SCENE XYIII
EUGÉNIE, ALPHONSE, essoufflé et s' essuyant le visage.
EUGÉNIE
Eh bicn7...
ALPHONSE
Je ne l'ai pas trouvé ; mais il peut se flatter de m'avoir fait faire une fameuse course I
EUGÉNIE
Ah ! tant mieux!
ALPHONSE, dtonnô.
Comment, tant mieux I
EUGÉNIE
Je vous le disais bien tantôt; il faut que vous partiez tout de suite.
ALPHONSE
Mais encore...
Il n'y a plus à hésiter!... J'étais bien sûre que ce calme n'était qu'apparent, et qu'il cachait un ressentiment profond... Mon ami, laissez-moi seule affronter sa colère; ne vous exposez point... Germain vient de me l'avouer.
ALPHONSE
Vous l'avez revu pendant mon absence?
EUGÉNIE
Il médite des desseins affreux!... Il veut se venger de vous.
ALPHONSE
De moi !
EUGÉNIE
Votre refus d'épouser M"e Lefèvre lui aura fait soupçonner la vérité... et ces mois dont il nous a poursuivis à déjeuner... cette épreuve en nous débitant son discours... ces femmes coupables qui s'éteignent dans les remords... ces maris trahis qui se tuent de désespoir!...
On entend un coup de fusil.
Ah!
Diable I
EUGÉNIE, tombant sur un fauteuil.
ALPHONSE, à part.
Je n'en puis plus!
ALPHONSE
Si c'était vrai!
EUGÉNIE
Oh! mon Dieu! mon Dieu!.., non... vous ne l'avez pas permis.
ALPHONSE
Ah! je nie reprocherais toute ma vie!... Maudit mariage !... Qu'il vive, et je le signerai de mon sang !
EUGÉNIE , se levant.
Ah! courons... courons!... Peut-être en est-il temps encore... Venez, venez, Alphonse!...
Elle le prend par la main, ils se disposent à sortir, M. de Courcclles paraît son fusil 'a la main. Les deux jeunes gens restent pe'lrifii-s.
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