‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 103 sur 314 · NI · texte numérisé non relu

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« Le 9 thermidôr n’a été ni une révolution, ni un coup d'Etat, mais un déplacement de majorité parlementaire ! ». Une scission s'étant produite dans le personnel du gouvernement, certains Montagnards détournèrent à leur profit les voix du Centre et brisèrent sans peine une tentative d’insurrection communaliste. Leur victoire est celle de la légalité. Le sentiment commun était que la loi du 22 prairial en supprimant toute garantie parlementaire, asservissait l’Assemblée au gouvernement, et l’un des premiers soins des députés, fut d'enlever aux Comités le droit qu'ils tenaient de cette loi de les mettre en accusation sans en référer à la Convention (31 juillet), puis de rapporter la loi elle-même 1° août). IL en résultait que le tribunal révolutionnaire devait être réorganisé et qu’il fallait relaxer les prisonniers incarcérés pour motifs autres que ceux qu'énumérait la loi du 17 septembre 1793. Ceci se passait le 5 août.

La guillotine perdit son aveugle activité. Les prisons s’entrouvrirent et devinrent moins sévères à l’égard de ceux qu'elles retenaient encore ». Dès le 9 juin il avait été d’ailleurs décrété de mettre en liberté les agriculteurs et artisans suspects des villages pour les rendre aux travaux des champs. La Terreur finissait ». Le décret du 31 mai 1795, mit fin aux juridictions révolutionnaires; celui du 12 juin interdit jusqu’à l’emploi officiel du mot révolutionnaire.

La contre-révolution venue de Paris suivit en province la même marche qu’à Paris, mais cette marche fut moins accidentée. Nulle part la chute de Robespierre ne provoqua la moindre protestation. En dehors de la Chouannerie de lan III qui

1. Ernest Lavisse : Hist. de France contemporaine depuis la Révolution jusqu à la paix de 1919, t. 2, p 244.

mérite une étude spéciale il n’y eut pas de réaction violente dans le district de Saint-Lo, mais il s'y produisit cependant une réaction. Les autorités constituées n'avaient jamais été violentes. Ayant appliqué les lois révolutionnaires avec sagesse, elles prirent de sages précautions pour canaliser le mouvement en sens opposé.

Le 13 thermidor an IT, l’agent national de Saint-Lo requérait le Conseil de la commune de continuer sa permanence « pour être toujours prêt la nuit comme le jour, à arrêter les entreprises de ceux qui voudraient nuire à l’ordre public ». La permanence qui d’ailleurs n'avait pas été interrompue, fut soigneusement observée dans les circonstances présentes !. Le 17 fructidor, à la foire Saint-Gilles on s’assura le concours d’un détachement de la garde nationale pour maintenir l’ordre à Saint-Lo ?. Respectueuse des célébrations officielles, la municipalité Saint-Loise remit au lundi suivant la foire St-Mathieu qui tombait le 5° jour des sans culottides 3. Les autorités gardaient du civisme. Les membres du Conseil de la commune de Cerisy-la-Forêt furent même traités de « Robespierre » par un marchand mercier domicilié à Rouen auquel ils avaient refusé un certificat de civisme. Les motifs exposés par le Conseil sont judicieux et il est intéressant de les noter. Ce citoyen avait violé la loi du maximum. Il avait cherché, lors de la levée des Volontaires de Cerisy à obtenir un faux certificat pour ne pas servir. Il avait été des derniers à marcher contre les rebelles de la Vendée. Sous-lieutenant de la garde nationale il ne paraissait ni dans les fêtes publiques, ni dans les fêtes décadaires #.

Enfin des ouvriers réquisitionnés afin de travailler au pont de

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