DESTOUCHES
M NUI Ac. i; su: UE I'
AUlSTli, FIXIiTTI'v-, (jHÏ observe </uelfjiu' tenipa Aviste avant que de'^ parler.
FINETTE, à jiarl.
[liant.) Toujours lire! Monsieur, madame voire femme...
AUISTIv.
Crie encore plus liant.
FINKTTR.
Près volontiers. Madame
Votre...
AIUSTF,.
J'ai défendu cent fois depuis deux ans, Que jamais ce mol-là fût prononcé céans '"^ : Ne l"en souvient-il pas?
FINETTE
Oui ; mais, quand je l'oublie, Quel tort vous fait cela, monsieur, je vous supplie ?
ARISTF.
Premièrement, celui de me désobéir.
FINETTE
Passe.
ARISTE
Secondement...
FINETTE
J'enrage. A vous ouïr, On s'imaginerait que c'est faire un grand crime De donner à madame un litre légitime I
1. Aiiste, qui a épousé Mélite, ne oncle très riche auquel il u'a j)as de-
veul pas qu'on le sache : d'abord, il mandé son consentement, rougit de •• ce titre d'époux que les 2. Suivante de Mélite.
mœurs du temps rendent ridicule »; ."î. Aiaiit que de. Cf. p. 24, n. 1.
ensuite, il craint d'être déshérité par un 4. Céans. Ici dedans; dans la maison
254 II-: .\»7//'' siKCLi: /'W( ;./;'.s textes
ARISIK.
FiiieLlel
FINETTI'.-
Quoi, monsieur?
AlîISTK.
11 faudrait m'écoutcr Quand je parle.
FIMETTi:.
Ah ! vraiment, qui voudrait s'arrêter A tous vos beaux discours et les suivre à la lettre, Ne cesserait jamais...
ARISTE
Voulez-vous bien permettre Que je dise deux mots?
FINETTF,.
Quatre, si vous voulez.
ARISTi:.
Vous savez qu'un secret...
FINETTE
Deux ans sont écoulés Depuis que nous menons une vie équivoque; Je n'y puis plus tenir, le secret me suffoque.
ARISTE
Ma patience, enfin, pourrait Ijien se lasser.
FINETTE
C est conscience à vous que de vouloir forcer, Pendant deux ans entiers, des femmes à se taire. Pour moi, j'aimerais mieux vivre en un monastère, .Jeûner, prier, veiller, — et parler tout mon soùI.
AuiSTE, se levant.
Parlez, morbleu! parlez; je ne suis pas si fou Que de vouloir tenir vos langues inutiles :
DESTOUCIIES 255
Sur un point, seulement, qu'elles soient immobiles; Ce n'est que sur ce point que je l'ai prétendu'.
FINETTE
Oui, mais ce point, monsieur, c'est le fruit défendu;
Et voilà justement ce qui nous afîriande.
Parmi vingt bons ragoûts, la plus grossière viande
Que l'on me défendrait constamment de goûter,
Serait le seul morceau qui pourrait me tenter.
Jugez, après cela, si je n'ai pas la rage
De parler librement sur votre mariage.
ARISTE
Quel travers! quel esprit de contradiction! Quel fonds d'intempérance et d'indiscrétion! Voilà les femmes.
FINETTE
Soit. Mais, telles que nous sommes.
Avec tous nos défauts, nous gouvernons les hommes. Même les plus huppés; et nous sommes l'écueil Où viennent échouer la sagesse et l'orgueil. Vous ne nous opposez que d'impuissantes armes : Vous avez la raison, et nous avons les charmes. Le brusque philosophe, en ses sombres humeurs. Vainement contre nous élève ses clameurs; Ni son air renfrogné, ni ses cris, ni ses rides. Ne peuvent le sauver de nos yeux homicides. Comptant sur sa science et ses réflexions, Il se croit à l'abri de nos séductions. Une belle paraît, lui sourit, et l'agace- : Crac... au premier assaut elle emporte la place.
ARISTE, à part.
Voilà précisément mon histoire en trois mots.
FINETTE
Je brûle de vous voir trois ou quatre marmots
1. Que j'ai voulu cela,= qu'elles fréquent en ce sen?, cf. p. 56, n. 1. io'ientimmoh'ûes. Pour prétendre, irès 2. Agnce. Cf. p. 243, n. 3.
(•> I H .\r//K sikci.h: iwn les ri:\Ti:s
iJraillanl aulour de vous, cl vous-même, en cavluMlt! .luiK^nl à caclie-caclie, ou l)ien à cliriiusseltc'.
AHISTE, (1 pari.
La friponne a raison de rire à mos dopons,
Et ses discours malins sont remplis de bon sens...
yAe P/tilosophe marié, acte 1, scène iv.)
i.i; l'AUVKM i:t li; (W.oiuiax- LISIMON, LU COMTi:, PÂSQUIN'
LISIMO.X.
Le comte de Tufière est-il ici, mon co^ur?
l'ASOL'IN.
<Jui, Monsieur, le voici.
[Le comle se lève nonchalamment , el fait un pas au-deranl de Lisimony qui Vembrasse.)