‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 227 sur 340 · En. Cf. p. 32, n. 2. ques maximes aussi pessimistes que · texte numérisé non relu

En. Cf. p. 32, n. 2. ques maximes aussi pessimistes que

2. Les hommes ont In voloiilé... jiif- celles de La Rochefoucauld. qu'il... Il y a dans Vauveiiargues quel 3. Lu nature. L'instinct naturel.

VAUVEN ARGUES 357

Le bon instinct n'a pas besoin de la raison, mais il la donne.

La magnanimité ne doit pas compte à la prudence de ses motifs.

Personne n'est sujet à plus de fautes que ceux qui n'agissent que par réflexion.

La conscience est la plus changeante des règles.

Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir.

Nous devons peut-être aux passions les plus grands avantages de l'esprit.

Nous querellons les malheureux pour nous dispenser de les plaindre'.

La générosité soutTre des maux d'autrui comme si elle en était responsable.

Ce n'est point un grand avantage d'avoir l'esprit vif, si on ne l'a juste. La perfection d'une pendule n'est pas d'aller vite, mais d'être réglée.

Je n'approuve point la maxime qui veut quun honnête homme- sache un peu detoiU.Cesi savoir presquetoujours inulement, et, quelquefois pernicieusement, que desavoir superficiellement et sans principes. 11 est vrai que la plupart des hommes ne sont guère capables de connaître profondément; mais il est vrai aussi que cette science superficielle qu'ils recherchent ne sert qu'à contenter leur vanité. Elle nuit à ceux qui possèdent un vrai génie ; car elle les détourne nécessairement de leur objet principal, consume leur application dans des détails et sur des objets étrangers à leurs Ijesoins et à leurs talents naturels ; et enfin elle ne sert point, comme

1. Nous querellons les malheureux.,^ 2. Honncle homme. Au sens archaï-

Cf. p. 356, n. 2. que du mot. Cf. p. 67, n. 3.

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\\^ s'en llallent, à prouver retendue de leur esprit. De tout temps on a vu des hommes qui savaient beaucoup avec un esprit trrs nu-diocre, et, au contraire, des es|)rits très vastes • lui savaient fort peu. Ni l'ignorance n'est défaut d'esprit ni le savoir nest preuve de génie.

Il y a peut-être autant de vc'-rih's parmi les hommes que d'erreurs: aulanl de bonnes ([ualité.s (pie de mauvaises; autant de plaisirs que de peines. Mais nous aimons à contrôler' la nature humaine pour essayer de nous élever audessus de notre espèce et pour nous enrichir de la considération dont nous tâchons de la dépouiller. Nous sommes si présomptueux, que nous croyons pouv(jir séparer notre intérêt personnel de celui de l'humanilé et médire du genre humain sans nous commettre -. Cette vanité ridicule a rempli les livres des philosophes d'invectives contre la nature. L'homme est maintenant en disgrâce chez tous ceux qui pensent, et c'est à qui le chargera de plus de vices. Mais peut-être est-il sur le point de se relever et de se faire restituer toutes ses vertus, car la philosophie a ses modes comme les habits, la musique et l'architecture, etc.

L'erreur ajoutée à la vérité ne l'augmente point. Ce n'est pas étendre la carrière des arts que d'admettre de mauvais genres; c'est gâter le goût; c'est corrompre le jugement des hommes, qui se laisse aisément séduire par les nouveautés, et qui. mêlant ensuite le vrai et le faux, se détourne bientôt, dans ses productions, de l'imitation de la nature, et s'appauvrit ainsi en peu de temps par la vaine ambition d'imaginer et de s'écarter des anciens modèles.

Ce que nous appelons une pensée brillante n'est ordinairement qu'une expression captieuse qui, à l'aide d'un peu de vérité, nous impose une erreur qui nous étonne'.

Est-il vrai que les qualités dominantes excluent les autres?

1. CoH/riî/fr. Critiquer, censurer. ;?. Etonne. Saisit, frappe. Cf. p. li,

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