SENTIMENTS D'UNE AME QUI CONTEMPLE JESUS MOURANT SUR LA CROIX
Heureuse l'âme qui se met souvent en présence de Jésus mourant sur la croix, et qui s'arrête à contempler avec une tendre compassion les souffrances de ce doux Sauveur et l'amour avec lequel il les offrait pour nous à son Père, alors qu'il agonisait sur ce lit de douleur! Los âmes éprises de l'amour divin, lorsqu'elles sont le plus tourmentées par les tentations du démon et les inquiétudes au sujet de leur salut, éprouvent une grande consolation â considérer, dans le silence de la solitude, Jésus attaché à la croix et laissant couler son précieux sang par toutes ses plaies. Dès que nous jetons les yeux sur Jésus crucifié, nous cessons de penser aux biens de ce monde : il s'échappe de la croix une vertu céleste qui nous l'ait oublier tous les objets que le monde estime si faussement, et allume en nos âmes un saint désir de renoncer à tout pour vouer nos affections à ce bon Maître, qui daigna mourir pour l'amour de nous.
Isaïe avait prédit que le Rédempteur du monde serait un Homme de douleurs. Vidimus eum .. dcspeclum et novissimum virorum^ ri ni m dolo-
(1) Is., D3, -1.
mm (1). « Nous l'avons vu... méprisé el traité comme le dernier des hommes, un homme de
douleurs. » Si Ton veut voir cet homme de douleurs annoncé par le prophète, qu'on regarde Jésus mourant sur la croix : là, les mains et les pieds cloués au bois qui le retient suspendu, il pèse de tout le poids de son corps sur ses propres plaies; chacun de ses membres a son tourment particulier et lui cause d'horribles souffrances. De quelque coté qu'il veuille se tourner ou s'appuyer, il ne trouve aucun soulagement; ses souffrances vont toujours en augmentant, jusqu'à ce qu'elles lui ôtent la vie; car, pour expier nos péchés cet Homme de douleurs est condamné par son Père à mourir entièrement consumé par la plus extrême douleur. Cette considération n'estelle pas bien capable de développer dans nos cœurs des sentiments d'amour reconnaissant envers notre très aimant Rédempteur?
AFFECTIONS ET PRIÈRES
Mon Jésus! vos chairs déchirées par 1rs fouetsi les épines et les clous, me font connaître à la fois votre ardenl amour pour moi et mon Ingratitude envers vous. Ah! mon Sauveur, votre sang esl mon espérance. Malheureux que je suis! que de fois j'ai renoncé à votre grâce! Combien de fois j'ai voulu do moi-même me condamner à l'enfer! Qu'en serait-il de moi, si vous n'aviei eu la générosité de sacrifier votre vie pour moi? Ah! je voudrais mourir de douleur m la pensée que j'ai méprisé votre boni»' Infinie el que, de mon plein gré, je me suis séparé de voua en vous chassant
de mon cœur. Désormais avec le secours de votre grâce, je veux me séparer de tout ce qui n'est pas vous ; une seule chose me suffît, c'est d'être uni à vous, mon Dieu et mon tout!
0 hommes ingrats, malheureux pécheurs, comment pouvez-vous mépriser ce Dieu qui souffre ainsi pour votre amour? Voyez-le sur cette croix s'immolant lui-même pour expier vos péchés, et à ce prix gagner vos cœurs. Mon Jésus! je ne veux pas persévérer plus longtemps dans mon ingratitude ; je ne veux plus résister à tant de bonté. 0 plaies de Jésus, percez-moi d'un trait d'amour ! 0 sang de Jésus, enivrez-moi d'amour! 0 mort de Jésus, faites-moi mourir à tout amour qui ne serait pas pour Jésus! Oui, je vous aime plus que moimême, ô mon Sauveur, et rien ne m'afflige autant que le souvenir de mes ingratitudes envers votre infinie bonté. Je reviens à vous ; revenez à moi. Par pitié ne me repoussez pas, maintenant que je me donne à vous sans réserve.
0 Marie, obtenez-moi un continuel et tendre souvenir de l'amour et des souffrances de mon Sauveur.