Arch. Manche L. il 1008, Reg. cité fo
3. Arch. municipales, Tessy-sur-Vire. Reg. municipal du bourg et paroisse de Tessy (1790 an II).
; re Arch. Manche, L II 1065, Reg. correspond. du bureau d'administration,
livraisons qui leur étaient demandées pour le service des armées. Lés sociétés populaires seraient invitées à surveiller l’exécution de cet arrêté. Il serait adressé au représentant du peuple Bouret nour obtenir l'autorisation d'exécution !.
À Saint-Lo, les perquisitions continuaient chez le citoyen Guérin qui après avoir entassé du beurre, de la rabette, de la morue dans ses caves accaparait du merlu dont il avait 33.100 livres. Le Conseil de la commune, le 17 ventôse, lui permit d'en vendre 175 livres dans sa boutique, et en requit 200 livres qui seraient distribuées au public, avec des bons, au prix du maximum. Le 20, Guérin fut contraint d’en délivrer chaque semaine 500 livres en vertu de bons, à raison de 2 livres par personne ?.
La viande était de plus en plus rare. Le District invitait les citoyens à s’en priver de manière à faciliter la fourniture: qu’exigeaient les armées. On ferait entrer le poisson pour une grande part dans l'alimentation. Le Conseil du district se décida en conséquence à faire pêcher les étangs des émigrés. Cette pêche aurait lieu en présence de commissaires. On observerait à la vente « que les vrais sans culotte » fussent les premiers à y participer. Il n’en serait délivré à personne au delà de la consommation. On en réserverait une certaine quantité à la commune du Rocher de la Liberté (Saint-Lo). Le poisson serait ainsi taxé :
Brochet, la livre, 10 sols; truite, la livre, 8 sols; tanche, la livre, 8 sols ; anguille, la livre, 8 sols; carpe, la livre, 6 sols.
Comme la disette était générale, le district de Saint-Lo ne pouvait se contenter de pourvoir à son propre ravitaillement et il lui fallait venir en aide à d’autres districts déshérités. Un arrêté de la Commission des subsistances de la République
1. Arch, Manche, L II 1008, Reg. conseil district, fos 92, 93. 2. Arch. municipales, Saint-Lo, D 31, Reg, cité, f° 96.
lui ordonnait de fournir à celui d'Alençon 18.000 quintaux de grains dans l’espace d’un mois, à raison d’un tiers par décade. Le 22 ventôse, le Conseil du district pria cette Commission de le décharger, car lui-même était épuisé et demandait du secours. Cependant au milieu de sa détresse, désirant prouver sa bonne volonté « aux frères d'Alençon », il allait leur requérir 100 quintaux de sarrasin et 200 d'avoine qui seraient portés le 22 ventôse au Rocher de la Liberté où le district d'Alençon pourrait les faire prendre en payant comptant au taux fixé par la Joi !. Le Conseil estimait que, tout calcul fait, le district de Saint-Lo avait du pain pour 40 jours au plus s’il était possible de réduire ses habitants à une seule livre par jour ?.
Le 9 germinal, le citoyen Fromentin chargé de mission par le district d'Alençon près du district de Saint-Lo fit son entrée au Conseil. Lecture fut donnée de l'arrêté du district d'Alençon du 7 germinal, qui le déléguait, et d'une lettre écrite aux administrateurs du district d'Alençon par la Commission des subsistances le 28 ventôse. Puis Fromentin pr'ononça un discours où il décrivait la misère de sa malheureuse circonscription. Le président assura le district d'Alençon de sa compassion, mais il constatait que celui du Rocher de la Liberté était à la veille de subir le même sort. Après quoi, les membres du bureau des subsistances présentèrent le double d’un état adressé à la Commission le 1‘ ventôse. En supposant qu'une population de 75.000 individus eût pu vivre avec 75.000 livres de pain par jour, c’est-à-dire avec une livre de pain par jour et par personne, il aurait dù rester au district du Rocher la quantité de 138.628 quintaux de grain signalée par la Commission des subsistances. Mais, un nouveau tableau formé sur la consommation de une livre et demie de pain par jour et par
1. Arch. Manche L II 1008. Reg. cit. fos 114, 115, 116. 2. Ibid. fo 416.
habitant, depuis la dernière récolte jusqu’au 1 germinal, démontrait qu'il ne pouvait rester alors. plus de 30.070 quintaux de tous grains. Le district ne pouvait pas même compter sur la totalité des 30.070 quintaux pour plusieurs raisons : Le rédacteur de l’état n'avait point déduit de la masse générale des récoltes qu'il contient les différentes quantités de grains versés sur ordre de la commission des subsistances par certaines communes à l’usage des districts de Vire et d’Avranches. Par suite de ses travaux pénibles le paysan consommait plus de deux livres de pain.
Le passage et le séjour très fréquent des troupes dans le district devenu frontière avait souvent doublé les consommations indépendamment de la solde en nature. Les deux levées en masse de 30.000 citoyens qui avaient sauvé le pays des Rebelles avaient encore occasionné une déprédation incalculable de subsistances. Enfin la pénurie des grains se faisait tellement sentir maintenant que les réclamations des communes arrivaient de toutes parts. Plusieurs d’entre elles avaient même dénoncé l'administration du district aux représentants du peuple pour défaut d’approvisionnement.
Devant ces arguments, dit le procès-verbal, les délégués d'Alençon ont paru convaincus Le Conseil du district arrêta qu'il leur serait délivré 580 quintaux de tous grains !. Le 13 germinal, un commissaire du Conseil de la commune de Séez vint prier de hâter l'envoi du contingent assigné à Séez dans les grains requis pour le district d'Alençon. À quoi le Conseil du district de Saint-Lo répondit : « que même l’extraction de 580 quintaux expédiés à Alençon cause un déficit alarmant au marché du Rocher de la Liberté et à celui de Torigni, l’un des
plus importants du district ». Le 19 germinal après avoir été
1. Arch. Manche L II 1909 Reg. Conseil district, fos 4, 5, 6.
rappelé à l’ordre par le pouvoir central, le Conseil du district déclara que « par respect pour la loi » les 18.000 quintaux seraient fournis au fur et à mesure au district d'Alençon. Cet arrêté serait adressé à la Commission des subsistances pour accélérer ses secours au Rocher de la Liberté !.
Prise entre la Commission des subsistances, le représentant du peuple et ses municipalités, l'Administration du district n'avait certes pas une situation aisée, d'autant qu'une défaillance suffisait à rendre suspect en ce temps de terrorisme. Elle stimula avec ardeur les municipalités dont, disait-elle le 25 floréal, la lenteur la surprenait?. Le 2 prairial, les communes étaient encore en retard et pour venir à bout de leur inertie le Conseil décida de leur envoyer à chacune deux gardes nationaux, qui y resteraient auprès des maires, officiers municipaux et agents nationaux jusqu'au complètement de la réquisition ?. En vérité, l'application de la loi de frimaire n’avait point augmenté le civisme des autorités rurales. Déjà l'arrêté du 14 ventôse des deux représentants du peuple dont Bouret, portaient réquisition de 1.500 quintaux de paille et 800 de foin à fournir par le district au magasin militaire #.
Le 18 ventôse, le représentant du peuple Jean Bon Saint- André s’enquit de l'exécution des instructions du ministre de la Marine en date du 19 nivôse, sur le recensement et la Ilivraison des chanvres. Le district en avait fort peu. Cependant le Conseil du district décida que tout ce que l’on pourrait en rassembler serait envoyé à Brest ?.
Le 29 ventôse le Conseil du district avait pris de nouvelles mesures pour la culture des pommes de terre. Son arrêté
Arch. Manche L II 1009. Reg. Conseil district, fo 23. Arch. Manche L II 1008. Reg. cit. f° 69.
lbid. L II 1009. Reg. cit. fo 77.
Ibid. L II 1008. Reg. cit. fo 77.
Ibidem. fo 24,