‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 187 sur 314 · Arch. Manche L II 1018, Reg. cit. fo 79 Ibid. fo · texte numérisé non relu

Arch. Manche L II 1018, Reg. cit. fo 79 Ibid. fo

Ibid. fo 92 Arch. Manche L 50, Reg. cit, fo 58,

Se]

OR Se

malveillants qui par l'offre d'un prix supérieur à la taxe, cherchent à enlever au peuple sa subsistance, dans le dessin d’exciter des mouvements de révolte, fomenter la guerre civile, armer les citoyens contre les citoyens. Ces manœuvres ne peuvent être déjouées que par des exemples frappants et en apprenant aux municipalités toute la responsabilité qui pèse sur leur tête. Elles ont reçu le décret de la Convention nationale du 17 août dernier, l’arrêté du Conseil général du département de la Manche du 20. Elles ont reçu des modèles imprimés pour le recensement général de tous les grains de la dernière récolte. Elles ont recu la proclamation des représentants du peuple du 23 août, et rien n’est encore exécuté. Ilest des communes où, loin d’avoir pris les mesures commandées, rien n'a encore été publié, soit malveillance, soit négligence. Les municipalités qui n’ont pas rempli exactement ces mesures, seront regardées complices des contre-révolutionnaires, et seront traitées de la même manière. La vente des subsistances au-dessus de la taxe quise fait même dans certains marchés, le défaut de préparation des grains lorsqu'on les expose en vente, le mélange que les cultivateurs font par affectation de grains de différente espèce, lors même qu'ils n’ont récolté aucun blé méleil ou mouture, ne sont-ils pas les effets de la malveillance et de l’égoïsme de certains cultivateurs pour entraver l’exécution de la loi relative à la taxe? D’autres poussent la malveillance jusqu’à faire manger le froment à leurs bestiaux? Les transports nocturnes de grains, qui se font sur la rivière de Vire, ne peuvent être déterminés que par des motifs criminels. Le défaut de surveillance des municipalités, plus encore la tolérance qu’elles montrent sur les contraventions que commettent quelques officiers municipaux eux-mêmes, l'opposition qu'ils forment à ce que les cultivateurs de leurs communes

approvisionnent les marchés, tous ces abus, tous ces crimes,

ne peuvent rester impunis plus longtemps, et c’est en déployant toute la sévérité de la loi, c’est en traitant comme contre-révolutionnäires les coupables de pareils crimes que l’on parviendra à les arrêter. C’est à vous, bons citoyens, de redoubler de surveillance. Il s’agit de votre subsistance dont on veut vous priver dans une année d’abondance. Dénoncez à vos administrateurs tous les abus dont vous pourrez leur procurer la preuve. Mais gardez-vous bien de vous porter à aucun excès contre les cultivateurs. Qu'ils jouissent dans les marchés de la plus grande liberté, de la plus grande facilité. Ne leur donnez pas prétexte de dire qu'ils appréhendent pour leur sûreté. Vos administrateurs maintiendront l'exécution des lois, soit pour protéger le bon citoyen, soit pour faire punir le coupable. Pour vous, cultivateurs honnêtes, qui aimez votre patrie, qui chérissez vos frères, soyez toujours en garde contre les insinuations qui vous entourent. Que Pappât du gain n'étoufle jamais chez vous ce sentiment d'union et de fraternité qui vous anime, ni l'amour d’une constitution républicaine qui vous comble de si grands bienfaits. Restez toujours fidèles à vos principes ; Secondez même vos administrateurs pour déjouer les manœuvres des malveillants ; dénoncez-leur les contraventions de tout genre qui se commettent dans vos campagnes ; votre salut en dépend. Que les officiers municipaux attachés à leurs devoirs, qui les remplissent avez zèle et activité, veillent sans cesse pour arrêter les contraventions aux lois relatives aux subsistances; qu'ils leur donnent la plus grande et la plus prompte exécution. » !

À la suite de sa proclamation, le Directoire prit un arrêté prescrivant l'exécution du recensement, l’ensemencement et l’'obéissance aux réquisitions ?.

1. Arch. Manche, L IT, 1088, Reg. cité, fo 87, 2. Cf. appendice.

Cette proclamation n'eut pas l'effet désiré, pas plus que l'envoi aux municipalités de l'arrêté du 11 septembre pris par la Commission administrative du département au sujet des subsistances, pas plus que la réimpression par ordre du Département de la loi du 11 septembre tirée à 2.000 exemplaires !.

La municipalité de Saint-Lo ne savait où donner de la tête comme l'administration du district. Les autorités faisaient vivre leurs concitoyens au jour le jour ; mais il ne s'agissait pas seulement de nourrir les civils. Un matin, le directeur des étapes à Caen annonçait pour le soir même l’arrivée à Saint-Lo de 400 hommes, pour le lendemain l'arrivée de 1100. Le Directoire avait ordonné aux préposés des subsistances militaires de fournir la farine nécessaire, car il leur était impossible d’en procurer. L’étapier de Saint-Lo finit par se plaindre du District et de la municipalité au sujet des grains nécessaires aux étapes. Le procureur général intervenait. Les réquisitions prescrites par arrêté du représentant du peuple et par deux arrêtés du Département touchant l’approvisionnement des marchés du magasin militaire, devraient être opérées ?.

Prises entre les conseils stimulants du Département et Popposition tacite des municipalités rurales et des particuliers, les autorités usèrent de nouvelies mesures. Persuadés de l'avidité des paysans, les gens de la ville témoignaient à ceux qui apportaient du grain leur hostilité. Ils ne se privaient pas de leur occasionner quelques désagréments. Le public saisissait « avec avidité les sacs, les conduisait à la halle et ne laissait pas même au propriétaire des blés la liberté de les poser avec précaution aux lieux qui leur sont destinés ». Cette attitude éloignait

Page 1