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rale prononcça un discours pour encourager les citoyens à accepter les fonctions municipales. « Celui, s’écria-til, qui rencontre l’occasion de servir sa patrie, de lui être utile et qui a la lâcheté de ne pas en profiter doit être regardé comme un ennemi du bien public... Ne mettons pas au nombre des vrais patriotes ceux qui se dérobent. Disons seulement qu'ils sont citoyens parce que la loi ne permet pas de les rayer définitivement de nos tableaux et de les retrancher de nos assemblées. Marquons leur tout le mépris qu’'inspire le patriotisme. Soyons persuadés que ces êtres seront toujours de hideuse mémoire ; fuyons ces personnes ou plutôt ces monstres sous la forme humaine qui désirent ardemment faire couler des fleuves de noire sang ». L'orateur terminait par l'éloge enthousiaste de ceux qui se dévouent pour leur Patrie. Il félicitait le nouveau maire. Le son des cloches manifesta la joie et l’allégresse de l’assemblée t.
Au début de 1792 les troubles menaçants obligèrent l'Assemblée législative à prendre des mesures de sûreté dont la principale fut l’obligation des passeports instituée par le décret du 1° février 1792. Tout voyageur devait se munir d’un passeport ; faute de quoi, il serait conduit aux officiers municipaux, interrogé par eux, et s’il ne pouvait produire un répondant domicilié dans la commune, mis en état d’arrestation jusqu'à l’arrivée de renseignements suffisants ?. Le 21 juin, elle vota un décret relatif aux rassemblements armés 5.
Les premiers mois de l’année 1792 jusqu’à la période de la Patrie en danger, furent des plus troublés. [’animosité contre les « aristocrates » grandissait. Le 30 mars, Cerisy avait été le
théâtre d'une émeute populaire ( au sujet d’une jeune femme
1. Arch. Municipales Saint-Amand, Reg. Cit., fo 88 2. Cahen et Guyot : L'œuvre législative de la Révolution p. 47. 3. Ibid.
et d’une fille soi-disant aristocrates pour les contraindre par force d'assister à la grand’messe et à la messe militaire et les amener ignominieusement lune sur un âne et l’autre attachée à la queue par une corde à la croix de ce bourg pour y prêter le serment civique ». Les gardes nationaux appelés firent cause commune avec les émeutiers. Le dimanche suivant, des violences du même genre se renouvelèrent contre plusieurs citoyens et citoyennes. Le procureur de la commune en requérant l'observation des lois pour la protection des personnes signalait la présence dans la garde nationale de citoyens n'ayant pas l’âge légal !. C’étaient les plus violents ?.
Le 30 avril, les officiers municipaux de Saint-Lo adressaient aux habitants un appel au respect de la loi et à l'union : « Citoyens, nous avons conquis la liberté; nos amis veulent nous l'enlever et nous replonger dans l'esclavage ; voilà la cause de la guerre. Ils sentent leur impuissance au dehors ;\ils n’attendent la victoire que de notre division ; voilà pourquoi ils aveuglent les gens faibles et leur persuadent qu’ils peuvent impunément attenter aux propriétés ou aux personnes de ceux que l’on soupçonne de n'être pas bons patriotes. Voilà la cause des troubles sur lesquels le vrai citoyen gémit ». Voulez-vous donc la conserver votre liberté ? Vous est-elle chère ? Songez, citoyens, qu'elle est inséparable du respect et de l’obéissance aux lois et que tout attentat soit à la personne, soit aux biens même d’un aristocrate est un pas vers l'esclavage. Vous avez juré d’être fidèles à la loi. N’écoutez donc que sa voix, n’agiïssez que par elle ; elle protège les bons et punit les méchants. Nous n'avons d’ennemis à craindre que les soulèvements qu’on suscite au milieu de nous. Pour n’en avoir aucuns, faisons
régner l’harmonie sociale. Foulons tout ce qui pourrait la