‹ Le divin SauveurChapitre 30 sur 103 · POUR NOTRE SALUT · texte numérisé non relu

POUR NOTRE SALUT

Oblatus est, quia ipse voluit (1).

« 11 a été offert, parce que lui-même l'a voulu. »

A peine le Verbe divin était-il incarné dans le sein de Marie, qu'il se voua lui-même sans réserve aux souffrances et à la mort pour le salut du monde. 11 savait que les innombrables sacrifices de boucs et de taureaux offerts à Dieu dans le passé, n'avaient pu satisfaire pour les péchés des hommes; qu'une personne divine était seule à môme de payer le prix de leur rédemption. De là, ce qu'il dit à son entrée dans le monde, ainsi que nous l'apprend saint Paul : Ni les victimes ni les oblations ne vous agréent, aussi rnavez-vout formé un corps; et j'ai dit : me voici, ô mon Père (2)!

(2) Ingrediens mnndum dicit : Hostinm et oblationem noluisti; corpus nu te m aptasti mihi... Tune «lixi : Ecce venio. {Heb., 10, 5.)

Mon Père, toutos les victimes qu'on vous a offertes ont été et ne pouvaient qu'être insuffisantes pour désarmer votre colère; c'est pourquoi vous m'avez donné ce corps passible, afin que l'effusion de mon sang apaisât votre justice irritée contre les pécheurs et les sauvât; me voici, je suis prêt à faire en tout votre sainte volonté.

Sans doute, dans la partie inférieure de son âme, Jésus éprouvait une grande répugnance ; il lui en coûtait de vivre et de mourir au milieu de tant de souffrances et d'opprobres; mais sa .volonté, soumise tout entière à la volonté de son Père, surmonta cette répugnance de la nature, et il consentit à épuiser le calice de sa Passion. Dès lors, en conséquence, il commença à souffrir toutes les angoisses et les douleurs qu'il devait endurer à chaque minute de sa vie.

Et nous, qu'avons-nous fait, qu'avons -nous souffert pour Jésus, depuis que, parvenus à l'âge de raison, nous avons commencé à connaître, par les lumières de la foi, le mystère de la Rédemption? Quelles ont été nos pensées, nos actions? Quels biens avons-nous aimés? Les plaisirs des sens, les faux biens de ce monde, l'orgueil, la vengeance : voilà ce qui a trop souvent emporté nos préférences et captivé notre cœur. Mais, puisque nous avons la foi, ne nous décideronsnous pas à changer de conduite, à donner aux affections de notre cœur un plus digne objet. Aimons donc un Dieu qui a (ani souffert pour nous. Kappelons-nous tout ce que le cœur de Jésus a souffert pour nous dès son enfance, ci nous nous sentirons doucement contraints d'aimer uniqucmenl ce Dieu qui nous a laul aimes.

AFFECTIONS ET PRIERES

.0 mon Jésus, faut-il vous avouer comment jusqu'ici je me suis comporté à votre égard? Hélas! j'avais à peine l'usage de la raison, que déjà je commençais à mépriser votre grâce et votre amour. Vous m'avez dès lors supporté parce que vous vouliez me sauver. Je vous fuyais, et votre bonté ne cessait de me poursuivre. Le même amour qui vous fit descendre du ciel pour venir à la recherche des brebis perdues, supportait mes infidélités et vous empochait de m'abandonner. Maintenant, mon bon Maître, vous daignez encore m'appeler, et moi, je reviens à vous; je sens que votre grâce m'assiste; je le sens, à la profonde douleur que j'ai de mes péchés, car, je les déteste maintenant plus que tout autre mal ; je sens l'effet de votre grâce, car j'éprouve un grand désir de vous aimer et de faire en tout votre bon plaisir. Oui, Seigneur, je veux vous aimer et vous plaire en tout. Ma fragilité originelle et la faiblesse que j'ai contractée par mes péchés me font craindre de nouvelles infidélités ; mais mes craintes cèdent à la confiance qui me provient de votre grâce.

Oui, mon Jésus, la confiance que je puise dans vos mérites me remplit de courage, et me fait dire avec l'Apôtre : Omnia possum in eo qui me confortât (1). « Je puis tout en Celui qui me fortifie. » Je suis faible, mais vous me communiquerez la force de lutter contre mes ennemis; malade, j'espère trouver dans votre sang le remède à mes maux; pécheur, j'espère que vous me rendrez

(1) Phil., 4, 13.

saint. Dans ce but, ô mon Jésus, je veux être tout à vous; je vous aime et ne veux plus aimer que vous. — Père éternel, pour l'amour de Jésus- Christ, permettez-moi de vous aimer. Si je vous ai irrité, laissez-vous désarmer par les larmes de Jésus Enfant, qui vous prie pour moi. Je suis indigne de vos grâces, mais votre Fils innocent les mérite pour moi : il vous offre toute une vie de souffrances afin que vous me fassiez grâce.

0 Marie, Mère de miséricorde, ne cessez pas d'intercéder pour moi.

6* Méditation. — 21 Décembre

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