I.AUHETTE, apres l'avoir reganlé
Atll mon Dieu ! que vous (^tcs laid !
PASQÜIN.
Pourtant je sais une Fille,
Une Hile assez gentille,
Qui pour moi se mewl d'amour.
LAURETTE
En soignant sa basse-cour !
PASQUIN
Non, vraiment, mademoiaeUe;
Ce n'est pas là- son état.
’ LAURETTE
Et quelle est donc cette belle?
PASQUIN
La Fille d’un podestat!
L’insolent! l'insolent!
PASQUlti.
Calmez cette colère I Et puis après,
D’un œil moins sévère,
Et d’un peu plus près.
Voyez ma ligure...
Voyez ma tournure!
(Ss pavanaut ridiciileiDenl devant elle.) Suis-je toujours laid 7 LAURETTE.
Oui, je vous le jure.
PASQUIN, étant son tandcaii de dessus son oeil. Suis-je toujours laid ?
LAURETTE
Dieu I .celte Figure!...
Silvio!... c’était toi!.. .
PASQUIN
Oui vraiment... c’est bien moi!
SCKNK VIII
ICNSEMBLi:.
Dans mes bras je presse Ma chère niaitrcssei A toi ma tendresse!
A toi tout mou cœurl Après longue absence,
Amour et constance.
Voilà l’espérance.
Voilà le bonheur !
L AU RETTE
Dans ses bras il presse Sa chère maîtresse!
A moi sa tendresse!
A moi tout SOI) cœur!
Après longue absence.
Amour et constance,
Voilà l’espérance.
Voilà le bonheur!
LAURETTE
Mais, cher amant, ici. que viens-tiu faire?
SILVIO^ dramaliquement.
Je viens chercher Hermione en ces lieui,
La fléchir, l’enlever ou mourir à ses jeuxl... LAURETTE. '
0 ciel! quel projet téméraire!...
SILVIO
Viens, suis-moi, là-bas est le bonheur !
Et tous deux nous vivrons cœur à -cœur!
LAURETTE
Douce parole qyi m’enivre!
Charmant projet! riant espoirl...
Mais, hélas!... le cruel devoir Ici me défend de te suivre. .
SILVIO, reatraÎDant.
Mais le bonheur I...
LAURETTE^ rcsistanl.
Oui, mais l’honneur). ..
SILVIO, l'entrainant.
Mais le malheur!...
LK OOCTËUH MIHàCLë
LAORETTE) rêsiilanl.
Mais la pudeur !...
(CbangeiDt de ton.)
Ah babl... tant pis... eolëve-moi I...
Tant pis, ma fui !...
J'ai fait assez de résistance,
Et beaucoup de filles, je pense.
En auraient fait bien moins que moi |...
ENSEMBLE
SILVIO
bans mes bras je presse, etc.
LAURETTE
Dans ses bras il presse, etc.
SILVIO
Allons, fuyons, partons!...
(il I i'iilcic Jau» tes bras comme un entant, et Ta pour sortir. — Le Pudeslat entre.)