‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 156 sur 314 · Arch. municipales Saint-Lo, reg. eit. f · texte numérisé non relu

Arch. municipales Saint-Lo, reg. eit. f

5. Arch. municipales Tessy, reg. municipal bourg et paroisse Tessy (1790 an II, fo 326).

6, Arch. municipales Agneaux, reg. municipal Agneaux, fo 36. 7. Arch. Manche, |, 54 reg. Direct. district, fo 273.

Ailleurs on n’en continuait pas moins à prendre des mesures de répression contre les prêtres qui refusaient de lire les lettres pastorales de leur évêque Bécherel. A Fervaches, en particulier, il se produisit à ce sujet des incidents multipiesse

Le 28 mars 1793, la Convention faisait à tout Français une obligation de dénoncer, arrêter ou faire arrêter les prêtres dans le cas de déportation. Ils seraient jugés par des jurys militaires et punis de mort dans les vingt-quatre heures ?. Le 13 avril un second décret ordonnait l’embarquementet le transfert sans délai à la Guyane française des ecclésiastiques non fonctionnaires qui n'auraient pas prêté le serment de « Liberté- Egalité ». Ceux qui l’auraient prêté seraient épargnés à moins d'être dénoncés pour incivisme par six citoyens du canton ?.

De la menace il fut passé aux actes et certaines municipalités se signalèrent par leur zèle. À 9 heures du soir, le 2 avril, tambour en tête et sabre au clair, un détachement de la garde nationale de Marigny amenait un prêtre réfractaire à l’'Hôtel-de-ville à Saint-Lo.

Le 28 mai le Directoire du district décidait l’envoi au Mont Saint-Michel du prêtre Le Bedel, âgé de plus de 60 ans, qui n'avait pas prêté le serment nouveau exigé par la loi 4 Au 8 juin, le ci-devant vicaire du Dézert était déporté pour le même motif ?.

Le 17 septembre, un chanoine et un prêtre en résidence à Beslon furent interrogés par le Directoire du district. Il décida

de les faire conduire par les gendarmes au Département. Son

Î. Arch. municipales Fervaches, reg. délib. Conseil général Fervaches, JS ' Cahen et Guyot : L'œuvre législative de la Révol. p. 347. . P. de la Gorce : opus cit. t. II, pp. 324, 325. - Arch. Manche, L II 1017, reg. Direct. District fo 119, “Ibid 0M27

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avis était de les condamner à la détention pour propagande de fanatisme !. Le 29 septembre, dans la même commune, le président de la société populaire avait porté à la connaissance du Directoire du département des faits délictueux. Le Directoire du district saisi à son tour prescrivit une enquête. le 5 octobre, l'officier de police du canton de Percy recevait l’ordre de se rendre à Beslon. Il s'agissait d’un colporteur de Beslon qui vendait, disait-on, des «images et médailles bénites par les saints prêtres et de prétendues bulles du pape ». L'homme devait être arrêté et amené devant le District ?.

Une règlementation draconienne s’étendait à tout. Le Conseil de la commune de Cerisy-la-Forêt alla jusqu’à fixer lui-même l'horaire des messes, la durée des sonneries des cloches, les détails des inhumations, etc... 3.

Chose plus grave, plusieurs paroisses furent réunies à d’autres. Le curé de la paroisse supprimée était nommé vicaire dans la paroisse à laquelle elle était annexée #. Par exemple Notre-Dame-d’'Elle fut réunie à Saint-Jean-des-Baisants quant au spirituel. On demanda cependant l'avis de l’évêque du département ?.

Par son décret du 19 juillet 1793, l’Assemblée avait soumis à la destitution et à la déportation les évêques qui s’opposeraient au mariage de leurs subordonnés. Le 12 août par un autre décret complémentaire elle avait interdit de relever de leurs fonctions les prêtres qui se marieraient 6.

La loi du 30 vendémiaire an II rangea les assermentés

parmi les suspects. « S'il se trouvait dans leur canton six

Arch. Manche, L. 2 1018, reg. Direct. District. fos 97, 98, 99, 100. Arch. Manche, L. 2 1019, reg. Direct. District. fo 11: . Arch. municip. Cerisy‘la-Forêt, 2€ reg. Cons. Génér. Cerisy-la-Forêt,

fo 38.

Arch. Manche, L II 1058, reg. Correspondance avec Municipalités. Arch. Manche, L 54 reg. Direct. Départ. fo 179.

Cahen et Guyot‘ opus. cit. pp. 347, 348.

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citoyens pour les accuser d’incivisme, ils pourraient comme de simples réfractaires être transportés dans les colonies f ». La loi du 18 frimaire défendit il est vrai toute violence ou menace contraire à la liberté des cultes, mais les lois répressives soit contre les prêtres réfractaires ou turbulents, soit contre ceux qui sous prétexte de religion fomentaient des troubles, n’en étaient pas moins maintenues ?. Le décret du 2 frimaire favorisa par une prime l’abdication. Il accordait aux abdicataires un secours de 800 à 1.200 livres ?.

La déchristianisation ne faisait que commencer. Elle allait s'aggraver chaque jour au souflle de la Terreur avec les mesures des représentants du peuple en mission.

En frimaire on assista à la déprêtrisation et à la proscriptien progressives du culte dans le district de Saint-Lo:

Le 5 le curé de la Chapelle-du-Fest remettait au Directoire ses lettres de prêtrise et annonçait son intention de se marier.

Les objets sacrés étaient enlevés en masse des églises et expédiés à la Monnaie. Le 2 nivôse, le Conseil de la commune d'Agneaux autorisa son procureur à faire démonter la chaire, deux petits autels, deux Christ et les confessionnaux. La châsse de Saint-Lo et les vases sacrés de l’église Notre-Dame, en vertu d’un arrêté du Conseil de la commune de Saint-Lo devraient prendre le chemin de la Monnaie à lexception de deux calices et d’un ciboire d'argent. Les calvaires de la ville seraient supprimés, et leurs débris serviraient à étayer les poutres des salles du collège 6.

Le 9, le Conseil de la commune de Saint-Lo complétait son

P. de la Gorce : opus. cit. t. ILT, p, 270.

. Cahen et Guyot : opus. cit. p. 349.

. Ibid. p. 348.

Arch. Manche, L IT 1019, reg. Direct District, fo 44,

Arch. Municip. d'Agneaux, reg. municip. d'Agneaux, f0 33.

6. Arch. municip. Saint-Lo, reg. délib. Cons. génér. Saint-Lo, D 31, fo 33,

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