VIII PRÉFACE
dans la prodigieuse fécondité, dans la nobk élégance de sa théologie. Ce style n'est jamais celui d'un homme qui veut écrire , c'est celui d'un homme possédé de la vérité , qui l'exprime comme il la sent du fond de son âme. » Nous avons choisi particulièrement dans les œuvres de Fénelon ce qui est relatif à la re/tgion et à la morale. Preuves de l'existence de Dieu tirées des merveilles de la nature ; conseils affectueux d'une tendre piété ; doux épanchements d'un cœur embrasé de l'amour divin ; avertissements quelquefois solennels et souvent familiers : voilà ce que nous avons pensé devoir offrir au lecteur , pour charmer également son esprit et son cœur.
Néor>r;ité (li^ connaître Oit'ii.
(pgE qui manque le [»lus aux hommes, c'est la couifi^ naissance de Dieu. Ils savent, quand ils ont beaucoup lu , une certaine suite de miracles et de mar(|ues de Providence par les faits de l'histoire ; ils ont fait des reflexions sérieuses sur la corruption oi sur la fragilité du monde; ils se sont même convaincus de certaines maximes utiles pour la réforniation de leurs mœurs, par rajiport au salut : mais tout cet édifice manque de fondement; ce corps de l»iété et de christianisme est sans àme. Ce qui doit
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animer le véritable fidèle, c'est l'idée de Dieu , qui est tout, qui fait tout et à qui tout est dû. Il est infini en tout, en sagesse, en puissance, en amour; il ne faut donc point s'étonner si tout ce qui vient de lui est infini, et surpasse la raison humaine. Quand il jtrépare et arrange quelque chose , ses conseils et ses voies sont, comme dit l'Ecriture, autant au-dessus de nos conseils et de nos voies, que le ciel est audessus de la terre. Sa puissance se trouve toute entière dans sa volonté : iî n'a qu'à vouloir et les choses sont d'abord faites. Si l'Ecriture le représente parlant dans la création, ce n'est pas quil ail eu besoin d'une parole qui soit sortie de lui pour faire entendre sa volonté à toute la nature qu'il voulait produire. Cette parole, que l'Ecriture nous représente, est toute simple et intérieure; c'est la pensée qu'il a eue de faire les choses, et la résolution qu'il en a formée au fond de lui-même. Cette pensée a été féconde ; et sans sortir de lui, elle a tiré de lui comme de la source de tous les êtres . tous ceux qui composent l'univers.
La vue de Dieu nous donne souvent , comme par contre-coup, une vue très-utile de nous-mêmes. C'est comme un homme qui en regarde un autre derrière