LE XVIII^ SIÈCLE P.\R LRS TEXTES
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disgrâce a cuvé' hon orf^uoil! je lui dirais... que les suUises imprimées n'ont d'impurlance (|u'aux lieux où l'on eu génc le cours, que sans la lil»erlé de hlàuier il n'csl point d'f'Joge tlalteur, et qu'il n'y a que les petits hommes (jui redoutent les petits écrits. — (// se rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire, on me met un jour dans la rue; et, comme il faut diner, quoiqu'on ne soit plus en prison, je taille encore ma plimie el demande à chacun do quoi il est (|uestion : on me dit que, pendant ma retraite économique, il s'est él;ddi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions qui s'étend même à celles de la presse, et que, pourvu que je ne parle eûmes écrits, ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j'annonce un écrit périodique, et, croyant n'aller sur les brisées d'aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s'élever contre moi mille pauvres diables à la feuille^; on me sui)prime; et me voil-à derechef sans emploi! — Le désespoir m'allait saisir; on pense à moi pour une place , mais par malheur j'y étais propre : il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint. Il ne me restait plus qu'à voler; je me fais banquier de pharaon^ : alors, bonnes gens! je soupe en ville, et les personnes dites comme il faut m'ouvrent poliment leur maison, en retenant pour elles les trois quarts du profit. J'aurais bien pu me remonter; je commençais même ù comprendre que, pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais, comme chacun pillait autour de moi, en exigeant que je fusse honnête, il fallut bien périr encore. Pour le coup, je quittai le monde; et vingt brasses* d'eau m'en allaient séparer, lorsqu'un Dieu bienfaisant m'appelle à mon premier état". Je reprends ma trousse et mon cuir anglais; puis, laissant la fumée aux sots qui s'en nourrissent, et la honte