Les Persans ne reconnaissaient Mahomet
tion et le commerce du Portugal avec presque aussi peu de forces, malgré les rois des Indes et malgré les efforts des musulmans en possession de ce commerce.
La nature produit alors des hommes extraordinaires presque en tous les genres, surtout en Italie.
Ce qui frappe encore dans ce siècle illustre, c'est que, malgré les guerres que l'ambition excita, et malgré les querelles de religion qui commençaient à troubler les Etats, ce même génie qui faisait fleurir les beaux-arts à Rome, à Naples, à Florence, à Venise, à Ferrare, et qui de là portait sa lumière dans l'Europe, adoucit d'abord' les mœurs des hommes dans presque toutes les provinces de l'Europe chrétienne. La galanterie de la cour de François P' opéra en partie ce grand changement. Il y eut entre Charles- Quint et lui une émulation de gloire, d'esprit, de chevalerie, de courtoisie, au milieu même de leurs plus furieuses dissensions ; et cette émulation, qui se communiqua à tous les courtisans, donna à ce siècle un air de grandeur et de politesse- inconnu jusqu'alors. Cette politesse brillait même au milieu des crimes ; c'était une robe d'or et de soie ensanglantée.
L'opulence y contribua; et celte opulence, devenue plus générale, était en partie (par une étrange révolution) la suite de la perle funeste de Constantinople : car, bientôt après, tout le commerce des Ottomans fut fait par les chrétiens, qui leur vendaient jusqu'aux épiceries des Indes, en les allant charger sur leurs vaisseaux dans Alexandrie et les portant ensuite dans les mers du Levant. Les Vénitiens surtout firent ce commerce non seulement jusqu'à la conquête de l'Egypte par le sultan Sélim, mais jusqu'au temps où les Portugais devinrent les négociants des Indes.
Lindustrie fut partout excitée. Marseille fît un grand commerce. Lyon eut de belles manufactures. Les villes des Pays-Bas furent plus florissantes encore que sous la maison de Bourgogne. Les dames appelées à la cour de François I" en firent le centre de la magnificence, comme de la politesse *. Les mœurs étaient plus dures à Londres, où régnait un roi
i. Adoucit d'abord. Commença" ;ï 2, 3. Po/;7e,sse. Culture intellectuelle
adoucir. et morale. Cf. p. 18, n. i.
LE XVIIlC SIIXI.E PAR LRS TEXTES 10
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capricieux ol ft'rocc' ; mais Londres commençait d(^j;\ à s'eiiricliir par le commerce.
En Allemagne, les villes d'Augsbourg e( de Nuremberg, répandant les richesses de l'Asie qu'elles liraient de Venise, se ressenlaicnldéjà de leur correspondance "^avec les Italiens. On voyait dans Augsbourg de l)elles maisons dont les murs étaient ornés de peintures à fresque à la manière vi-nitienne. En un mot, l'Kurope voyait naître de beaux jours ; mais ils furent troublés par les tempêtes que la rivalité entre Charles- Quint et François I" excita; et les querelles de religion, qui d(''jà commençaient à naître, souillèrent la fin de ce siècle : elles la rendirent alTreuse, et y portèrent une espèce de barbarie (|ne les llérules, les Vandales et les ihins n'avaient jamais connue.
[Jbid., chap. CXVIll.)