Ibidem, p
L'application de ce décret dans le district de Saint-Lo, provoqua comme partout une recrudescence du terrorisme. On ne connut pas à loin près dans ce coin de Basse-Normandie la fureur et les violences de certains points de la France. La tension des esprits s'accentua cependant. Malgré la regrettable pénurie de documents relatifs à cette période, et en particulier aux sociétés populaires, on constate de véritables divisions entre les modérés et les ardents. |
Dès brumaire, des dissentiments s'étaient élevés à Cerisyla-“orêt. Des citoyens avaient pénétré par violence dans la salle du Conseil de la commune. Ils avaient la prétention de faire de ce local le siège de leur société qu'ils € qualifiaient pompeusement de Société des Sanñs-Culottes, qualité qui ne convient qu'aux vrais patriotes et aux sociétés populaires amies du bon ordre » !. La municipalité porta plainte au District. La Société de son côté adressa ses doléances. Le Conseil du district lui donna raison et mit en état d’arrestation le maire et l'officier municipal, fauteurs du trouble ?. La discorde acheva de s’accentuer en nivôse. Le25 nivôse cette mêine société dénonça la municipalité pour avoir,au mépris des décrets, conservé trois cloches. Plusieurs plaintes, observait le Conseil du district, avaient été portées contre la municipalité et le comité de surveillance de Cerisy accusés de « vexations eriminelles » contre la Société populaire ?. Evidemment un esprit plus modéré animait le comité de surveillance que la Société populaire. On le voit, à propos d'une dénonciation envoyée par elle au District. Cette dénonciation avait été colportée et signée sans même avoir été lue, par des femmes et jeunes filles.
Le comité de surveillance décida de faire connaitre ce procédé
1. Arch. Municipales Cerisy-la-Forêt, 2° Reg Conseil de Cerisy-la.-Forêt, fo 50. ;
2. Arch. Manche, L IT 1006, Reg. Conseil district, fo 72. 3, Arch. Manche, L II 1008, Reg. Conseil district, £° 14, 15.
au District !. Sur ces entrefaites une deuxième Société populaire s'était formée. Il y eut ainsi deux partis à Cerisy avec deux sociétés populaires, lune modérée, l’autre avancée. Les avancés eurent ie dessus ?. Le District, le 7 ventôse, invita le Conseil de la commune à rétablir la fraternité. Celui-ci répondit par l'adresse suivante : « Le Conseil aime l’union, la concorde, la vérité, la justice et la fraternité. Il désirerait qu’il ne dépendit que de lui de rallier tous les citoyens et de les serrer du lien de la fraternité. Dans cette commune, il y a une société connue sous le nom de société populaire composée d’un petit nombre de citoyens dont la conduite à l’égard des corps constitués a toujours annoncé des sentiments différents. Le Conseil désire l’arrivée dans la commune des commissaires qui pourront se rendre compte de la situation ? ». Enfin, le 12 ventôse, le maire expose au Conseil que pour opérer Pépuration des autorités constituées prescrite par le représentant Bouret, des commissaires désignés par ce représentant étaient venus dans la commune. Leurs discours ont fait disparaître l’esprit de division et de discorde qui y régnait depuis longtemps. Pour faire renaître l’union ils ont anéanti les deux sociétés de manière à en former sur leurs ruines une seule à laquelle ils ont donné le nom de Société de la Révolution
Il régnait, en effet, « des divisions scandaleuses », les sociétés populaires se déchiraient respectivement et n'étaient
point d’accord avec les autorités constituées °.
1. Arch. Municipales Cerisy-la-Forêt, 2° Reg. Conseil général, Cerisy-la- Forêt, fo 72.