L. p., septembre
3. Mémoires pour VUniccrsitè de Paris. — Rèponsf par les chirurgiens de Saint-Côme.
nirgiens tinrent bon et en 1726, trois chaires sur cinq furent ouvertes \
La lutte prit en même temps une nouvelle forme. Au lieu de se battre à coup de mémoires juridiques et d'exploits, les deux parties mirent le public dans la confidence de leurs dissensions et se lancèrent à la tête une foule de brochures et de libelles.
Un des chirurgiens les plus en renom, Petit, avait publié un Traité sur les maladies des os. Le doyen de la Faculté, Andry, fit du livre une critique acerbe et attaqua à cette occasion tous les chirurgiens, leur déniant le droit de s'occuper de médecine et la science nécessaire pour en parler. La chirurgie est la sujette de la médecine, dit-il ; les chirurgiens ont reconnu depuis longtemps l'infériorité de leur profession, car ils peignent sur leurs enseignes deux
1. Lettre d'un chirurgien à un apothicaire, 1726. — Problème philosophique si c'est par zèle ou par jalousie que les médecins s'opposent à l'établissement de cinq démonstrateurs (parMédalon). — Mèmoirepourlçs doyen et docteurs régents de la Faculté. — Arrêt du Conseil du 3 Jèi:rier qui maintint les lettres patentes en renvoyant les parties devant le Parlement.
docteurs en grand costume robe rouge, hermine et bonnet .
Dans un autre pamphlet, écrit avec esprit, Le chii'urgien-inédeciii\ un second docteur se moqua de l'ignorance des chirurgiens. Sur 400 ou 500 d'entre eux existant à Paris, affîrma-t-il, on n'en compte guère 20 ou 30 sachant leur art ; le reste est composé de fraters qui ont passé douze ans de leur vie à faire la barbe et à accrocher les auvents à la boutique de leur patron. Tous cependant ont la prétention de pratiquer la médecine ^
Un chirurgien répondit et se moqua de l'ignorance des étudiants en médecine, plus souvent occupés qu'il ne convenait, à se délasser, en compagnie des docteurs, au cabaret du Petit père noir^.
1. Par A. R. D. C. M. (attribué à Reneaume de la la Garanne;.
2. En 1743 il y avait 300 maîtres et 150 non maîtres, 40 maîtres barbiers et autant de non maîtres, 714 perruquiers, non compris ceux des lieux privilégiés. Quant aux médecins de la Faculté, on en comptait 107, dont quelques-uns n'exerçaient pas et 20 médecins privilégiés (Obscrrations sur l'écrit intitule: Rcjlexions sur la Déclaration du 23 avril 1743).