CONCLUSIONS
Le problème de la construction des sanatoria en France étant destiné à demeurer encore de longues années un problème insoluble, les médecins français furent conduits à étudier les moyens propres à préserver les individus sains du danger de la vie en commun avec les milliers de tuberculeux que l'absence de sanatoria ne permet pas d'isoler.
On a reconnu que, pour faire une prophylaxie efficace du fléau tuberculeux, il fallait:
1° Enseigner à la foule les règles de l'hygiène antituberculeuse ;
29 Trouver un moyen économique de combattre les manifestations les plus redoutables de la tuberculose par un traitement d'urgence;
3° Assister pour le mieux les tuberculeux indigents.
Après de nombreux tàtonnements vers ce triple but, on à conçu et réalisé une organisation qui répond assez bien, étant donné les difficultés de l'heure présente et d'une œuvre nouvelle, au programme à remplir.
Le dispensaire anlituberculeux a donc pour but, non la cure de la tuberculose, mais la diffusion des principes
REP TNER
prophylatiques dans le peuple, en donnant gratuitement des leçons de chose relatives à l'hygiène antituberculeuse en faisant comme corollaire le traitement d'urgence, des tuberculeux, et accessoirementen donnant l'assistance aux indigents.
L'utilité et l'efficacité du dispensaire sont en raison directe :
1° Du nombre des visiteurs ;
2° De la multiplicité de ces établissements ;
3° Des fonds dont ils disposent ;
4° De la simplicité de leur administration ;
5° De la prudence qu'ils mettront à demeurer au niveau de l'initiative privée.
n'existe pas pour la France d'œuvre plus méritoire, plus digne de la sollicitude du gouvernement et des phi- Janthropes que l'œuvre des dispensaires antitubereuleux. Il n'en est pas dont la portée sociale, surtout au point de vue économique soit plus considérable.
Mais la société, qui emploie des milliards pour se détruire elle-même, pour mettre à la merci de quelque fou furieux, qui saura manier ses engins de guerre, le travail et le progrès de plusieurs générations, fait la sourde oreille ou ricane bêtement quand on veut la protéger, l'accroitre ou l'ennoblir. Elle cultive les paradoxes,les préjugés, les mensonges des vieux âges sous le prétexte qu'ils sont les bouillons de culture de la civilisation et du progrès. En vérité cette civilisation est de mœurs bien étranges ! Il n'est pas un citoyen qui, annuellement, ne voie disparaître dans son entourage un parent où un ami,
victime de la tuberculose. IL sait que, pour si forte que
soit sa santé, il peut à son tour être emporté, comme subitement; eh ! bien, malgré cette certitude et ces exemples, malgré qu'il sache que chacune de ces respirations charge son haleine de bacilles, il passe sourd à lavoix qui lui demande l'obole du salut.
Il appartient, nous ne disons pas seulement aux grands esprits, aux maîtres intellectuels, mais tout bonnement aux gens sensés, à ceux qui ont des yeux et des oreilles pour voir et pour entendre, de réagir contre cette incurie, voisine de la démence,à l'égard du fléau tuberculeux.