‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 154 sur 340 · Répond. Cf. p. 109, n. 1. ronte · texte numérisé non relu

Répond. Cf. p. 109, n. 1. ronte

M. SCRUPULE, lisant.

« Déshéritant, en tant que besoin pourrait être, Parents, nièces, neveux, nés aussi bien qu'à naître, Lit même tous bâtards, à qui Dieu fasse paix. S'il s'en trouvait aucuns' au jour de mon décès. »

GÉRONTE

Comment? moi, des bâtards!

CRiSPiN, à Gérante.

C'est style de notaire.

GÉRONTE

Oui, je voulais nommer Éraste légataire;

A cet article-là, je vois présentement

Que j'ai bien pu dicter le présent testament.

M. SCRUPULE, lisant.

<c Ilem. Je donne et lègue, en espèce sonnante, A Lisette... »

LISETTE

Ah! grands dieux!

M. SCRUPULE, lisant.

« Qui me set"t de servante, Pour épouser Crispin en légitime nœud.

Deux mille écus. »

CRISPIN, à Gérante.

Monsieur... en vérité... pour peu...

Non... jamais... car enfin... ma bouclie... quand j'y pense.,. Je me sens suffoquer par la reconnaissance.

(A Lisette.) Parle donc...

LISETTE, embrassant Gérante.

Ah! monsieur...

GÉRONTE

Qu'est-ce à dire, cela?

Je ne suis pas l'auteur de ces sottises-là. Deux mille écus comptant!

t. /1«CM««. Archaïque, pour quelques-uns.

2;î2 ;./■ Wlll" SitCLE PMi I.FS TEXTES

LISETTE

Quoi! déjà, je vous prie, Vous ropenliriez-vous d'avoir fait œuvre pie? Tne Glle nubile, exposée au maliieur.

Qui veut faire une fin en tout bien, tout honneur, Lui rcfuseriez-vous celte petite grâce?

GÉRONTE

Comment! six mille francs! Quinze ou vingt écus, passe.

LISETTE

Les maris, aujourd'hui, monsieur, sont si courus ! Kt que peut-on, hélas! avoir pour vingt écus?

GÉRONTE

On a co que l'on peut, entendez-vous, m'amie'?

[Au notaire.) 11 en est à tous prix. Achevez, je vous prie.

M. SCRUPULE

« Item. Je donne et lègue... »

CRiSPiN, à part.

Ah! c'est mon tour enfin, lit l'on va me jeter...

M. SCRUPULE

« A Crispin... »

{Crispin se fait petit.)

GÉRONTE, regardant Crispin.

A Crispin!

M. SCRUPULE, lisant.

« Pour tous les obligeants, bons et loyaux services Qu'il rend à mon neveu dans divers exercices. Et qu'il peut bien encor lui rendre à l'avenir... »

GÉRONTE

Où donc ce beau discours doit-il enfin venir? Voyons.

1. il'amie. Pour ma «/«/e. Archaïsme restû dans la langue; mais nous écri¥ons le plus souvent ma mie.

M. SCRUPULE, lisant.

« Quinze cents francs de rentes viagères, Pour avoir souvenir de moi dans ses prières. »

CRiSPiN, se prosternant aux pieds de Géronle. Oui, je vous le promets, monsieur, à deux genoux, Jusqu'au dernier soupir je prierai Dieu pour vous. Voilà ce qui s'appelle un vraiment honnête homme! Si généreusement me laisser cette somme!

GÉRONTE

Non ferai-je \ parbleu! Que veut dire ceci?

[Au notaire.) Monsieur, de tous ces legs je veux être éclairci.

M. SCRUPULE

Quels éclaircissements voulez-vous qu'on vous donne? El^ je n'écris jamais que ce que l'on m'ordonne.

Quoi! moi, j'aurais légué, sans aucune raison, Quinze cents francs de rente à ce maître fripon, Qu'Éraste aurait chassé, s'il m'avait voulu croire!

CRiSPix, toujours à genoux.

Ne vous repentez pas d'une œuvre méritoire. Voulez-vous, démentant un généreux effort. Etre avaricieux, même après votre mort?

GÉRONTE

Ne m'a-t-on point volé mes billets' dans mes poches? Je tremble du malheur dont je sens les approches; Je n'ose me fouiller.

ÉRASTE, à part.

Quel funeste embarras!

{Haut, à Géronte.) Vous les cherchez en vain ; vous ne les avez pas.

1. ÎSdu ferai-je. Construction archai- précéilente équivaut à une affirmative, que, qu'on trouve aussi dans Molière; 3. Billets. 11 y en avait dans le porje ne le ferai pas. tefeuille de Géronte pour quarante

Page 1