SCENE PREMIÈRE
ALPHONSE, entrant et se parlant à lui-même.
Oui, c'est un parti pris, j'y suis bien décidé; il faut qu'Eugénie s'explique aujourd'hui morne: c'est trop attendre, trop souflrir; on ne m'ôteia pas de l'idée que ma cousine pense encore à moi I Un premier amour, une femme y pense toute la
vie; à moins qu'un second ne vienne l'effacer.., mais le second amour de ma cousine serait sou mari; et, malgré la modestie dont je suis atteint, il est impossible que le second ait fait oublier le premier. Comme ils se sont eiuprcssiis do la sacrifier pendant mon voyage en Angleterre I La forcer d'épouser un bumme qui jouit d'une belle fortune, d'une grande considération; mais
MAGASIN THEATRAL
qui a vingt ans de plus qu'elle 1 Les paren» d'aujourd'hui sont singuliers I ils font (épouser à leurs filles des hommes riches, considérés; ils n'entendent rien au bonheur de leurs enfansl Enfin hier au soir j'ai profilé d'un moment où M. de Courcelles reconduisait le maire de Chantilly, . pour prévenir ma cousine que ce matin je déposerais un billet sous un de ces vases. De l'accueil qu'elle fera à ce billet dépend tout mon avenir! (// regarde.) Personne. (Il tire de sa poche un papier plié f s'avance avec précaution prés de la cheminée, et regarde encore.) Bon !
11 lève le vase à gaiiclie et glisse la lellrc dessous.
M. DE COURCELLES, dans la coulisse.
Soyez tranquille, mon voisin, je le guette depuis que je suis ici, il ne m'échappera pa?.
ALPHONSE
Qu'est-ce qu'il dit donc ?
M, (le Courcelles entre ; il est en costume de cliasseur.
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