoît Arnaud, ancien négociant, qui connaissait la langue et le pays. L'objet de cette mission, en tout semblable

1. Le général Dugua, qui avait obtenu une permission semblable, demeura également en Egypte.

2. Au commencement de décembre, il était arrivé à Suez UQ Indien chargé de porter à Bonaparte une lettre qui s'était perdue (Cf. Coït, n»» 3767, 3781, et Souvenirs de G. Monge, p. 86).

3. Pièces et correspondances relatives aux opérations de l'Armée d'Orient^ publiées par ordre du Tribunat, t. I, p. 185.

2r>6 APPENDICE.

à celle de Fabre, était de recaeillir des renseignements sur l'Europe : sous aucun prétexte, le Lodi ne devait se rendre en France (Corr.n^ 3729). Une maladie 'd'Arnaud retarda pendant deux mois le départ. Après une tentative inutile du 4 février 1799, le Lodi réussit le 8 à traverser l'escadre anglaise, pendant qu'elle bombardait Alexandrie. Poussé par le vent, il dépassa Derne et vint mouiller à Tripoli le 24 février. Un paquet remis à notre consul contenait un billet de Venture, et des lettres de Bonaparte pour le bey de Derne et le pacha de Tripoli (Corr. n*»» 3731, 3732). Le i" mars, Senequier remit à la voile; mais alléguant des avaries, il refusa de ramener Arnaud à Alexandrie ou même à Bengasi, et le débarqua au cap Mesurât. Arnaud avait reçu copie des dépêches expédiées par les courriers de Beaussier : loin de pouvoir les rapporter en Egypte, il ne dut songer qu'à sauver sa vie, menacée par les Arabes, et il était encore le 9 mai dans le désert de Barca *. Quant à Senequier, il se dirigea vers Toulon, où il entra le 24 mars. Gomme il avait manqué à ses instructions, sa conduite fut soumise à un conseil maritime, qui l'acquitta. Mais en 1800, dénoncé par Arnaud, il fut suspendu de ses fonctions ^,

LaRéale, caravelle turque; capit. Idris-bey. Cette frégate,trouvée dans le port d'Alexandrie lors du débarquement de l'armée, n'avait pas été autorisée à sortir.

1 . Lettre d'Arnaud, publiée dans un ordre du jour de Menou, du 31 juillet 1800.

2. Ordre inédit du 25 frimaire an IX (16 décembre 1800) — « Le Premier Consul prie le ministre de la marine, qui aura pris connaissance dans le Moniteur^ de la conduite du capitaine Senequier à Tégard du citoyen Arnaud, de lui faire un rapport sur cet officier ; s'il est etc., où il est employé, etc. »

Au moment de décider Texpédition de Syrie, Bonaf)arle songea à se servir de ce bâtiment pour conduire à Constanlinople notre consul à Mascate, Beauchamp, qui avait abordé au mois d'août en Egypte. La mission de cet agent consistait à se bien renseigner sur la Turquie, à savoir si cette puissance nous faisait réellement la guerre, à réclamer la liberté de nos nationaux arrêtés dans les Échelles du Levant {Corr. n» 3746). Beauchamp quitta le Caire le 12 décembre; mais la caravelle fut longtemps sans appareiller*, et ne Je fît que le 13 février (1799). Elle fut visitée près de Rhodes par les Anglais, et arriva à Constantinople le i4 avril. Beauchamp avaitété saisi avec ses dépècbes^.

1. Le séjour de la caravelle à Alexandrie donna lieu à plusieurs lettres inédites de Bonaparte. — I. Au commandant de la caravelle; le Caire, il vendémiaire an VII (2 octobre 1798) : « J'ai reçu la lettre que vous vous êtes donné la peine de m'écrire. J'ai appris avec peine que vous aviez éprouvé à Alexandrie quelques désagréments. J'ai donné les ordres au Caire pour que tout votre monde vous rejoignît. Tenez-vous prêt à partir à l'époque à laquelle vous aviez Thabitude de quitter Alexandrie. Faites-moi connaître le temps où vous comptiez partir; j'en profiterai pour vous donner des dépêches pour la Porte. Croyez aux sentiments d'estime, et au désir que j'ai de vous être agréable. » — II. A Dumanoir ; le Caire, 7 brumaire an VII (28 octobre 1798) : «...Continuez à bien traiter le capitaine de la caravelle et à lui donner de bonnes paroles, et restez-en là jusqu'à ce que tout ceci s'éclaircisse. » — III. Au même; le Caire, 21 frimaire an VII (Il décembre 1798) : « Vous voudrez bien, citoyen, faire charger sur des chaloupes tous les afifùts et autres objets qui appartiennent à la caravelle, et les tenir prêts à être portés à bord de cette corvette, lorsque le général Marmont l'ordonnera. » — IV. A Lavallette; le Caire, 18 nivôse an VII (7 janvier 1799) : « J'ai reçu, citoyen, vos lettres du 28 frimaire et du 5 nivôse. Restez à Alexandrie jusqu'à ce que la caravelle soit partie, et revenez immédiatement après. »

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