PAR M. L'ABBÉ PETIT
auteur du Voyage h Hippone.
2 VOL. p.' IN-12. PRIX: 5 FRANCS.
Quel nom que celui d'Augustin!.... Quelle vie!
Quel génie! Doue des plus brillantes facultés de
l'esprit et des dons les plus éminents du cœur, il s'est élevé , à une époque de ténèbres et de calamités , comme un astre étincelant, faisant jaillir sur son siècle le vif éclat de la vérité catholique, et rayonnant, à travers les âges , jusqu'à la plus lointaine postérité.
Eloquent défenseur de la Foi , athlète infatigable de l'orthodoxie, l'Evêque d'IIippone se tient constamment sur la brèche , ne déserte aucune position et
fait face aux fausses doctrines , en quelque lieu et sous quelque dehors qu'elles apparaissent. Pasteur charitable, apôtre d'humilité, ange de douceur, sage conseiller , ami fidèle , citoyen dévoué , il retrace , dans toutes les phases de sa vie apostolique , les vertus , qui font le bonheur et la gloire de l'homme privé, de l'homme public, du chrétien , du pontife.
Sa plume laisse tomber tour-à-tour les plus magnifiques développements des sublimes vérités de la Foi , les argumentations les plus serrées d'une logique invincible , les plus tendres effusions d'amour , les plus vifs gémissements de repentir , les révélations les plus intimes d'une âme qui a entrevu les éternelles splendeurs , les élancements les plus impétueux d'un cœur qui ne veut plus battre que pour l'immortelle beauté du Dieu trois fois saint.
En parcourant les pages que le grand Docteur a léguées au monde , on reste émerveillé devant tant de science, déraison, de chaleur , d'éloquence, de fécondité. C'est comme une source qui ne peut tarir; c'est comme une mine qui ne peut s'épuiser. On s'éprend de tant de grâces et de majesté, de tant de hauteur de conception et de naïveté de sentiments ; on s'échauffe à ce foyer qui ne se refroidit jamais ; on ne sait détacher son regard de ce phare lumineux , que les siècles ne peuvent obscurcir; on suit pas à pas ce guide si aimable et si sûr ; on l'écoute comme un écho des voix du ciel; on s'y affectionne, on
s'y attache , et on obéit à un ravissant attrait en s'identifiant avec lui, soit qu'il s'élève jusqu'aux horizons les plus élevées de l'intelligence , soit qu'il descende jusqu'aux profondeurs les plus secrètes du cœur humain.
C'est cette influence puissante du génie qu'a vivement éprouvée l'auteur de l'ouvrage que nous annonçons. Lisant et relisant les admirables productions de saint Augustin , les feuilletant et les méditant sans cesse, il en a fait son étude, son aliment, je dirai môme, son bien et son domaine; puis, en extrayant le suc et la substance , il les présente , sous une forme nouvelle , à ceux qui ne peuvent comme lui élancher leur soif à la source même. Il encadre , dans son livre , les pensées du saint Evoque , avec une suite et un ensemble, tellement finis et ménagés, que le travail ne s'y laisse pas apercevoir ; il semble une de ces riches œuvres de marqueterie , où un art exquis a enchâssé les pierres les mieux variées et les plus précieuses.
Dans le plan de l'ouvrage, un jeune habitant des Gaules , que la Providence a conduit en Afrique , a eu le bonheur de vivre dans l'intimité d'Augustin , et de trouver près de lui les lumières dont il avait besoin pour se préparer au baptême. De retour à » Marseille , sa patrie , il établit une correspondance avec l'Evoque d'IIippone et les amis qu'il a laissés en Afrique. C'est dans cette double correspondance
que se reproduisent les pensées de saint Augustin , •empruntées à la Cité de Dieu,, aux Confessions „ aux Soliloques, , au Manuel , aux Sermons , aux divers Traités , aux Lettres dogmatiques et familières^ et tout <îela si heureusement lié et fondu , que le livre tout entier semble être échappé de la plume du grand Evêque.
Ainsi , on peut trouver , en cette lecture , un délassement plein de charmes , une instruction profonde et lucide , des détails de mœurs, qui font connaître l'Afrique au 4.^ siècle et l'intérieur du palais épiscopal d'Hippone , dans lequel on se trouve, pour ainsi dire , transporté et vivant avec Augustin, Alype, Aurèle , Lucille , amis et disciples de celui qu'ils regardaient à juste titre comme l'oracle de leur temps.
L'ouvrage de M. l'abbé Petit ne demande qu'à être eonnu pour être apprécié ; il doit trouver place dans toutes les bibliothèques ; il peut être mis avec fruit dans toutes les mains , offert aux hommes mûrs aussi bien qu'aux jeunes gens , aux théologiens comme aux personnes du monde, et il produira certainement dans Vesprit et le cœur de tous ceux qui le liront les impressions les plus agréables et les plus salutaires.
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O MLLE, I>E I.'lMPRlMFRlE DE I.. I.EFORT. 1847.
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