‹ Le divorce, comedie, en deux actes, en versChapitre 1 sur 23 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARTIN sciil^ entrant avec précaution , et tenant un papier imprimé.

1 L n'est pas encor jour chez ma chère Thérèse; Elle est sans doute avec son éternel mari , Son Guillaume. ... Et mol ! mol ? je me morfonds ici.' Guillaume ! ce nom-là me fatigue et me pèse. Un Guillaume rival de moi , monsieur Martin , Noble , ou peu s'en falloit. Moi qui , par mon mérite ^ Aux faveurs de la Cour me frayant un chemin, Habillois un ministre , et protégeois sous main

Une sultane favorite!

Retiré dans ces lieux, j'y conçois quelque goût Pour un petit minois campagnard. . . . Point du tout ! Un . . . mari me supplante. Ah 1 j'en rougis de honte;

ï LE DIVORCE,

J'a! voulu les broiilUer trente fois, mais en vain;

Les séparations sont si longues 1 Enfin

(^montrant l'imprime. ) Voici qui nous indique une marche plus prompte. Les époux désormais par les noeuds de l'hymen.

Ne seront plus unis de force.

La belle invention que celle du Divorce !

On se prendra , se quittera ,

Se reprendra quand on voudra.

Ainsi par des contrats . eu de vente ou d'échange ,

Tout le sexe circulera ;

Et bientôt pour ces efrets-là

Nous aurons des Agens de change.

Mais il faut à ce point amener les esprits.

Se planter-là comme on s'est pris,'

Dès long-temps, c'est une misère.

Une bagatelle à Paris :

Au village , c'est une affaire.

Poursuivons celle-ci : brouillons nos bonnes gens; Hier , j'ai préparé leurs esprits , et j'espère. . . . ( il ccoutc à la fo-tt de la chambre. )

Bon ! je crois que je les entends

( avec dépity^ S c quereller encor. . . Fort bien ! . . Ciel ! on s'embrasse 1 ( a ce fureur. )

C'est pour me narguer. . . . Les voici. Exposons ce paper b en vite à cette place;

Nous en verrons l'effet d'ici.

(iV pcsi le papier sur la t.:ble , et se cache au fond de la scr.ne. )

COMÉDIE. j

THÉRÈSE, GUILLAUME, tenant leur fils par la main.

Guillaume, gaiement en entrant.

".L L o N s , n'en parlons plus , et que tout soit fini.

( a son fih ).

:mbrassez votre mère. ( il priante V enfant à la mhe. ) Thérèse de même , après l'avoir embrassé. Embrasiez votre père.

l'enfant, re^.ardant sur la table.

Le déjeuné n'est pjs prêt ?

Thérèse à GuULvcme , tendrement.

Maii aussi ^ous nous sommes levés un peu tard aujourd'hui.

T'en plaindrois-tu , ma Théière?

Thérèse, timidement.

Au contraire :

^es momens que l'on passe auprès de .on ami

( V;' s la paru à droite. ) ont si doux !. . Servez donc ! . . Quelle lenteur extrême!. ..'

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