CROSS
fiant du génie encore animé par le saint amour de la Liberté, n’électrisait victorieusement les âmes républicaines. Rallionsnous donc, chers concitoyens, autour de la Convention, et travaillons, de front et d'accord, à faire triompher ces principes qui sont les fondements immuables de la gloire et de la prospérité nationale. Que les officiers municipaux, les fonctionnaires publics montrent le premier exemple de l’attachement à nos lois, en concourant de tout leur pouvoir à l’organisation de l'instruction ; qu'ils cherchent, qu’ils indiquent les citoyens les meilleurs et les plus dignes, pour élever la jeunesse. Que tous les citoyens s’associent à l’envi, par le tribut de leur zèle, de leurs connaissances et de leurs lumières, à cette salutaire et sublime institution. Que ceux qui se sentent de bonnes qualités, des dispositions heureuses, s'empressent d'envoyer à notre secrétariat une déclaration de lintention où ils sont de se livrer à l’exercice des écoles primaires. Leurs droits à la confiance seront examinés avec discernement et impartialité par le jury d'instruction que l’Administration vient de nommer. Venez, citoyens et citoyennes, à cet appel civique ; apportez pour premier titre une âme forte, un cœur pur et vertueux, unissant la probité, la justice, et qui frémisse de sentiments aux doux noms de l'humanité, de la patrie, un jugement sain qui aperçoive ou découvre aisément la justesse ou la fausseté des vrais ornements, enfin un esprit solide et élevé, qui, bien guéri des préjugés, en préserve l'enfant en dévoilant aux yeux de la raison les rêveries et les crimes du fanatisme, dont les poignards ont depuis tant de siècles ensanglanté la terre au nom d’un Dieu pardonnant et paisible. Au reste, nous n'avons pas besoin de faire ces réflexions, pour exciter le courage et l’émulation des hommes libres ; chacun sentant fortement ces vérités malheureuses, s’oc-
cupera de ramener les hommes par la persuasion, au lieu de
se tete
st nant tips
les égorger après les avoir persécutés sans les convaincre ».
L’Aministration prit ensuite un arrêté. Les citoyens et citoyennes des communes du ressort se destinant à l’instruction enverraient leurs noms et certificats de civisme au secrétariat du district. « Indépendamment des demandes ainsi adressées, les Administrateurs et le jury recevraient avec le plus vif intérêt les indications que l’on voudrait bien leur faire des citoyens méritants et modestes, qui auraient scrupule à se présenter, et ces notes précieuses seraient recueillies aux mêmes fins ».
D’après le calcul de la population des cantons, il devait être créé à raison de 1.000 habitants, 75 instituteurs et 75 institutrices. J/ Administration était persuadée que les instituteurs et institutrices actuels donneraient l'exemple du dévouement en se présentant avec les titres qui leur ont déjà mérité la confiance ! ».
Cet arrêté du 2 nivôse fut notifié à l'Administration du département, à la Commission exécutive de l'instruction publique, au représentant du peuple Legot et aux membres du jury d'instruction ?.
Le District fit disposer pour le Jury un appartement commode où il devait jouir « d’un calme profond et de l’air le plus pur ÿ ».
« Nous avons mis au rang de nos devoirs les plus doux, écrivait le District le 8 nivôse à la Commission exécutive de l'instruction publique, le travail précieux de l’organisation des écoles primaires et nous saisissons tous les moyens pour que le succès réponde à notre attente. Nous fixons maintenant le
placement des établissements en combinant la masse de la
1. W. Marie-Cardine, opus cit. t. I. pp. 488, 489, 490. 2. Ibid. opus cit. t. I. p. 491.