‹ Le Divin CrucifiéChapitre 36 sur 167 · L. D., prêtre · texte numérisé non relu

L. D., prêtre

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Quelques jours avant son dernier départ du Havre pour New-York^ le capitaine Ch. Mourand, commandant le steamer transatlantique La Provence, avait reçu une lettre signée d’humbles ouvriers d’Indre-et- Loire-. Ceux-ci lui disaient qu’ils avaient eu le malheur de perdre leur unique enfant, âgé de dix-neuf ans dans le naufrage du Titanic, où il était embarqué comme cuisinier ; ne pouvant se rendre à l’endroit où il repose, ils adressaient au commandant une croix et le priaient de bien vouloir la jeter à la mer dans les parages de la catastrophe.

M. Ch. Mourand reçut, en effet, une croix toute simple et tout humble, confectionnée sans doute par le père lui-même ; elle se composait de deux morceaux de bois, l’un de 25, l’autre de 15 centimètres.

La Provence passa le 1er novembre 1912 dans le voisinage du banc de Terre-Neuve ; et le capitaine Mourand remplit scrupuleusement la pieuse mission qui lui avait été confiée : au milieu de la nuit, découvert, seul, sans aucun témoin que le ciel immense, il lança à la mer, du haut de la passerelle, la modeste petite croix, suprême témoignage de l’amour paternel; chargée de plomb, elle est allée rejoindre dans les profondeurs inconnues de l’océan l’enfant mort.

Iifl DIFFUSION DE ItA SAINTE-FACE

dans les JVlaisons d’Œui/res et les Écoles

Constantins. — - « Je bénis la diviue Providence qui me permet de réaliser un de mes plus ardents désirs. Il m’est enfin permis, par votre générosité, de répandre cette précieuse et salutaire image... Veuillez m’envoyer deux, cents images de la Sainte-Face destinées à la mission de Tunis. C'est une oeuvre qui va commencer, laquelle est confiée à nos chers missionnaires lazaristes. Bon nombre de nos malades de l’Hôpital civil nous témoignent aussi le désir de posséder ces traits véritables de notre Jésus. Je suis doublement heureuse de profiter de cette circonstance. » Sr A.

Loiré. — « Malgré la modicité de mes ressources, je suis la bonne pensée que notre doux Jésus m’inspire de profiter de notre Jubilé, qui est en même temps le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de notre Fraternité du Tiers-Ordre de Saint François, pour donner la sainte image à tous les membres de la Congrégation, par l'entremise de l’un des fils du Séraphin d’Assise. Offerte et commentée par ce saint religieux, elle sera non-seulement bien accueillie, mais notre dévotion envers la Sainte-Face de Jésus sera plus éclairée et plus profonde. Priez afin que mes désirs soient exaucés pour la plus grande gloire de notre Jésus si bon .. « M. C.

Angers. — « Vive Jésus ! C’est avec bonheur que j’entre dans vos vues pour la diffusion de la Sainte-Face. C’est vrai : elle n’est pas assez connue,, assez aimée. Oh! que de bien elle a déjà fait dans les familles où elle est entrée : on peut dire qu’elle attire et captive les âmes. Pour continuer mon apostolat, je vous prie de vouloir bien m’expédier 500 images du petit format ; veuillez joindre à l’envoi les Promesses de Notre-Seigneur aux personnes dévotes à la Sainte-Face, il me semble que ce serait un bon stimulant de zèle pour faire apprécier cette magnifique dévotion... » Sr. M. J.

Lavardac. — « Je dérobe quelques minutes à mes occupations pour venir vous dire la joie que j'ai éprouvée en apprenant ce nouvel effort de votre zèle pour la diffusion de la divine Image de Jésus. Je ne veux pas laisser passer une bonne occasion de faire conneître Jésus aux élèves de notre école. Je tiens à ce que chacune d’elles possède la sainte Face de Jésus. La vue de ce divin Sauveur ne peut que développer en elles l’amour de Jésus et l’horreur du péché. » M. G.

Orléans. — « Désirant faire, moi aussi, le plus de bien possible aux petites âmes dont je m’occupe et participer aux sacrifices que vous vous imposez pour les enfants des écoles, je vous demande de m’envoyer cent images du petit format, afin de développer plus efficacement l’amour de Jésus dans ces cœurs d’enfants qui s’apprêtent à le recevoir bientôt... » A. G.

Orléans. — « Voulant répondre au désir du Très saint Père en répandant le plus possible l’image bénie de la Sainte-Face du divin Maître, je vous prie de vouloir bien me faire parvenir aussitôt que possible un cent d’images. Je compte les distribuer dimanche prochain dans une maison de refuge pour les pauvres jeunes filles qui sont là pour réparer un passé coupable. Parmi elles, beaucoup reviennent au bien et pratiquent même la vertu d’une manière admirable, guidées qu’elles sont par de chères et saintes religieuses dont le dévouement est inépuisable. Religieuses et pénitentes trouveront dans la sainte image un précieux réconfoit. Cette communauté bénéficie déjà d’un des abonnements gratuits au « Divin Crucifié » que vous avez eu la bonté de m’offrir sur. le nombre des abonnements donnés. La Revue y est reçue chaque mois avec enthousiasme par toutes, pénitentes et religieuses... »-

lie retour de la Joeonde

|ous ne savez pas la nouvelle?

— Quelle nouvelle ?

— Vous ne lisez donc pas les journaux ? La Joeonde...

— Eh bien ?

— Elle est retrouvée !

— Allons, tant mieux !

— Gomme vous dites cela ! on dirait que cela vous est égal... Saviezvous seulement qu’elle était perdue?

— Mon Dieu, oui ; et aussi qu’elle venait de réintégrer son domicile légal. Mais je m’attendais à une nouvelle plus sensationnelle que cellelà.

— Qu’est-ce qu’il vous faut donc? Voilà un mois que lesfeuilles des deux hémisphères en sont pleines. Tous les autres évènements passent inaperçus. Le renversement du cabinet Barthou? La belle affaire ? Doumergue et Caillaux au pouvoir? Ça n’a pas d’importance !

Védrines arrive au Caire et Bonnier aussi ? Et puis après? La Turquie prépare une nouvelle guerre ! Qu’est-ce que cela nous fait ? La Seine monte? Tant pis pour la rue de Lille ! La loi scolaire se vote contre les catholiques? Tant pis pour eux !... La Joeonde ! Parlez-nous de la Joeonde ! Nous voulons la Joeonde! Nous l’attendons avec anxiété...

Elle va nous revenir... Elle est à Florence, à Rome, à Milan . Dans

deux jours elle sera à Paris . Elle arrive... la voilà! Ah !

— On dirait le Messie, positivement. Dites donc, vous en avez tant besoin de cela, de la Joeonde ? Qu’est-ce que vous en faites?

— O Béotien ! Ame obtuse et fermée ! Cœur sans idéal, incapable de vibrer au souffle de l’art immortel ! Toutes les nations du monde nousf l’envient ; et son sourire divin ne nous émeut pas plus que celui d’une marionnette !

— J’ai pour ce tableau l’estime que mérite l’œuvre d’un grand peintre, et même celle qui s’attache à un objet d’art dont la valeur marchande, grâce au système des intérêts composés accumulés depuis trois siècles et plus, a atteint le milliard. Béni soit l’heureux hasard qui a ramené la fugitive au foyer pour la satisfaction des niais qui ne l’avaient jamais vue, et qui feront exprès le voyage du Louvre pour contempler son sourire dénué de tout mystère. Pourvu toutefois qu’ils n’entrent pas dans la Maison d’en face !

— Parler ainsi de son sourire divin ! de ce sourire qui a plongé lesplus nobles penseurs dans une extase sans fond, ce sourire dont...

— Mon ami, vous devriez vous soigner.

— Moi? Je me porte à merveille.

— Non ; je vous vois bientôt affligé de la danse de Saint-Guy.

— Si c’est possible !

— Vous êtes atteint d’hystérie, mon ami. Ce n’est pas votre faute. -C’est l’air du temps qui veut cela. Il porte l’hystérie comme celui de certains climats porte la peste ou la fièvre jaune. Tenez, parlons sérieusement.

Toute cette histoire m’afflige. Je me demande si nous ne sommes pas à Byzance au temps de la querelle des bleus et des verts, pendant que retentissent sur les murailles de la ville les coups de bélier des barbares. Temps de veulerie, de cabotinage et d’histrionnerie ! On a décroché les Christ des tribunaux et personne ou presque n’a protesté. On les a arrachés des salles d’école, on les a charriés dans des brouettes pour les jeter à la voirie, et le peuple français les a regardé passer sans rien dire. On a déboulonné ceux des hôpitaux, ceux qui montaient leur garde douloureuse au bord des routes, ceux qui bénissaient de leurs bras sanglants la peine des travailleurs et des chemineaux, ceux qui étendaient leurs grandes ailes sur les villes, les villages et les cimetières, ceux qui imploraient la clémence divine pour les faiblesses humaines. Et les journaux sont restés muets.

Mais comme il faut tout de même tressaillir, se pâmer, adorer, jubiler, on se précipite à défaut d’autre chose sur la Joconde.

Qu’on la cloue à ses quatre pitons et qu’elle nous laisse la paix.

Charles Martel.

PRIONS POUR NOS MORTS

Les Evêques et les Prêtres décédés dans le . courant du mois de janvier. — M. J. Sicard, à Lavaur, père de deux zélatrices dévouées et chrétien éminent. — Le duc de Castries, à Counaux, père d’une de nos zélatrices. — Madame •Giraud, à Saint-Exupéry, mère d'une de nos zélatiices. — Madame Billet, à Ballan, Mademoiselle Coureur, à Arm entières, abonnées du « Divin Crucifié ».

Pie Jesu Domine, clona eis requiem !

Lia JVlesse des Abonnés.

Pendant le mois de février, la Messe des abonnés sera célébrée tous les vendredis à l’autel de la Sainte-Face. Nous remercions les abonnés et zélateurs qui nous ont envoyé leur offrande.

ün recevrait avec reconnaissance, au Centre de l’OEuvre Sacerdotale, 228, Boulevard Péreire, Paris, des honoraires de messes en faveur des Prêtres malheureux et délaissés.

Le Gérant : E. Derenne.

OCCASION ^EJVFARQUABLfE

Unique occasion de se procurer à un prix exceptionnel de superbes volumes dans lesquels le fini de l’impression, le luxe des reliures, la finesse des gravures, luttent de perfection avec l’élégance du texte et l’intérêt des récits.

ÉEISOIDES MIRACULEUX IDE EOTJRIDES

Par M. Henri Lasserre.

Magnifique édition in-4°, illustrée d'encadrements variés à chaque page, de scènes, portraits et paysages, sous la direction artistique de M. Yan d’Argent. Reliure riche, élégante et solide, genre amateur, chagrin rouge ou bleu à coins, dos finement travaillé, tête dorée, tranche ébarbée.

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