‹ Le District de Saint-Lo Pendant la Révolution 1787 – An IVChapitre 62 sur 314 · Paul Le Cacheux, opus cit, p · texte numérisé non relu

Paul Le Cacheux, opus cit, p

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verbal serait délivrée à chacun des anciens administrateurs.

Sur la réquisition de l'agent national, il fut procédé à la nomination d’un président qui fut Heudeline. Celui-ci prononça un discours dans lequel il rappela que le département de la Manche avait pu «€ sauver deux fois la République ». « Les pieux scélérats de la Vendée, grossis des débris hideux du Fédéralisme, dit-il, sont venus creuser leur tombeau dans la Manche ». « Le district de Saint-Lo vola au secours de Granville. Il y a eu des innocents d’arrêtés, mais leur innocence sera reconnue. « Mais les amis sincères de la Patrie ne gémiront pas toujours dans la détention. La pénétration des lumières du représentant du peuple verra percer leur justification à travers les nuages dont on avait voilé leurs actions et la juste et impartiale humanité des Corps Constitués responsables fera délivrer les victimes des passions individuelles en même temps qu'ils se tiendront en garde contre le système d'élargir les gens réellement suspects pour les remplacer par des patriotes

révolutionnaires ». « La Constitution est scellée dans l'arche

jusqu’à la paix, parce que dans un temps de révolution, il est

des lois sociales que les ennemis de la Société exécuteraient pour les détruire elles-mêmes, et tel est le tempérament de celles du moment actuel que ce qui serait un crime de lèse liberté dans les jours d’une paix profonde devient le plus saint des devoirs. » À son tour, le citoyen Durier, l’un des membres du Directoire, prit la parole: « Citoyens, dit-il, il est peu flatteur pour moi d'entrer dans une administration aussi distinguée, aussi éclairée que la vôtre, pour déplacer ou déranger des membres que le mérite, l’expérience et les connaissances y avaient appelés et de n’avoir à vous offrir en remplacement que les plus faibles moyens réunis à la meilleure volonté de faire le bien. » Il vanta les « lumières d’un nouveau collègue, d'un membre du premier mérite du Département », le pré-

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sident. Il exprima ses regrets aux membres du Conseil que leurs affaires appelaient dans leurs foyers. !

L'agent national remit sur le bureau cinq arrêtés du représentant du peuple relatifs à la réorganisation de l’administration du district, de la municipalité et du comité de surveiliance de la commune de Saint-Lo, du tribunal du district, du tribunal de Paix de la commune de Saint-Lo et du bureau de Conciliation. Le Conseil décida de déposer ces arrêtés aux Archives. ?

Le 22 nivôse, les bureaux furent ainsi réorganisés :

1°) Bureau de surveillance révolutionnaire chargé de la surveillance prescrite par la loi du 14 frimaire relative au gouvernement provisoire et aux mesures de sûreté générale, avec Heudeline et Le Page.

2°) Bureau militaire, chargé de l’habillement, de l’équipement, de, l'armement et de la remonte des troupes, avec Groualle, Beaufils, Sanson, Loisel, Lecuyer.

3°) Bureau des subsistances et de l’agriculture, chargé en outre de la partie des convois militaires, avec Lescot et Leprêètre.

4) Bureau des contributions qui répartirait les impôts, presserait les recouvrements, avec Bourdon.

5°) Bureau des Travaux publics et bureau des Secours, chargé également du casernement, avec Durier.

6° Bureau des domaines nationaux, chargé d’accélérer la vente ou location des biens nationaux, de la liquidation des créanciers, etc., avec Cauchard.

7° Bureau de comptabilité, chargé de l'expédition des

mandats en distinguant les différentes natures de dépenses.

1. Arch. Manche, L II 1008, Reg. Conseil district, fs 1, 2, 8. 2. Ibidem, f° 5.

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Les comptes seraient présentés à la séance du 9 de chaque décade. Il serait tenu par Martin, chef du bureau des impositions sous la surveillance de l’administration de ce bureau et de l’agent national.

8° Bureau d’envoi des lois qui serait surveillé par lPagent national.

9 Bureau de correspondance, avec le président de chaque mois.

La police de l'administration serait la suivante :

Les séances du Directoire se tiendraient tous les jours de 10 heures du matin à 11 heures celles du Conseil de 11 heures du matin à 1 heure de l’après-midi. La permanence serait observée par chaque administrateur et un commis, alternativement. Il rendrait compte, à chaque séance, des événements de la nuit et indiquerait son successeur. Les bureaux seraient ouverts du 1° vendémiaire au 30 thermidor, de 8 heures du matin à midi et de 2 heures à 8 heures du soir. Le président et l'agent national seraient chargés de la surveillance générale des bureaux et l’administrateur de la surveillance particulière de son bureau.

Le président et l’agent national tiendraient des notes sur l'exactitude et l’inexactitude des bureaux et en rendraient compte à la fin de chaque décade. Celui qui, par absence ou négligence, aurait occasionné quelque retard dans Les expéditions, serait soumis à la responsabilité déterminée par la loi du 14 frimaire !.

Le 26 nivôse, l'Administration écrivait au représentant du peuple Bouret: « Reçois le procès-verbal d'installation de l’administration de ce district que tu viens de réorganiser pour

l'exécution des lois révolutionnaires et crois que nous sommes

1. Arch, Manche, L IT 1008, reg. Conseil district, fos 5, 6, 7.

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de vrais républicains sans culottes; tu le verras par nos actions » !. |

Le 6 pluviôse, le Conseil arrêtait qu'aucun administrateur ne pourrait s’absenter sans en avoir obtenu la permission en séance publique du Conseil. ? Le 25, pour assurer l’exactitude dans les bureaux de l'Administration, il fut prescrit de dénoncer les commis négligents 3.

Des plaintes avaient été portées contre les autorités constituées de quelques communes du district, et l’agent national, sur l’ordre de Bouret, était occupé à se renseigner sur leur bien fondé. Le 18 pluviôse, le Conseil l’invita à se transporter dans ces communes pour se documenter sur place #.

Cependant l’épuration des autorités ne s’opérait pas assez vite au gré des Administrateurs, et le 3 ventôse ils écrivaient à Bouret : « Il est grand temps que les épurations s’opèrent et que les autorités constituées prennent l'essor vers la montagne, car la fange du marais pourrait contagier l'air de la Liberté » Dans plusieurs communes en effet les comités de surveillance étaient réduits à deux ou trois membres. Des municipalités étaient défectueuses parce que composées de frères, de parents, ete. Le District suppliait Bouret de prendre dans sa sagesse un moyen prompt pour assurer une réorganisation au moins provisoire de ces autorités qui, se trouvant paralysées, arrêtent le mouvement révolutionnaire ?. Cela n’empêchait pas d’ailleurs le District d'agir par lui-même. Le 18 ventôse, le Conseil rédigeait une instruction au sujet du décret du 14 frimaire destinée aux municipalités, comités de surveillance et agents nationaux des communes.

Arch. Manche, L IT 1046, reg. corr. avec repr. du peuple, n° 1, fo 1. = — LIT 1008, reg. cit , fo 24.

Ibid., fo 62.

Ibid. reg. Conseil district, fo #2.

Ibid., L II 1046, reg. cit., n° 10, fo 3.

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