Répond. Cf. p. 109, n. 1. ronte
M. SCRUPULE, lisant.
« Déshéritant, en tant que besoin pourrait être, Parents, nièces, neveux, nés aussi bien qu'à naître, Lit même tous bâtards, à qui Dieu fasse paix. S'il s'en trouvait aucuns' au jour de mon décès. »
GÉRONTE
Comment? moi, des bâtards!
CRiSPiN, à Gérante.
C'est style de notaire.
GÉRONTE
Oui, je voulais nommer Éraste légataire;
A cet article-là, je vois présentement
Que j'ai bien pu dicter le présent testament.
M. SCRUPULE, lisant.
<c Ilem. Je donne et lègue, en espèce sonnante, A Lisette... »
LISETTE
Ah! grands dieux!
M. SCRUPULE, lisant.
« Qui me set"t de servante, Pour épouser Crispin en légitime nœud.
Deux mille écus. »
CRISPIN, à Gérante.
Monsieur... en vérité... pour peu...
Non... jamais... car enfin... ma bouclie... quand j'y pense.,. Je me sens suffoquer par la reconnaissance.
(A Lisette.) Parle donc...
LISETTE, embrassant Gérante.
Ah! monsieur...
GÉRONTE
Qu'est-ce à dire, cela?
Je ne suis pas l'auteur de ces sottises-là. Deux mille écus comptant!
t. /1«CM««. Archaïque, pour quelques-uns.
2;î2 ;./■ Wlll" SitCLE PMi I.FS TEXTES
LISETTE
Quoi! déjà, je vous prie, Vous ropenliriez-vous d'avoir fait œuvre pie? Tne Glle nubile, exposée au maliieur.
Qui veut faire une fin en tout bien, tout honneur, Lui rcfuseriez-vous celte petite grâce?
GÉRONTE
Comment! six mille francs! Quinze ou vingt écus, passe.
LISETTE
Les maris, aujourd'hui, monsieur, sont si courus ! Kt que peut-on, hélas! avoir pour vingt écus?
GÉRONTE
On a co que l'on peut, entendez-vous, m'amie'?
[Au notaire.) 11 en est à tous prix. Achevez, je vous prie.
M. SCRUPULE
« Item. Je donne et lègue... »
CRiSPiN, à part.
Ah! c'est mon tour enfin, lit l'on va me jeter...
M. SCRUPULE
« A Crispin... »
{Crispin se fait petit.)
GÉRONTE, regardant Crispin.
A Crispin!
M. SCRUPULE, lisant.
« Pour tous les obligeants, bons et loyaux services Qu'il rend à mon neveu dans divers exercices. Et qu'il peut bien encor lui rendre à l'avenir... »
GÉRONTE
Où donc ce beau discours doit-il enfin venir? Voyons.
1. il'amie. Pour ma «/«/e. Archaïsme restû dans la langue; mais nous écri¥ons le plus souvent ma mie.
M. SCRUPULE, lisant.
« Quinze cents francs de rentes viagères, Pour avoir souvenir de moi dans ses prières. »
CRiSPiN, se prosternant aux pieds de Géronle. Oui, je vous le promets, monsieur, à deux genoux, Jusqu'au dernier soupir je prierai Dieu pour vous. Voilà ce qui s'appelle un vraiment honnête homme! Si généreusement me laisser cette somme!
GÉRONTE
Non ferai-je \ parbleu! Que veut dire ceci?
[Au notaire.) Monsieur, de tous ces legs je veux être éclairci.
M. SCRUPULE
Quels éclaircissements voulez-vous qu'on vous donne? El^ je n'écris jamais que ce que l'on m'ordonne.
Quoi! moi, j'aurais légué, sans aucune raison, Quinze cents francs de rente à ce maître fripon, Qu'Éraste aurait chassé, s'il m'avait voulu croire!
CRiSPix, toujours à genoux.
Ne vous repentez pas d'une œuvre méritoire. Voulez-vous, démentant un généreux effort. Etre avaricieux, même après votre mort?
GÉRONTE
Ne m'a-t-on point volé mes billets' dans mes poches? Je tremble du malheur dont je sens les approches; Je n'ose me fouiller.
ÉRASTE, à part.
Quel funeste embarras!
{Haut, à Géronte.) Vous les cherchez en vain ; vous ne les avez pas.
1. ÎSdu ferai-je. Construction archai- précéilente équivaut à une affirmative, que, qu'on trouve aussi dans Molière; 3. Billets. 11 y en avait dans le porje ne le ferai pas. tefeuille de Géronte pour quarante