SCÈNE IV
FABIEN, dans le cachot inférieur.
(On voit remuer la paille éteniue derrière le pilier, dans le cachot inférieur; et bientôt Fabien, pâle, défait, se met sur son séant, passe la main sur son Dont, et se lève péniblement. Il va prendre la lampe, s’approche de l’ouverture pratiquée au fond, se hausse, approche la lumière contre les barreaux, regarde, écoute, puis s éloigne découragé, et va replacer la lampe à gauche sur une pierre.)
{Secouant tristement la tête.) Rien! rien! ( grelottant de froid)
l’humidité de la terre a pénétré mes vôtemens... j’ai demandé un peu de paille pour remplacer celle ci, eton in'a réponduque ça coûtait MOpcher... de 1 i paille!... On sert bien votre haine et votre vengeance, Madam- la marquée .. mieux valait me lai.-ser mourir... que m'entener vivant ici . Quand je croyais acheter le pirdon de Pauline pa r mon exil, c es' dans une lunhc quoi me jetait! Ah! pourquoi me pl indre?. i i lt mort viendra plus vile... M is Pauline... qo esi-c' c devenue? [chauffant scs mains à la lampe.) Mes membres sont glacé-, .. tout mon sang a remonté... la... à mon ( erveau qui brûle!, . Dieu tout puissant !... ne permettez pas que ma rai-ori succombe à tant de souffrance, avant qu André ne soi t revenu... Mais dois-je l’attendre?... Ce que jo prends pour un souvenir , n'est ce pas seulement un rêve?. . J’en suis venu à douter de tout, de ma mémoire, rie ma pens e, de mon existence!... Ht cependant... non... je me rappel'e bien qu'hier, j etais assis là . la ,. quand un* voix a frappé mon oreille, .. et celte voix... c’é aitcell-* d'André... d'André qui travaillait dans celle sombre galerie. [Il indique l'ouverture ) Je l'ai appelé .. je lui ai crié mon nom,... et il ne comprenait pas que dos enlr«illes de la terre sortit la voix d’un homme !.. Et il jl urait, le («livre enfant... [Ecout-mt encore.) Itien... rien.... [Ri tombant « ccnblé .) André ne reviendra pas. [Ici une pierre tombe de l'oucerlur- ; à cette pic re est attaché un papier.) Qu est-ce que cela ?...(// ramage la pierre, m détache le papic.) Une lettre de lui... Oui .. oh! merci. André! merci. mon Dieu!..
(Il ouvre la lettre en tremblant. Au même moment, dans la partie supérieure de g niche, le guichetier descend (escalier, il lient un pam et une cruche; il soulève la dalle et disparaît par l'ouverture que cachait cette dalle.)
Fabien, lisant près de la lampe, pendant que le guichetier descend
dans l’intérieur.
« Alon cher bienfaiteur, je ne sa s si je pourrai parvenir jus- » qu’à vous... Tout Paris c-t en arme-s tt I on tire sur qnicon-
* que approcha des f ssé< de la Bastille. . . p mrlant cette lettre
• vous arrivera... ou ils me tuoro >t ! ..» — Bon André ! — ( Con ti' iiant.) « J’, i f ut ce que vous m avez comman lé.... je suis » allé a l’hôtel de la Reynerie... La tue était encombrée par une
• foute de - ens en h 'b ta de deuil... la porte était tendue de » noir ... [D’une v ix plus troublé- ) un prêtre priait près d'un cor-
* eue I recouve t de velours et d armoiries .. Je demandai qui » était mort dans la maison, e< on me répondit.... »
(La porto s’ouv e brusquement, et le guichetier paraît. Fabien n’a que le temps de cacher sa lettre.)
SCKHE V.
FABIEN, le guichetier.
LE guichetier, déposant le pain et la cruche sur le banc de pierre.
FABIEN
Merci...
LE guichetier, sévèrement.
Hier... pendant qu’un ouvrier travaillait dans cette galerie [Il indique l'ouverture ), vous vous approché de cette ouverture... la sentinel'e a aperçu la lumière d* voue lampe... dont vous aviez fait un signal... (Saisissai t la lampe.) cia ne vous arrivera plus! Fabien , épouvanté.
Qu’alltz-vous faire?
LE GUICHETIER
Emporter cette lampe; c’est l’ordre du gouverneur.
FABIEN, tombant à genoux.
Oh! non!., pas maintenant!., oh! par grâce!., par pitié!..
LE GUICHETIER
On ne sait qu’obéir ici...
[Il éteint la lampe, sort et ferme la porte. La plus complète obscurité règne dans le cachot .)