EUGÉNIE, GERMAIN
GERMAIN
Madame désire quelque chose ?
EUGÉNIE
Oui, Germain; j'ai oublié de vous demander si M. de Courcelles devait accompagner son notaire jusqu'à son étude.
GERMAIN
Non, madame, en sortant d'ici, le notaire doit apposer les scellés chez ce pauvre M. Duchâtel. EUGÉNIE, à elle-même.
C'est vrai; en voilà pourtant un qui s'est tué I
GERMAIN
Tenez, madame, voulez-vous que je vous dise?
EUGÉNIE
Dites.
GERMAIN
On ne m'ôtcra pas de l'idée qu'il y a quelque chose.
EUGÉNIE
Est-ce que M. de Courcelles vous aurait dit...
GERMAIN
A moi, madame? monsieur ne me fait l'honneur de me parler que pour me commander; mais quelquefois j'entends ce qu'on ne me dit pas.
EUGÉNIE
Et vous avez entendu ?
GERMAIN
C'était l'autre semaine, le jour que M. Alphonse avait fait une si belle chasse et qu'il vous a apporté une demi-douzaine de perdreaux rouges, monsieur était d'une humeur, d'une colère!... il disait: Il faut que cela finisse.
EUGÉNIE
Finisse... mais quoi?
GERMAIN
Mais quoi? je ne le lui ai pas demandé... puis il se promenait les bras croisés en marronnant : A Paris, ils vont faire des gorges chaudes, je serai déshonoré aux yeux de mes collègues.
EUGÉNIE
Déshonoré I
GERMAIN
C'est le mot, ça m'a frappé; aussi, je l'ai retenu.
EUGÉNIE
Déshonoré !
GERMAIN
Mon opinion, c'est qu'il a été vexé par une personne.
EUGÉNIE, vivement.
Vous n'avez jamais entendu prononcer aucun nom?
GERMAIN
Du tout... si ce n'est celui de monsieur voire cousin.
EUGÉNIE
D'Alphonse?
GERMAIN
Ohl monsieur n'en disait pas de mal, bien au contraire... En voilà un qui estheureuxl disait-il.
EUGÉNIE
Heureux!...
GERMAIN
Et puis, un moment après, la colère lui rêve-