‹ Le divorce, comedie, en deux actes, en versChapitre 3 sur 23 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

GUILLAUME, THÉRÈSE et l'ENFAN*]

portjnt le dcjamer.

l'enfant.

Pa P A , l'on a servi.

Thérèse, gaîment.

Monsieur veut-il s'asseoir?

Guillaume, û'e mUme.

Madame , en vérité , je suis au désespoir

De la peine que je vous donne.

( On s'assied. Thérèse sert ; Guillaume parcourt le papier qi Martin a laissé ).

T A É R È s E , servant.

Quel est donc ce papier ?

Guillaume, Usant.

Journal des Boulevards,

Thérèse. ^

Que de journaux! Cela tombe de toutes parts Comme les feuilles en automne.

Guillaume, vivement.

Eh , mais ! c'est le décret du divorce ! ( ici l'un dCjeûnt^l Thérèse, tendrement.

Je crol Que nous en ferons peu d'usage.

Guillaume.

J • le pense assez comme toi :

Ce décret n'est pas fliit pour des geos de village; Thérèse.

Si l'ambition , si l'orgueil.

Ne régloient pas toujours les mariages , Ses liens du bonheur ne serolent pas l'écueil : Les époux seroient moins volages; Lcb épouses seroient plus sages ; Et par l'hymen , quand on seroit lié , . Le cœur , pour respecter ses chaînes éternelles , Ne suivroit d'autres loix que celles De l'Amour et de l'Amitié.

Guillaume.

Je conseille aux amans d'user de ma recette :

Pour devenir heureux mari , D'abord , gardez-vous bien d'une femme coquette \ Car , dieu merci , l'espèce en fourmille aujourd'hui. D'une telle moitié , lorsque l'on fait emplette , On l'épouse bien moins pour soi que pour autrui»

Aï

<f LEDIVORCE,

Choisissez , s'il ^e r -, rr>e Bea té timide , Un caiac'ère é^^\ p<- (lo i> • Poinr f'p b -lla^^t n. s ^n es-r'- solide ; De la simprcité dans 'es mœ>r.. r^ans les goûts > Un cœnr t-r-^r- v l'-^mo k réside So'is l'^ vojV' dr la pudeur.

{mortra'>f T' é è • ) One «' - oiis y joeiPz 'a "^-ace . h <'r^îchfiir ' Cela r'v "âr- p -n ; rn^n's b'entot cela passe. Porr préven'r Tenrui de l.i sat'^té Il faut que la v°rru survive à h beauté. Si l'amour fuit alors , l'm'té 'e r^mnlace.

Ou: ; je crois , comme toi , ou'il faut b'en réfléchir ;

Faire un bon choix , puis b'y tenir ; ( /«/ donnant l.i main ).

Et je m'y tiens.

Guillaume, <~aîmenf:

Moi donc ! . . Mais , entre nous , je pense Qu2 ton sexe aisément pourrait Rendre nul ce nouveau décret.

Comment ?

Gu ILLAUME.

Par la doncniret par la patience." Quand nous avons des torts . ayez la complaisance

De nous pla'ndre et de les souffrir.

Le moyen '" p'-is sûr de les fa=re sentir C'est la tendresse et le silence.

Thérèse.

Ah 1 je te vois venir.

Guillaume, insistant:

Plus l'homme est ménagé

COMÉDIE. y

( Quand il a tort) , par l'épouse qu'il aime j Plus 11 s'en accuse luv-même , Et plutôt il est corrigé.

T H É R E s -E , avec aigreur^ A ce qu'on dit,

Guillaume,

La chose est sûre.

Thérèse, vivement.

Comment ! vous prétendez que notre sexe endure Vos caprices , vos torts , vos humeurs ? Eh l pourquoi?

Guillaume.

Parce que. . , J

Thérèse, je levant bnisquemmc.

Parce que vous avez fait la loi.

Guillaume, tranquillement.

Cédez. . . .

T H É R li s E.

Vous en parlez, monsieur, fort à votre aise|: Cédez ! . . . cédez vous-même.

Guillaume,^*: levant tranquillement^

Ecoutez-moi , Thérèse z.

Hier. . . .

Thérèse.

Hier vous aviez tort.

Guillaume, s'échaufane.

Mais avant-hier ? . . .

Thérèse,

Mais avant-hier encor ^

Et tous les jours.

Guillaume, vivement.

Voilà ce qui s'appelle. . .

Thérèse, plus vivement.

Parler juste.

( Ici fenfant se Icve^

^^^^gj^g^^^^^^^g^^lgg^lj^

fiéSUm^

Guillaume, e/î colèrt^ Comment ! vous osez soutenir l . . ;

Thérèse, avec obstination: Oui , monsieur.

i.'enfant,^^j mère , tendrement.

Maman i . . .

Thérèse, sèchement.

Paix !

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