‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 184 sur 314 · IGN XX D · texte numérisé non relu

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les réquisitions, le blé se cachait dans la campagne. Si les municipalités des villes et l’administration du district remplissaient leur devoir, il n’en était pas de même des municipalités rurales. Pour une qui obéissait à la loi comme celle de Saint- Samson-de-Bonfossé l, combien d’autres restaient sourdes à tous les ordres ou n’y obéissaient qu’à la dernière extrémité ! Formées de cultivateurs, elles soutenaient volontiers les intérêts des cultivateurs contre l'intérêt général.

En face de la mauvaise volonté, le District dut agir. A la réquisition de grains pour le marché de Saint-Lo, le maire de Quibou avait répondu qu'il n’y en avait pas. C'était faux. Le District maintint sa réquisition : la commune fournirait froment, orge et sarrasin. Si elle s’y refusait, les dragons de la Manche et la garde nationale de Saint-Lo séjourneraient à Quibou aux frais du Conseil général ou des cultivateurs récalcitrants *?.

Les commerçants des villes ne se montraient d’ailleurs pas plus consciencieux que les gens des campagnes. Deux dragons déposèrent une plainte contre le citoyen Lesaulnier, boulanger à Saint-Lo, qui leur avait vendu des pains pesant 3 livres et demie au lieu de quatre livres. Il y avait eu discussion dans la boulangerie entre lui et les dragons. Il fut condamné à la confiscation de ces pains et à 15 livres d'amende 5. Un autre boulanger, nommé Bouchard, avait reçu un baril de farine avec recommandation expresse d’en fabriquer du pain pour les malades, infirmes, vieillards et enfants. IL l’avait employé à l'usage du public. Il fut condamné à 10 livres d'amende et à la

1. Le 3 juillet 1793, le citoyen Divrande à la suite d’un mesurage du grain qu'il possède ayant été convaincu de fausse déclaration, confiscation de la différeuce entre les grains déclarés etles grains existants est faite au profit des pauvres de la commune : Arch. Saint-Samson-de-Bonfossé, Reg. de la municipalité fo 44.

2. Arch. Manche L IT 1006 Reg. cité, fos 22, 26. 3. Arch. Municipales Saint-Lo, Rey. police municipale de Saint-Lo f° 141.

fermeture de sa boulangerie pendant 8 jours. Le jugement serait imprimé, publié et affiché !.

Le 26 juillet 1793, fut promulgué un nouveau décret contre les accapareurs : lPaecaparement devenait crime capital. Les administrations coupables seraient punies d'amende ?.

Dans le district de’Saint-Lo, on n’alla pas jusqu'à la peine de mort, mais de nouvelles mesures furent prises contre les accapareurs.

À Saint-Lo, les coquetiers achetaient avant l'ouverture du marché le beurre, la volaille, les poissons et autres. comestibles. Le Conseil de la commune arrêta que les coquetiers et « regratiers » ne pourraient acheter avant neuf heures du matin de Pâques à la Saint-Michel et avant dix heures de la Saint- Michel à Pâques sous peine d’une amende de cinquante livres. Les habitants ainsi ne seraient pas privés de la faculté d'acheter ?.

Deux marchands furent envoyés à la maison d’arrêt de Saint-Lo pour avoir vendu des marchandises de 6 à 9 livres quand elles étaient payées en numéraire et de ‘15 à 18 livres quand elles étaient payées en assignats #.

La police municipale du chef-lieu condamna un cultivateur de Saint-Lo à 100 livres d'amende pour avoir désobéi à une réquisition *. Les. officiers municipaux de Canisy, prévenus d’avoir, au mépris de la réquisition adressée à leur municipalité au mois d'août, empêché le libre transport des blés destinés au ravitaillement de Saint-Lo, furent appelés à comparaître devant le Directoire du district 6.

Le 20 août, un arrêté de l’Aministration du département

Arch. municipales Saint-Lo, Reg. municip. Saint-Lo, fo 144.7

Cahen et Guillot : L'œuvre législative de la Révolution, pp. 574, 575. Arch. mnnicipales Saint-Lo, Reg. police. municip. n° 32, fo 146. Ibid., fo 151.

A TDid PROS

. Arch. Manche L II 1018, reg. direct. district, 0 68,

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