‹ Le Dix-huitième siècle par les textes, morceaux choisisChapitre 240 sur 340 · Seul i ment. Cf. p. <.), n · texte numérisé non relu

Seul i ment. Cf. p. <.), n

CHAIYIFORT

VANITÉ DE l'aRCHEYÈOUE DE REIMS

On se souvient encore de la ridicule et excessive vanité de l'archevêque de Reims, Le Tellier-Louvois, sur son sang et sur sa naissance. On sait combien, de son temps, elle était célèbre dans toute la France. Voici une des occasions où elle se montra tout entière le plus plaisamment. •

Leduc d"A..., absent de la cour depuis plusieurs années, revenu dans son gouvernement de Berri, allait à Versailles. Sa voiture versa et se rompit. Il faisait un froid très aigu. On lui dit qu'il fallait deux heures pour la remettre en état. Il vit un relais' et demanda pour qui c'était. On lui dit que c'était pour l'archevêque de Reims, qui allait à Versailles aussi. 11 envoya ses gens devant lui, n'en réservant qu'un, auquel il recommanda de ne point paraître sans son ordre.

L'archevêque arrive. Pendant qu'on attelait, le duc charge un des gens de l'archevêque de lui demander une place pour un honnête homme ^ dont la voiture vient de se briser et qui est condamné à attendre deux heures qu'elle soit rétablie. Le domestique va et fait la commission. — « Quel homme est-ce? dit l'archevêque; est-ce quelqu'un comme il faut?

— Je le crois, monseigneur; il a un air bien honnête. — Qu'appelles-tu bien honnête? est-il bien mis? — Monseigneur, simplement, mais bien.. — A-t-il des gens? — Monseigneur, je l'imagine. — Va- t'en le savoir. (Le domestique va et revient.) — Monseigneur, il les a envoyés devant à Versailles. — Ah! c'est quelque chose, mais ce n'est pas tout. Demande-lui s'il est gentilhomme. (Le laquais va et revient.)

— Oui, monseigneur, ifest gentilhomme. — Alabonneheure; qu'il vienne, nous verrons ce que c'est. »

Le duc arrive, salue. L'archevêque fait un signe de tête, se range à peine pour faire une petite place dans sa voiture.

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