Ennuis. Sens plus fort que dans l'usage actuel
2. Zop.ire, adversaire de Mahomet, est le père de Séide ; et Séide, élevé par le Prophète, qui lui a caché sa naissance, n'en éprouve pas moins pour l'ennemi de son maitre un mystérieux attrait dont il cherche en vain à se défendre. — Muhomel a pour sous-titre le Fanatisme; c'est la première tragédie qu'écrivit Voltaire en vue de la propagande philosophique. Voici comment il en parle dans une lettre à Frédéric :
« Votre Majesté sait quel esprit m'animait en composant cet ouvrage : l'amour du genre humain et l'horreur du fanatisme, deux vertus qui sont faites pour être toujours auprès de votre trône, ont conduit ma plume. J'ai toujours pensé que la tragédie ne doit pas être un simple spectacle qui touche le cœur sans le corriger. Qu'importent au genre humain les passions et les malheurs d'un héros de l'antiquité, s'ils ne servent pas à nous instruire? On
LE xyin" siiîCLE par les textes
avoue que la comédie de Turliiffe, ce chef-d'œuvre qu'aucune nation n'a égalé, a fait beaucoup de bien aux hommes, en montrant l'hypocrisie dans toute sa laideur : ne peut-on pas essayer d'attaquer dans une tragédie cette • espèce d'imposture qui met en œuvre à la fois l'hypocrisie des uns et la fureur des autres? ne peut-on pas remonter jusqu'à ces anciens scélérats, fondateurs illustres de la superstition et du fanatisme, qui les premiers ont pris le couteau sur l'autel pour faire des victimes de ceux qui refusaient d'être leurs disciples?
« Ceux qui diront que les temps de ces crimes sont passés, qu'on ne verra plus de Barcochébas, de Mahomet, de Jean de Leyde, etc., font, ce me semble, trop d'honneur à la nature humaine. Le même poison subsiste encore, quoique moins développé : cettepeste, qui semble étouffée, reproduit de temps en temps des germes capables d'infecter la terre. »