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grand prix à la solution du problème de l'instruction publiqué et chargea un Comité distinct de la chercher et de la formuler. Mais 1l faut attendre au 29 frimaire an II pour rencontrer un texte qui compte au point de vue pratique et qui ait reçu au moins un commencement d'application Toutes les lois votées le furent par des majorités de coalition sans durée, en raison parfois de circonstances fortuites, d'accès d'enthousiasme, et furent d’ailleurs rapportées presque aussitôt que votées ».
Sur la proposition du Comité de Salut public, la Convention rendit le 30 mai 1793 le décret suivant : il y aurait une “école primaire dans tous les lieux ayant de 400 jusqu’à 1.500 habitants. L’instituteur enseignerait aux élèves les connaissances élémentaires nécessaires aux citoyens.
Le 14 février 1793, elle ajournait encore la vente des biens appartenant aux établissements d'instruction publique et autorisait les corps administratifs à assigner aux professeurs uu traitement de 1.000 ou 1.500 livres selon que leur villerésidence atteint ou non 30.000 âmes. En échange le personnel enseignant ne devait plus exiger aucune rétribution scolaire ; l’enseignement secondaire devenait ainsi légalement gratuit.
Un mois plus tard, pressée par les besoins financiers, le 8 mars 1793, l’Assemblée revenant sur sa décision première ordonnait la vente des biens jusque là réservés, « à l'exception de tous les bâtiments servant ou pouvant servir à l’usage des collèges et de tous autres établissements de l'instruction des deux sexes ». Elle spécifiait en ouire que les traitements des professeurs et instituteurs seraient depuis le 1% janvier 1793, à la charge de la nation.
En pleine crise girondine, elle décrétait que les distributions de prix auraient lieu avec leur éclat accoutumé. Et au
moment où la réforme de l’instruction publique semblait près
d'aboutir, elle accordait aux instituteurs et institutrices des petites écoles le paiement de leurs arrérages et fixait leur traitement à 400 où 600 livres, selon l'importance des localités. Le montant de ces sommes devait être fourni par « des sous additionnels au rôle des contributions foncières ». L’Instruction publique devenait une institution d'Etat (4 ventôse an Il) 1.
A partir du 29 frimaire an Il, se succèdent toute une série de lois ayant une valeur historique et pratique. Le décret du 29 frimaire an II proclamait le principe de la liberté de l'Enseignement. Les citoyens et citoyennes qui voudraient user de la liberté d'enseigner seraient seulement tenus de déclarer qu'ils ont l'intention d'ouvrir une école, de désigner l'espèce de science ou art qu’ils se proposent d’enseigner, de produire un certificat de civisme et de bonnes mœurs. Désignés sous le nom d’instituteurs et d’institutrices ils seraient placés sous la surveillance immédiate de la municipalité, des pères et mères, de tous les citoyens.'!Quiconque professerait dans son école des préceptes ou maximes contraires aux lois et à la morale républicaine serait puni selon la gravité du délit. Ces maîtres qui se borneraient à enseigner à lire, à écrire et à appliquer les premiéres règles de l’arithmétique seraient salariés par la République, à raison du nombre des élèves ?.
A la date du 1° ventôse, mention soumise à l’enregistrement fut faite de la loi du 29 frimaire sur les registres de l'Administration du district. C’est tout ce que l'on sait au sujet de son exécution dans le district de Saint-Lo. Mais la question des écoles resta une des grosses préoccupations des communes du district.
Le 20 ventôse, la municipalité de Saint-André-de-l’Epine, déclara qu’il ne s’était présenté niinstituteur, ni institutrice. Il
1. Cahen et Guyot : L'œuvre législative de la Révolution, pp. 415, 416, 417. 2. Cahen et Guyot; opus cit. pp. 417, 418.
n’y avait personne dans la commune pour remplir ces fonctions. Qu'était devenu le maitre d'école de La Chapelle-Enjuger ? On l’ignore. On sait seulement qu’en exécution du décret du 29 frimaire et de l'adresse du Directoire du district concernant les écoles primaires qui doivent être organisées, le Conseil de la commune avait ouvert un registre, mais il ne s’était présenté personne. Les pères et mères étaient néanmoins invités à faire inscrire leurs enfants. Le 4 germinal,. un citoyen s’offrit enfin. Il était capable, vertueux et patriote. Après production de son certificat de civisme, et de son serment, il fut agréé ?. Le 30, l'institutrice fut nommée dans les mêmes conditions 3. Le 3 germinal, la municipalité d'Amigny acceptait pour instituteur un citoyen de la commune qui se proposait, conforment au décret, d'apprendre à lire les Droits de l’homme et du citoyen, le recueil des actions héroïques ou vertueuses f. Cerisy affectait à usage d’école deux salles de la municipalité. Ancun citoyen ne devrait enseigner des principes autres que ceux portés dans le Décret ?. Saint-Jean-de-Savigny procédait sans phrases à la nomination de son instituteur Le 10 prairial an 116. Le 22 fructidor an Il, tardivement, la municipalité de Saint-Pierre-de-Semilly nommait « un citoyen capable d’enseigner les vertus républicaines aux jeunes gens » 7 À Saint-Lo des écoles primaires furent ouvertes en frimaire an II. L’instituteur appelé à leur tête non seulement propagea les lumières républicaines mais marcha contre les Rebelles 1. Arch. municipales Saint-André-de-l'Epine, Reg. municipalité Saint- André-de-l'Epine, fo 56.
2. Arch. municipales La Chapelle-Enjuger, Reg. Conseil général, La Chapelle-Enjuger, fo 68.