‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 289 sur 314 · Arch. Manche, L II 1006, Reg. cit., fos · texte numérisé non relu

Arch. Manche, L II 1006, Reg. cit., fos

2. Arch, Municip., Cerisy-la-Forêt, 2 Reg. Conseil G! Cerisy-la-Forêt, fo 34,

sommation du procureur syndic du district ou du procureur de la commune par lui délégué, de travailler pour les particuliers t.

Du 5 au 8 août on paya aux cordonniers pour les souliers des levées de troupes du district: 440 livres ; 330 livres ; 550 livres; 253 livres ; 539 livres ; 660 livres; 220 livres ; 275 livres ; 550 livres ; 165 livres ?.

Le 26 août, se présenta au Directoire du district, un capitaine du 1* bataillon de chasseurs à pied de la Manche. Il déposa l'original d’un arrêté du 23 août des représentants du peuple Lindet et, Bouret, députés dans l'Eure et le Calvados et près de l'Armée des côtes de Cherbourg. Il s'agissait de la fourniture à faire par le district «de 555 gibermes, 555 bonnets de police et du complément du nombre d’habits restant encore à fournir à 555 citoyens enrôlés dans le district en exécution du décret de la Convention du 24 février précédent, citoyens dans le dit bataillon ». Le Directoire décida qu'il serait procédé à une adjudication le 3 septembre *. Le 28 août, un marchand tanneur fut convoqué au sujet des souliers pour les soldats. On le requit d’en apporter 400 paires au magasin de PAdministration #.

Le 23 août 1793, la Convention Nationale rendit un grand décret : « Dès ce moment jusqu’à celui où les ennemis auraient été chassés du territoire de la République, tous les Français étaient en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iraient au combat, les hommes mariés forgeraient les armes et transporteraient les subsistances ; les femmes feraient les tentes, des habits et serviraient dans les

1. Arch. Manche, L II 1017, Reg. Directoire district, f° 113.

2. Arch. Manche L II 1083, Reg. enregistrement des mandats concernant les levées de troupes, ,

3. Arch. Manche, L II 1018. Reg. Directoire district, fs 63, 64%.

&. Arch. Manche, L II 1019, Reg. directoire district, f0s 4, 5, 6.

hôpitaux ; les enfants mettraient le vieux linge en charpie ; les vieillards se feraient porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l’unité de la République. Les maisons nationales seraient converties en casernes ; les places publiques en ateliers d'armes; le sol des caves serait lessivé pour en extraire le salpêtre. Les chevaux de selle seraient requis pour compléter les corps de cavalerie, les chevaux de trait autres que ceux employés à l’agriculture conduiraient l'artillerie et les vivres. La levée serait générale ; les citoyens non mariés ou veufs sans enfants, de 18 à 20 ans, marcheraient les premiers. Ils se réuniraient, sans délai, au chef-lieu de leur district où ils s’exerceraient tous les jours au maniement des armes, en attendant l'heure du départ. Nul ne pourrait se faire remplacer dans le service pour lequel il serait requis. Les fonctionnaires publies resteraient à leur poste »!.

L'application du décret ne fut pas sans donner lieu à plus d'un incident. Il y eut des dénonciateurs et des dénoncés. La Société populaire de Saint-Lo, pour montrer sa vigilance déposa une dénonciation contre le citoyen Le Carpentier, agent militaire et contre l'officier de santé du District Le Vénard, pour fautes graves dans leur service. Le premier était accusé de prévarication pour avoir reçu comme remplaçants des jeunes gens non robustes. Le Conseil du district tout en rendant hommage au zèle de la Société populaire se porta garant de l’attachement de Le Carpentier pour le bien public. On se livrerait d’ailleurs à une enquête ?.

En octobre, à la suite de nouvelles dénonciations, Le Car-

pentier fut invité à fournir un mémoire justificatif en réponse à

1. Cahen et Guyot, opus cit. p. 273, 274, 975,. 2, Arch. Manche L II 1006, Reg. Conseil district fos 43, 44,

un autre mémoire produit par ses accusateurs !. Il Le présenta? Le Conseil reconnut son innocence, prit un arrêté en sa faveur et l’autorisa a donner à cet arrêté toute la publicité possible. Son co-accusé Le Venard fut également déclaré innocent ?.

On ne cessait pas de s'occuper de l'équipement. Une marchande de Saint-Lo, la citoyenne Grenier, dans la fourniture des étoffes à l'usage des nouvelles recrues fit preuve d’un grand désintéressement. Le Conseil du district applaudit à son civisme. Il fut décidé que ses actes patriotiques seraient mentionnés honorablement au procès-verbal #.

Le 15 octobre 1793, Guernier représentant du peuple en mission près l’armée des Côtes de Cherbourg avait pris un arrêté au sujet du ravitaillement des différentes sections de cette armée. Tous les directoires de district du département auraient à se concerter avec les administrateurs. Ils se mettraient en quête des existences soit de vivres, soit de fourrages, les feraient connaître. C'était pour eux un devoir d’allier leurs efforts aux siens.

Le Conseil du district de Saint-Lo, tout en applaudissant à l'initiative du représentant, ne put lui prêter le concours attendu. La loi du 11 septembre lui imposait une conduite dont il ne lui était pas permis de s’écarter ?.

Le 13 octobre, le District eut à s'occuper de la levée extraordinaire des chevaux. Chaque canton et chaque arrondissement de juge de paix étaient tenus de fournir six chevaux qui devraient être rendus à destination le 1° novembre. Le

minimum d'âge était de trois ans. Le paiement des animaux

Arch. Manche, L II 1006, Reg. Conseil district, f° 66. Ibid. 10,67.

Ibid. fos 69, 70.

Arch. Manche, L II 1006, Reg. cité fo 54.

Ibid. fos 64, 65. ,

Arab

livrés serait effectué immédiatement par le receveur municipal. A la fourniture du cheval s’ajouterait celle d’un sabre ayant une lame de 30 pouces, de 2 pistolets et d’une paire de bottes. Aux municipalités des communes incombait l'équipement de chaque bête. Elles devraient en outre faire transporter au cheflieu du district la quantité d'avoine nécessaire à la nourriture pendant un an des chevaux requis. Les municipalités des chefslieux de canton étaient particulièrement chargées de toutes les opérations de la levée. Elles pouvaient s'entendre avec les autres municipalités du même canton et à cet effet les appelleraient auprès d'elles !. |

Les hommes ne furent pas plas négligés que les chevaux. Le District acheta des effets d’habillement pour les troupes non seulement aux marchands et gens de sa circonscription, mais même à ceux des circonscriptions voisines. Quant aux hommes enrôlés qui s’équiperaient eux-mêmes, le prix de leur équipement leur serait remboursé *?.

Le Conseil du district prit par un arrêté des mesures pour assurer l’approvisionnement des magasins militaires de Saint-Lo. On était à la veille du rassemblement des citoyens de la 1° réquisition. Les magasins devaient être pleins 3.

Les contingents levés en 1793 avaient été considérables. Ils se composalent : 1° du contingent levé en exécution de la loi du 24 février 1793 ; 2° du contingent levé en exécution de l’arrêté du 29 mai 1793 ; 3° de la 1"° réquisition du 23 août 1793; 4° de la cavalerie levée en vertu du décret du 23 juillet 1793.

Les dépenses de tout ordre s'étaient élevées à 211.035 livres 6 deniers pour les deux premières opérations, à 205.567 livres

1. Arch. municip. Saint-Lo, Reg. délibérations Conseil Gl Saint-Lo, DAMPMSMSS

2. Arch. Manche L IT 1083, Reg. enregistrement des mandats concernant les levées de troupes non folioté, pas de nos d'objets.

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