L’EXPANSION FRANÇAISE
M. Pierre P A S Q U I E R
Gouverneur Général de l’Indochine
Depuis quelques mois, M. Pierre Pasquier préside, on le Bait, avec une grande autorité, aux destinées de l’Indochine. Ce poste lui convenait du reste admirablement. De par sa carrière si brillamment remplie, M. Pasquier est, en effet, un Indochinois. Elève breveté de l’Ecole Coloniale, il débutait le 1er novembre 1898, comme chancelier stagiaire au Tonkin, puis il fut successivement administrateur des services civils, chef de cabinet du résident supérieur du Tonkin, chef de cabinet du gouverneur de la Cochinchine, chef de cabinet du gouverneur général de l’Indochine.
A cette époque, le gouverneur général s’appelait Albert Sarraut. C’est ainsi que M. Pasquier quitta un moment l’Indochine, l’ancien gouverneur général devenu Ministre des Colonies ayant voulu avoir près de lui, rue Oudinot, le collaborateur qu’il avait apprécié à Hanoï.
Le stage de M. Pasquier à Paris fut de courte durée. De sérieuses difficultés avaient surgi en Annam. L’empereur voulait abdiquer. M. Sarraut, pour remédier à une situation qui pouvait devenir grave, envoya à Hué le collaborateur en qui il avait toute confiance. M. Pierre Pasquier reprit donc le chemin de l’Indochine.
Il était résident supérieur d’Annam, lorsque M. Alexandre Varenne fut nommé gouverneur général. M. Varenne, qui n’avait jamais vu M. Pasquier, apprit à le connaître et à l’apprécier. Aussi, quand il rentra en France, c’est à lui qu’il confia l’intérim du gouvernement général.
D’intérimaire, M. Pierre Pasquier est devenu titulaire de la haute charge qui correspondait si bien à ses remarquables capacités et à son expérience étendue de la vie coloniale.
Cette nomination fut pour les Indochinois qui avaient été les premiers à
le réclamer, une satisfaction profonde.
Pour la première fois, en effet, on voyait un Indochinois à la tête de l’Indochine.
Le nouveau gouverneur général qui entendait réaliser de suite son programme, avait soumis à l’approbation du Ministre des Colonies, avant de s’embarquer, toute une série de projets.
Certains de ces projets ont depuis longtemps reçu i un commencement d’exécution, tel le Transindochinois, dont l’achèvement s’impose.
Mais il est d’autre part, indispensable de construire certaines lignes de chemins de fer, car la majeure partie des travaux du programme Doumer ne produira son plein effet que par l’exécution d’un nouveau programme le complétant.
La plus « urgente est la ligne de Tanap à Thakek, effectuant la jonction par le rail du grand bief navigable du Mékong. On devra construire aussi la ligne de Phnom-Penh à Battambang, d’autres encore...
Le programme ferroviaire, on le voit, est vaste. Il y aura aussi lieu de mettre à exécution tous les projets concernant l’hydraulique agricole de l’ Annam et du Tonkin et, pour ce dernier pays, il importera également d’y renforcer toutes les digues afin de le mettre définitivement à l’abri des inondations qui, trop souvent, le dévastent.
On se souvient que M. Pierre Pasquier a exposé ses idées sur la politique indochinoise dans une remarquable conférence qu’il fit à l’Ecole des Hautes Etudes Sociales, sous la présidence de M. Sarraut.
L’éminent représentant de la France en Indochine en fait aujourd’hui l’application d’une manjière très heureuse et très efficace, et qui permet tous les espoirs pour notre grande et belle colo-
nie* André du Colombier,
Un homme doué d’une magniüque prescience scientifique, un savant physicothérapeute qui fut non seulement un précurseur mais un « prévisionnaire », telle apparaît aujourd’hui, en pleine force et en pleine lumière, la haute personnalité médicale du Dr A. -Joseph Rivière, que maintes fois notre publication a eu la fierté et l’honneur de présenter à ses nombreux lecteurs des deux continents.
L’œuvre de ce hardi précurseur est, en effet, admirable.
Dès 1884, le docteur Joseph Rivière a posé dans sa thèse pour le doctorat en médecine tous les problèmes qui, depuis, ont été résolus ou acceptés comme d’un intérêt scientifique certain par les plus hautes sommités du monde savant.
Ces problèmes, le Dr Rivière, par une sorte de prescience et d’intuition merveilleuses que le génie seul peut expliquer, les a devinés et dressés d’un seul coup, grâce à la clarté de sa profonde intelligence.
Toutes les sciences, explique ce génial précurseur, ont entre elles un lien commun, la vérité, et c’est pour la recherche du vrai que l’esprit humain les emploie. Elles se prêtent dans ce but un mutuel concours, constituant un ensemble, un organisme où les lois se retrouvent avec tout leur caractère de généralité et d’unité.
Dans sa thèse inaugurale (Paris, avril 1884) le Dr Joseph Rivière mettait en évidence ce fait philosophique de la plus haute importance : la subordination des éléments de cet organisme, analogue à la subordination qui constitue l’échelle sociale.
C’est cette subordination des éléments de notre organisme qui a frappé le docteur Rivière.
Il est, pour sa part, convaincu que c’est seulement en s’adressant au chef, au régent, au système nerveux, à celui qui règne en maître sur tout l’organis¬
me, à celui à qui sont dévolues les plus nobles fonctions, que l’on sera certain de son intervention thérapeutique.
Sa conception positive de la nature de l’homme, l’amène à concevoir cette autre vérité scientifique confirmée depuis, la matière associée à sa force évolutive, pour expliquer la diversité des êtres, la transformation de la force et de la matière.
Synthétiser, après avoir scruté les faits naturels et palpables dans leurs moindres détails, procéder par induction, voilà les moyens de la découverte.
En médecine, les sciences que l’on appelle à tort accessoires, sont, au contraire, celles qui constituent le fondement, la base de la vraie méthode scientifique. On ne fait rien aujourd’hui en médecine sans avoir à appliquer ces sciences dites accessoires. De plus, l’étude approfondie des actes de l’organisme nous montre que si l’élément vital, c’est-à-dire cette force perfectionnée de la matière qui constitue la vie y domine, il tient aussi sous sa dépendance des phénomènes physico-chimiques, physico-mécaniques. Toutes les propriétés de la matière, et par conséquent, toutes les sciences, se retrouvent dans le corps humain, et c’est parce que la médecine actuelle fait un usage à peu près constant de ces données, qu’elle est scientifique. Il lui reste, pour être positive, à en faire un usage constant et à considérer l’organisme comme une hiérarchie d’éléments soumis à l’action nerveuse.
Les lois physiologiques, la croyance en la subordination des éléments de l’organisme, l’esprit de méthode par conséquent et les lois de l’hérédité et de l’adaptation pour expliquer les phénomènes, voilà, ce lui semble, l’avenir de la médecine.
Tout n’est que lutte d’éléments, et la conséquence c’est la subordination de ces éléments.
Nous voyons partout des causes phy-
sico-chimiques qui sont mises en jeu.
C’est toujours le mouvement engendrant ici, la cohésion, là, l’affinité, et enfin la vie.
L’examen fait par le Docteur Rivière des différentes doctrines et théories médicales le conduit à dire que toutes s’expliquent par la fonction nerveuse.
Il y a dans l’organisation sociale des cellules qui constituent l’économie humaine, une vaste association, une société, un état fonctionnant sous le régime autocratique par excellence. C’est comme toute une nation qui s’est organisée.
Mais de même qu’une nation ne pourrait se concevoir sans toute une organisation administrative, de même, la collectivité cellulaire a besoin, pour son fonctionnement régulier, de lois émanant de pouvoirs reconnus. Ces pouvoirs sont sous la dépendance du système nerveux. C’est lui qui régit l’ensemble, qui se charge de pourvoir à l’harmonie générale, et s’efforce de rétablir cette harmonie quand elle est détruite par les modifications extérieures.
Il serait, dans tous les cas, permis de supposer que lorsque le sytème nerveux n’existe pas, macroscopiquement ni microscopiquement, il existe tout de même en puissance, à l’état diffus.
Le sang, la partie liquide, n’a qu’une existence transitoire ; il peut, il est vrai, intoxiquer d’un coup l’organisme.
Mais si celui-ci a eu le temps et la force de réagir, le mal ne sera que passager, tandis que si la partie solide (l’élément nerveux pour le docteur Rivière) est atteint, le mal sera plus long à disparaître. Ici se rattache la question d’habitude, de l’adaptation; la fonction nerveuse met, heureusement, du temps à être déviée, mais aussi, une fois la déviation produite, les actes se reproduisent avec une facilité et un acharnement propres à rebuter les médecins les plus tenaces.
Le sang ne peut être modifié sans le secours des actes de la nutrition, qui sont comme tous les actes de l’économie, sous la dépendance immédiate de l’innervation, tandis que tout l’ensemblè peut être changé, à la condition de modifier l’influence nierveuse. Q’est ce
qui explique les succès inouïs de l’électrotliérapie qui 11e s’adresse qu’au dynamisme des nerfs et se borne à frapper aux portes du système nerveux.
Le médecin peut, à l’heure actuelle, être positivement certain des effets de son intervention, s’il conçoit bien la hiérarchie des éléments de l’organisme, s’il sait qu’il peut agir sur la partie sans agir sur l’ensemble, et que cet ensemble est gouverné par la puissance nerveuse.
Sous le mot de Névrarchie, le seul qui rende exactement sa pensée, le docteur Rivière montre le système nerveux présidant toutes les fonctions de l’organisme physiologique.
Si dans les Traités de nosologie on a voulu établir une distinction entre les maladies nerveuses et celles qui ne le sont pas, c’est que les manifestations du grand sympathique sont toujours plus profondes, plus cachées. Pourquoi des exceptions quand tout est lois générales dans la nature. Les exceptions ne sont là que provisoirement jusqu’à ce que par la synthèse et l’analyse exacte des faits, on vienne les en chasser.
Les diathèses ne constituent qu’une déviation des actes organiques amenée par une longue adaptation vicieuse, l”hérédité jouant évidemment le rôle le plus Important, puisqu’elle représente une influence en quelque sorte condensée.
Après l’hérédité on pourrait faire intervenir l’action du moral. C’est parce qu’il est partisan du rôle dominateur du système nerveux, que le docteur Rivière consacre, dans son travail, des pages à l’influence du moral sur le physique. Le médecin devrait tenir un compte aussi sérieux des modifications internes que des modifications externes. Le moral est, comme la maladie, une fonction nerveuse.
Il n’est pas jusqu’à l’action électrique qui ne vienne établir d’une façon péremptoire la prédominance du système nerveux.
La maladie, le plus souvent, n’est pas line entité, une abstraction, mais bien un acte normal devenu anormal chez le même sujet. Parce que le rôle maître du système nerveux dans l’économie à
rétiit hygide s’impose, il s’atlirme avec non moins de vraisemblance à l’état morbide.
On peut donc émettre la conclusion suivante: une maladie est un état anormal du fonctionnement de l’organisme dévié par des causes perturbatrices. Elle est un produit de peux facteuis. 1 01ganisme et l’étiologie.
L’état morbide est une modalité de la fonction nerveuse, tous les actes morbides qui constituent la maladie, pathogénie, symptômes, lésions sont toujours sous la dépendance de l’innervation, et, en dernière analyse, c’est également par le système nerveux que l’on a prise sur la maladie.
La maladie généralement est constituée par une déviation de Vaction nerveuse.
Le système nerveux qui domine en maître l’étiologie, l’évolution et les déterminations anatomiques de la maladie, est aussi l’agent auquel doivent s’adresser les efforts thérapeutiques. De même qu’il dirige l’état physiologique et pathologique, il dirige aussi la guérison. Comment intervenir? Deux sortes de moyens nous sont offerts : les moyens directs ou les moyens indirects.
Directement agissent Vél&dtricité, la lumière, la chaleur, le moral.
Les principes pharmaceutiques interviennent indirectement, en se faisant transporter par le sang qu’ils peuvent modifier primitivement. Dans tous les cas, c’est au système nerveux qu’il faut s’adresser; c’est par lui que l’on peut modifier la marche de la maladie, en atténuer la gravité.
En résumé, le docteur Rivière s’est efforcé, dans sa thèse inaugurale édifiant la doctrine médicale qu’il appela Nervisme, de faire ressortir en se basant sur le positivisme et l’évolution, l’idée :
Que l’organisme humain est dirigé par un pouvoir émanant du système nerveux, que ce pouvoir s’affirme et dans l’état physiologique et dans l’état pathologique, et au moment de l’intervention thérapeutique.
Dans sa thèse inaugurale où il édifiait la doctrine nerveuse « Nervisme » comme la « Névrarchie », action tyranni¬
que du système nerveux sur l'organisme humain, 'se basant sur des considérations physico-biologiqües d’ordre très élevé, le docteur Joseph Rivière affirmait la réalité de ces lois à peine entrevues même aujourd’hui : La transmutation de la matière et la transmutation de la force.
Cette magnifique prescience scientifique, le docteur Rivière, esprit à la fois analytique et scientifique, lui a donné, en quelque sorte, un corollaire, avec ses prévisions remarquables touchant les questions internationales. On peut dire, en ce qui concerne ses idées sur la Paix entre les peuples, qu’il fut en réalité le précurseur du Président Wison.
L(es fameux quatorze points de cet éminent homme d’Etat qui pouvaient être l’évangile de l’humanité nouvelle, de l’humanité heureuse, furent posés avant la guerre par le docteur Rivière. Déjà, en janvier 1905, il parlait de la nécessité de reconstituer les groupements nanurels et ethniques, ce qui fut fait à la conclusion de la paix. Le 11 mars de la même année, un certain nombre de médecins français et étrangers, pressentis antérieurement ipar le docteur Rivière à ce sujet, se réunissaient en vue d’une protestation de médecins contre les conflits armés. Il fondait par la suite l’Association médicale Internationale, dont le but est d’aider à la suppression de la guerre.
Mais le docteur A.- Joseph Rivière, n'a pas seulement dépensé ses forces, avec un noble désintéressement, aux grandes œuvres humanitaires, il est aussi le semeur d’idées, le grand initiateur qui révolutionna la thérapeutique des maladies aigües. A une époque où la médecine, désemparée, après avoir abjuré l’expérience clinique des anciens, ne s’en remettait plus qu’aux seules découvertes dues au microscope, le vaillant praticien osa présenter à l’Académie de Médecine son travail : Traitement abortif et curatif des maladies aigües, de lu typhoïde et de Vappendicite en particu-
lier , par le calomel, Veau et la chaleur , donnés d’une façon judicieuse, où chaque mot est une révélation et une théorie nouvelle. Idées et conceptions cliniques reconnues vraies aujourd’hui, qui furent jugées alors trop subversives. Le docteur Rivière les publia dans son journal scientifique : Les Annales de Physicothérapie (janvier 1901) et fit une communication au Congrès médical anglais « British Medical Association », communication qui fut reproduite dans British Medical Journal (1901).
Dans cet important travail doctrinaire, (janvier 1901), l’auteur avançait des faits absolument nouveaux, notamment que la flore intestinale était éminemment nocive. Il parlait et de l’origine univoque de la plupart des maladies aigües par insuffisance hépatique et de sa thérapeutique rationnelle. Toutes les idées nouvelles du jour (il faut entendre celles qui s’appliquent à la cause réelle des maladies, avec la diminution de la mortalité comme conséquence) sont développées dans ses autres travaux originaux :
Action des courants de haute fréquence et des effluves du Résonateur Oudin sur certaines tumeurs malignes et sur la Tuberculose (1900) (1);
Traitement de la Tuberculose par les courants de Haute Fréquence (1902);
Traitement hygiénique de l’Obésité par la Physicothérapie (avril 1902) ;
Aperçus de Philosophie et de Synthèse médicales (décembre 1902);
La Physicothérapie appliquée à la guérison du cancer (décembre 1903) (Académie de .Médecine) ;
Réflexions analytiques sur le cancer et son traitement Physicothérapique (décembre 1903);
Les trois-quarts des nourrissons malades meurent de soif. Le Calomel, la Chaleur et l’Eau, moyens héroïques à opposer à toutes les Maladies de l’Enfance (1er mars 1903);
(1) Cette importante communication, reproduite dans le C. R. des séances du premier Congrès International d’Electrologie et de Radiologie médicales, page 1773, Paris 1900, prouve bien que le Docteur Rivière est le père de la diothermie chirurgicale, comme de l’électroeoagulation et de la fulguration.
L’atmothérapie ou l’air envisagé comme agent physicothérapique (9 avril
Traitement de la Tuberculose par les courants de Haute Fréquence (1902);
Physicothérapie de l’artyiritisme.; (goutte, rhumatisme), juillet 1904);
Traitement abortif et curatif des formes graves de la Cholémie. (Ictère grave, bilieuse hématurique (fièvre jaune), par le moyen du calomel, de l’huile de ricin, de la chaleur et de l’eau (décembre 1902);
Physicothérapie de la neurasthénie (septembre 1904);
Un mot sur le moral dans les maladies et par l’inhumation précipitée;
Notre opinion sur le microbe du Cancer, suivie de considérations philosophiques sur notre Théorie de la Névrarchie et notre doctrine du Nervisme (janvier
Un cas probant de guérison de sarcome profond par la Physicothérapie janvier 1905);
Electrothérapie. — Les bains thermo-lumineux. — Les bains d’acide carbonique. — Les bains hydro-électriques.
* — Le Médecin et la Guerre. — Comment diminuer la mortalité opératoire. — Justes revendications (juillet 1905);
L’Ozonothérapie (avril 1905) ;
Considérations sur la véritable étiologie de la Tuberculose et sur son traitement physicothérapique (1905);
Physicothérapie de la scoliose. — Considérations sur le régime alimentaire rationnel (octobre 1906) ;
Les Agents physiques en rapport avec l’hygiène scolaire (1905);
Physicothérapie et physiothérapie; La chaleur envisagée comme agent physicothérapique (1906);
Kinésithérapie. — La gymnastique rationnelle (1906) ;
La Physicothérapie considérée dans ses rapports avec îa médecine générale (1905);
La Tuberculose considérée comme maladie endogène (1er juin 1907);
Effluves et étincelles de haute fréquence dans le traitement des tumeurs malignes (oct. 1907);
.Effluves et étincelles de haute fré-
quence par la cure rationnelle des tumeurs malignes; Artériosclérose et Physiothérapie. Physicothérapie de la croissance (janvier 1908);
Physicothérapie des maladies du tube digestif (1908);
Physicothérapie de la neurasthénie ( Gazette Médicale de Paris, 11 ianvier 1911);
Cytolyse alto-fréquente du cancer. — Notre traitement des tumeurs malignes par les étincelles et les effluves de haute fréquence, appelé depuis « Fulguration ». ( Gazette Médicale de Paris, mars 1909);
Cytolyse alto-fréquente et « Fulguration » du cancer ( Gazette Médicale de Paris, avril 1909);
Traitement des tumeurs malignes par les étincelles et effluves de haute fréquence « Fulguration ». ( Annales d’Electrobiologie et Gazette Médicale de Paris (janvier 1909);
. Tube digestif et physicothérapie ( Gazette Médicale de Paris, octobre 1908);
Le traitement de l’artériosclérose par la physicothérapie ( Gazette Médicale de Paris, (février 19i08) — Annales d’Electrobiologie et de Radiologie ^janvier 1908);
Hygiène et éducation du système nerveux chez l’écolier (1910);
Haute Fréquence et néoplasmes (1910);
Physicothérapie de la goutte ( Gazette Médicale de Paris, avril 1910);
Importance de la physicothérapie en gynécologie (1910);
Physicothérapie du diabète (1913);
La Physicothérapie du cancer {Annales d Electrobiologie et de Radiologie, septembre 1913-octobre 1913);
Physicothérapie de la Tuberculose (■ Annales d’ Electrobiologie et de Radiologie);
Physicothérapie de l’estomac, de l’intestin, du foie, de la peau. Physicothérapie gynécologique;
Esquisses Cliniques de Physicothérapie (traité complet, 1912); etc..., etc..
Dans Action des courants de haute fréquence sur les tumeurs malignes cl sur la tuberculose (1900), la Physicofhérapie appliquée ù la guérison du
cancer, communication faite à l'Académie de Médecine (8 décembre 1903), il est établi de façon indiscutable que l’éminent praticien a été aussi le premier à parler de cette thérapeutique nouvelle des tumeurs malignes par l’énergie de haute fréquence dans toutes ses modalités; de même qu’il fut le premier à présenter des cas de cancer histologiquement diagnostiqués et guéris par les rayons Rœntgen. Il eut aussi le premier l’idée d’appliquer le radium dans la thérapeutique des tumeurs malignes.
On a voulu prétendre, dans ces derniers temps, que la méthode des doses massives, en radiothérapie (doses poussées jusqu’à la radiodermité) était une méthode nouvelle, essentiellement allemande.
Le docteur Rivière, dans son travail la Radiothérapie intensive du Cancer (Paris, 15 mars 1922), a démontré nettement le contraire. Sa méthode reste celle qui donne les meilleurs résultats et l’usage actuel d’appareils plus puissants constitue, non pas une méthode neuve, mais une modalité, un simple procédé d’application.
La méthode du Docteur Rivière fut tobre 1907), Electro-Coagulation , par Pozzi. (Congrès de chirurgie, Paris, octobre 1907), Electro-Corgulation, par Doyen, Dessication et Diuthermie Chirurgicale par les Américains.
Un indiscutable témoignage est celui du Dr Jean Bouchon, chirurgien de haute valeur, qui écrivait dans YEffort Colonial, du 16 février 1922, à propos d’un article où cet organe demandait la création d’un comité technique ayant pour mission officielle d’entendre les docteurs J. Rivière et J.
Bouchon et de vérifier leurs expériences.
« Votre estimé journal, écrivait le D1 J. Bouchon au rédacteur en chef, n’a pas, dans cet article, mis ses lecteurs au courant exact des faits, aussi je me permets aujourd’hui de vous adresser cette lettre, où je voudrais rendre à César ce qui est à César et à l’éminent Dr Rivière ce qui appartient à mon vaillant collègue.
« Seul le Dr Rivière a qualité pour
mériter le prix offert par lord Atholotan, de Montréal. Le Dr Rivière* depuis plus d’un quart de siècle* a consacré son activité et j’affirme bien haut son génie, due son extrême modestie eii souffrir, au traitement de tous les cancers par les moyens physiques.
« Rivière a été pour le cancer ce que Pasteur a été pour la bactériologie» Et il est de notre devoir à nous, chirurgiens rentrant de la guerre, de Commencer une campagne active pour réhabiliter la science française non seu-
[ement chez lès étrangers* mais surtout chez îioS compatriotes.
« Votre grand confrère Le Temps , a publié récemment un article très documenté sur « l’Œuvre du Dr Joseph Rivière» » On est stupéfait* quand on est du métier* dé constater la grandeur du monument scientifique construit par Rivière qui, depuis plus de vingt-cinq ans, a jeté au vent, comme un semeur d’idées, des grains qui, tombés dans les cerveaux de tous les savants du monde entier, ont germé pour le plus grand bien des malades. Les idées directives de Rivière ont germé en particulier dans le cerveau génial du chirurgien Doyen; et comme j’ai vécu, comme collaborateur et acteur cette phase de germination, j’ai peut-être qualité pour en parler aujourd’hui.
« ...Doyen m’a répété maintes fois dans l’intimité scientifique qui nous unissait alors : « Si j’avais trouvé pour le cancer et les maladies la centième partie des découvertes de Rivière, je serais devenu le Pasteur du vingtième siècle. »
« Vos lecteurs, Monsieur le Rédacteur en chef, établiront le corollaire logique, de cette affirmation : le Docteur Rivière est devenu le Pasteur de la Thérapeutique contemporaine... »
Non seulement le docteur Rivière a publié de nombreux ouvrages sur le traitement des maladies par les agents naturels, mais il dirige depuis de longues années les Annales de Physicothévapie qui font aujourd’hui autorité dans le monde médical. Surtout, il s’est montré clinicien admirable, en fondant l’Institut Physicothérapique de Paris, devenu l’un des établissements de cure les
plus justement renommés de la capitale.
Les originales théories du docteur Rivière isür la matérialisation de la force, la contagion de l’idée sont maintenant bien connues* d'ans un grand nombre de questions, la psychologie, la psychiatrie et la physiologie sont, grâce à lui, apparues inséparables. Le grand physicothérapeute qui* depuis plus d’un demi-siècle, étudie les corrélations de la physique et de l’organisme humain, a donné son opinion à propos des phénomènes métapsychiques à l’ordre du jour, dans l’Effort Colonial du 23 février 1922 i
« Tous ces phénomènes métapsychiques, comme je n’ai cessé de le répéter et de l’écrirë, sont purement d’ordre physico-biologique, il n’est nullement nécessaire, pour les expliquer, dé faire intervenir une force mystérieuse et, à plus forte raison, les esprits... »
Après un long et savant commentaire des phénomènes en question, le Docteur Rivière concluait ainsi qu’il suit :
« En ce qui concerne les phénomènes du médiumnisme, il s’agit toujours de phénomènes bio-dynamiques, d’ondes neuriques dont les dimensions sont infinitésimales — variables d’ailleurs selon les conditions d’expérience et la capacité du sujet transmetteur. — Il appartient aux savants qui ont nom Richet, d’Arsonval, Branly, Nordman, etc... de mesurer et d’étudier ces ondes.
« L’organisme humain, avec ses nerfs conducteurs, ses centres cérébraux, médullaires et ceux du grand sympathique, ses papilles nerveuses, véritables antennes reliées à des eohéreurs, explique facilement tous ces phénomènes.
« La perfection de l’économie animale, véritable synthèse des forces et des lois naturelles, l’énergie radiante de la cellule vivante et même des micelles avec leurs mouvements browniens inversibles, les condensateurs, solénoïdes, transformateurs et appareils de trans mission disposés à la surface de notre corps — poils, papilles nerveuses — suffisent à tout expliquer. «
Cette importante affirmation du Doc-
teur Rivière que « les phénomènes métapsychiques sont purement d’ordre physico-biologique », a été répétée par lui dans une déclaration faite au Matin (n° du 18 février 1924), à la suite d’une enquête menée par ce grand organe sur les phénomènes métapsychiques ; — de laquelle enquête il résulte que plusieurs savants autorisés semblent aujourd’hui renoncer définitivement à l’hypothèse de la « force surnaturelle » pour l’explication des divers phénomènes médiumniques.
A cet égard, le Docteur Rivière rappelait ce qu’il a écrit dans les Annales de Physicothérapie de janvier 1905 : « La force vitale qui imprègne l’organisme entier, qui est condensée en certains points, dont les voies de communication sont le système nerveux, est en contact direct avec le milieu cosmique, au point que des échanges fluidiques s’opèrent constamment, non seulement d’organisme à organisme, de l’organisme aux corps qui l’environnent, mais encore de l’organisme au milieu fluidique lui-même... »
Il expliquait aussi comment l’être humain, électrisé, en quelque sorte, par une idée, peut, dans certaines conditions de conviction, s’assimiler et accumuler l’énergie ambiante, aimanter, amorcer, ou, au contraire, annihiler, un autre être humain, son semblable, au point de F animer, de l’entraîner, de l’enflammer ou, au contraire, de le neutraliser, de le paralyser. Dans ces conditions d’activité intensifiée, il dévient lumineux et se revêt parfois d’auréoles.
Voici, du reste, ce qu’écrivait le Docteur Rivière dans les Annales de Physicothérapie de janvier 1914 sous ce titre : V Aimantation universelle < :
« Cette force unique régente l’Univers ; c’est elle qui oriente et associe atomes et cellules ; elle est à la base de tout phénomène naturel. La matière, qui n’est autre que de l’énergie condensée ou accumulée, n’est de nature et de qualité différentes que parce qu’elle est fonction de l’ambiance. La cohésion, j’entends le mode d’orientation polaire, la coordination avec comme conséquence, la subordination des éléments, suffit
à tout expliquer. La pluralité des phénomènes tient aux conditions multiples dans lesquelles les particules matérielles se rencontrent. L’esprit de synthèse, joint à une intuition naturelle, permet de concevoir le tout; et certains êtres privilégiés, ou placés dans des conditions physico-physiologiques spéciales, sont plus directement en contact, non seulement avec l’ambiance, mais avec l’Univers. Ils sont prescients, ressentent les influences à des distances immenses, rayonnent leur propre énergie et vont jusqu’à voir celle des autres.
« ...Dans des conditions spéciales que j’ai indiquées dans des travaux datant de plus de vingt ans, les organismes, l’être humain en particulier, assimilent ou inhibent les forces ambiantes. Les sens sont les voies de contact qui permettent les actes fluidiques à distance.
« Les phénomènes réalisés par les soi-disants spirites sont vrais et relèvent des pures lois physiques. Il s’agit ici encore d’aimantation à distance. Chaque cellule des organismes en action influence à distance les particules de l’atmosphère, les accumule au point symétrique et réalise ainsi des forces matérielles, nettes ou confuses, selon la participation d’un seul sujet ou de plusieurs acteurs, mus par la même conviction et disposés en série circulaire pour favoriser le parcours magnétique. Nous retrouvons ici les effets d’influence, d’induction, l’action des courants sur les courants, des aimants sur les aimants, des accumulateurs, polarisation, etc...
« L’obscurité permet de voir la force neurique accumulée, la conviction associée ou non à l’hypnose et la force motrice nécessaire.
« Toutes ces idées ont été émises par nous, en différentes occasions, depuis bientôt trente ans. »
Les conclusions du bel article paru dans le Matin, du 24 février 1924, sont les suivantes :
« Les transformations succesives de force en matière et de matière en force, écrivait le Docteur Rivière, sont des phénomènes qui se passent sans cesse sous les yeux de l’observateur de la nature.
Cette conception, prétendue matérialiste, représente en réalité l’idée la plus juste et la plus élevée que l’homme puisse se faire de la divinité.
« ....Le vieux proverbe : « La foi soulève les montagnes, » exprime le réel et invincible pouvoir de la force individuelle et collective, magnifiée par la conviction. Des neuro-électromètres ultra-sensibles pourront peut-être bientôt déceler et enregistrer les ondes les plus subtiles de l’énergie neurique; mais seule, la pensée ou l’idée détient un pouvoir dynamique suffisant pour pénétrer l’infini.
« Il n’y a nulle part de cloison étanche : tout se pénètre, se confond, se commande et se poursuit dans une inexorable logique.
« La transmutation d’une même force, appelée cohésion, affinité, matière, chaleur, lumière, mouvement, électricité, magnétisme, aboutissant au potentiel psychoneurique radiant, nous explique les fantômes, l’ectoplasmie, la cryptesthésie, la télékinésie, bref toute la « métapsychique » de Richet, comme la prémonition, l’introspection, la prévision, le pressentiment, la prescience, ainsi que les bienfaits de la prière qui permet l’intimité de l’être humain avec la Providence, raison universelle ».
' Depuis* l’inoubliable et grandiose manifestation réunissant plus de 150 médecins, qui consacrait déjà, le 18 octobre 1903, à l’Hôtel du Palais d’Orsav, à l’occasion de sa nomination de chevalier de la Légion d’Honneur, sa notoriété toujours grandissante, l’œuvre originale du Docteur A. -Joseph Rivière a marqué dans la science française une étape prodigieusement féconde, et sa doctrine de l’organisme humain dirigé par un pouvoir émanant du système nerveux, n’a cessé de s’affirmer victorieusement.
Rappelons que le Docteur Rivière, qui porte aujourd’hui la rosette de la Légion d’honneur, a fait, en 1926, un voyage d’études aux Etats-Unis. La presse américaine, comme les lettres émanant de sommités médicales de ce pays sont excessivement élogieuses au sujet de l’apostolat exercé par le Docteur Rivière
dans le long voyage qu’il lit du 0 septembre 1926 au 29 janvier 1927, à travers les Etats et toutes les grandes villes des Etats-Unis au sujet de son organisation mondiale pour supprimer les conflits armés entre Nations en même temps que ses confrères américains lui conféraient comme autrefois ceux de France et d’Angleterre, le titre de pionnier de la Physicothérapie et le nommaient membre honoraire de plusieurs de leurs sociétés médicales et de leur Association Fraternelle.
De passage ensuite à Montréal, le Docteur Rivière assistait et présentait des communications aux Congrès Américains d’Electrothérapie, à l’Académie américaine de Physicothérapie, et devant l’Association américaine d’Obstétrique et de Gynécologie ' dont il était l’invité d’honneur, il fut, par la même occasion, fait membre honoraire de ces sociétés scientifiques (1).
Ces marques de sympathie francoaméricaine affirmées avec tant d’éclat sont particulièrement touchantes et réconfortantes. A la lumière des dates et des faits, le Dr Joseph Rivière nous apparaît dans différentes branches de l’activité intellectuelle, comme un précurseur doué de prescience et d’intuition merveilleuses. On peut dire qu’il a été un prophète de l’évolution internationale. Il est permis de penser que, grâce à son active propagande de tous les instants faite, le plus souvent, aux dépens de ses intérêts, sa conception d’une union de la France, de l’Amérique et de l’Angleterre, pour assurer la
(1) Le Secrétaire de cette dernière Association lui écrivait, dans une lettre qu’un heureux hasard a placée sous nos yeux :
« Cher Docteur Rivière,
« J’ai l’honneur et le plaisir de vous informer que, comme suite à la proposition unanime du Conseil Exécutif de l’ Association Américaine des Obstétriciens, Gynécologistes et Chirurgiens abdominaux et à la ratification postérieure de cette proposition, vous êtes élu Membre Honoraire de l’Association,
« Votre présence à notre réunion et votre participation à notre programme nous furent un grand honneur. Nous nous rappellerons toujours vos aimables mots de félicitations et d’estime, et nous sommes persuadés que votre présence parmi nous nous a fait mieux aimer la France et a servi ainsi très gracieusement le programme de notre réunion. y>
paix <lu inonde au sein d’une organisation internationale des peuples ne peut tarder à se réaliser.
Un novateur dans le domaine des sciences physiques et de la philosophie naturelle, un clinicien merveilleux, un semeur d’idées, un « préVisionnaire », un bienfaiteur de l’humanité, tel s’impose aujourd’hui, en définitive, le Dr Joseph Rivière, dans la plénitude et la grandeur de son œuvre.
Grâce à lui un pas de géant a été fait par la science française dans le champ vaste et fertile de la thérapeutique médicale. Nulle question n’est restée étrangère à cet esprit singulièrement actif, dont la clairvoyance égale la solidarité; nul problème, même parmi les plus audacieux et les plus controversés, n’a sollicité en vain ses belles facultés intuitives, son intelligence remarquablement!
équilibrée et lucide, associée constamment au noble souci de la recherche du Vrai et du Bien.
Dans la phalange privilégiée des « prévisionnaires », le docteur A.-Joseph Rivière tient une place incontestée et incontestable, une place de choix. Ce « découvreur », ce Christophe Colomb de la pensée a été pour la médecine et pour tout ce qui de près ou de loin se rapporte à cette science trop circonscrite au microscope et au bistouri, un « prévisionnaire » comme Jules Verlies l’a été pour les découvertes mécaniques. Véritable pionnier de l’évolution humaine dans ses plus utiles manifestations, savant altruiste travaillant poulie bien de l’humanité tout entière, son noble labeur aide au développement, à la marche ascendante de cette humanité qui lutte et qui souffre vers la lumière et le progrès indéfini.
C’est pour nous, disons-le hautement, line joie et une fierté de rendre aujourd’hui Un nouvel hommage à ce savant trop modeste, ce maître de la thérapeutique moderne, l’une des pures lumières scientifiques de notre temps.
Dr Jean Bachelier,
Ancien Interne des Hôpitaux de Paris.
eTndochine
La liaison entre Vientiane, Luang- Prabang et Banhoueisai aux confins du Laos, de la Birmanie et du Siam, vient d’être effectuée sur le Mékong par le Résident de France au Luang-Prabang et le prince Chao-Pethsarath, au moyen d’une pirogue à moteur de vingt chevaux. Le parcours entre Ventiane et Luang-Prabang a été effectué en trentesix heures de marche effective malgré les basses eaux, au lieu des trente jours nécessaires à cette époque avec des pirogues ordinaires. Partis de Luang- Prabang, le 5 juin, les voyageurs sont arrivés à Banhoueisai, le 7 juin en vingtsept heures de marche effective au lieu des quatorze jours habituels.
c Maroc
Interrogé sur la situation au Maroc, le résident général a déclaré :
« Je n’ai rien à ajouter à ce que j’ai dit au Conseil du gouvernement, à Rabat. Je ne puis que répéter ce que j’ai affirmé avec force : point de projets d’action de force, qui seraient en contradiction avec les directives gouvernementales et qui pourraient nous entraîner dans les pires aventures.
« Là surprise du 8 juin à Aït-Ycoub a pu sembler devoir compromettre les résultats d’une occupation pacifique. Il n’en est rien. L’incident, très localisé, n’aura aucune répercussion fâcheuse.
D’ailleurs, un évènement plus récent a montré le caractère purement épisodique de l’affaire d’Aït-Yacoub. C’est la soumission d’Aïd ou Mribet, qui enlève aux dissidents du Sud plus de trois mille familles.
« N’ayons donc aucune inquiétude.
Notre situation au Maroc reste ce qu’elle était, particulièrement bien assise.
La France y poursuit toujours son idéal, quelles que soient les difficultés de la route.
« Economiquement, contiua M. Saint, la situation est bonne. Malgré les chaleurs, la récolte sera des plus honorables. »
X *m Soçtté il Wmwwîmm de t®, Science Médicale
M . & MMK Geokoeh MEHZBÜCH
De nombreux volumes ont été publiés, depuis une soixantaine d’années — depuis le professeur Grancher dont tas travaux, de 1872 à 1878, introduisirent dans la science les opinions du professeur allemand Virchow qui, d’accord avec le Français Laënnec, considérait comme un axiome que « la possibilité de guérir la phtisie au premier degré était une illusion ».
Alors que les idées de Laënnec avaient malheureusement abouti à l’abandon de milliers de tuberculeux, les idées nouvelles de Grancher qui furent très rapidement adoptées par l’Ecole anatomopathologique française, furent le point de départ de l’empirisme contemporain qui a obtenu et obtient encore le sauvetage de ces malades.
Dès 1882, époque de la découverte du bacille, la théorie française élargit ses conquêtes et l’on put poser en principe que même vis-à-vis de la tuberculose, le terrain était tout et que la nature était capable de toutes les résistances, si la médecine savait l’aider.
A la louange de certains philanthropes, il faut dire que l’initiative privée, en dehors de l’Etat, a créé et crée un peu partout des œuvres capables des plus heureux résultats.
C’est ainsi que, récemment, l’Académie de Médecine était autorisée par décret à accepter la donation entre vifs qui lui avait été consentie par M. et Mme George* Merzbach, d’une somme de 1 00.000 francs, pour en employer les arrérages à la fondation d’un prix à décerner tous les deux ans à un travail¬
leur ou à un groupe de collaborateurs poursuivant des recherches sur la tuberculose pulmonaire.
Les conquêtes de la science ont fait parfois sur d’autres terrains de véritables révolutions : des savants modestes et timides ont rendu dans leurs laboratoires d’immenses bienfaits à leur pays et au monde entier. Et presque toujours — mais généralement longtemps après ou même après leur mort - on s’apercevait que ces hommes vivaient dans une détresse complète, consacrant généralement aux frais occasionnés par leurs recherches la presque totalité de toutes les ressources qu’ils recevaient de leur profession libérale.
Puisse le geste généreux de M. et Mme Georges Merzbach issu d’un sentiment intime profondément délicat et du souvenir impérissable d’un être chéri, recueillir le résultat espéré, c’est-à-dire, l’introduction dans les méthodes de traitement de l’épouvantable fléau, en dehors même de ce que la science a pu fournir jusqu’à présent, des éléments nouveaux qui viennent consolider et développer nos forces dé destruction de l’horrible mal, jamais assez nombreuses et jamais assez efficaces.
Geste qui mérite d’être inscrit au Livre d’Or de la philanthropie !
Bel exemple à suivre et qui ne peut que susciter l’admiration de tous les nobles cœurs !
Dr Jean Bachelier, Ancien Interne des Hôpitaux de Paris .
Le Livre cTOr des Stations Thermales, Climatiques et Balnéaires
Cau terets
La grande Station française des affections de la gorge, des bronches et des voies respiratoires
Cauterets, dont il’accès est aujourd’hui rendu facile et des plus pittoresques par une voie électrique, est au centre d’une des plus belles vallées pyrénéennes, à 932 mètres d’altitude, à quelques kilomètres de la frontière d’Espagne.
Cauterets est le terminus de Paris- Pyrénées Express par Bordeaux, Dax, Pau, Lourdes.
Entourée d’une majestueuse ceinture de montagnes, de près de 3.000 mètres, et par elles protégée des courants, des pluies et des brouillards qui occupent les hautes cimes, la station a une température douce, plutôt fraîche; l’air y est sec, pur, lumineux, imprégné d’émanations balsamiques ; le climat en est essentiellement sédatif et tempérant pour les arthritiques, les surmenés, nerveux ; au contraire, les lymphatiques et les anémiés ressentent son action tonique et stimulante.
La saison y dure du 15 mai au 15 octobre. Ce qui domine l’étude de cette station c’est, d’une part, la nature de ses eaux, renfermant le soufre sous sa forme la plus stable de composés sulfurés non oxydés, leur isothermalité, leur abondance, leur mode d’utilisation ; c’est, d’autre part, son altitude moyenne, qui en fait une station climatique très recherchée.
Les eaux sont à 37°, (température moyenne de 35° à 44°), idéale, permettant de les employer telles, vierges de toute addition. Limpides, incolores, d’une saveur et d’une odeur faiblement sulfhydriquée, ce sont des eaux sulfurées sodiques. Elles contiennent aussi beaucoup de silice.
Radio-actives, elles contiennent de la barégine ou glairine et des gaz rares.
Cauterets est d’une richesse sulfurée unique au monde. Deux sources, fournissant un débit de près de deux millions de litres par jour, sont captées dans le voisinage de l’établissement qui les utilise.
Selon leur point d’émergence, les sources se divisent en deux groupes:
1) Groupe du Nord, groupe schisteux ou de César ;
2) Groupe du Sud, groupe granitique ou de la Raillère.
Dans le groupe du Nord on trouve :
1. les Thermes de César avec eau d’inhalation individuelle; 2. les Néo-Thermes de César ; 3. le Pauze Vieux, dont l’eau est utilisée dans le traitement des dermatoses.
Dans le Groupe du Sud, se rencontrent : 1. La Raillère, où furent découverts l’argon et l’hélium et qui a posé Cauterets connue station de la gorge; 2. Maubouret; 3. le Pré- Vieux; 4. le Bois; 5. les Thermes du Petit-Sauveur; 6. les Œufs, dont la source est utilisée au centre de la ville avec hydrothérapie complète, vaste piscine à eau sulfurée courante.
La pratique thermale à Cauterets, comprend :
1. La boisson avec élimination des produits sulfurés par la muqueuse rhino-bronchique;
2. Les procédés portant l’eau directement au contact de la muqueuse : gargarisme, le humage, procédé parfait de cure et très employé; les pulvérisations; les douches pharyngées, nasales et ré-
tro-nasales ; enfin les insufflations tubotyinpaniques ;