‹ Le Docteur QuesnayChapitre 26 sur 128 · Mai · texte numérisé non relu

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7. Les communications de Quesnay furent presque toutes lues par Hévin, vice-secrétaire.

mier volume des Mémoires de VAcadémie^ Il inséra dans ce volume plusieurs articles de lui et une Préface que ses amis ont mise au niveau de celle que Fontenelle avait rédigée pour le premier volume des Mémoires de V Académie des sciences. L'abbé Desfontaines prononça même le mot de chef-d'œuvre, tout en signalant que la thèse de l'auteur avait quelque rapport avec celle que Clifton avait proposée dans VÉtat de la médecine ancienne et moderne.

Dans cette introduction, Quesnay développa l'idée qu'il avait déjà esquissée dans ses premières communications à l'Académie*

1. Mémoires de l'Académie de Chirurgie, tome I, 1743; tome IL 1753; tome III, 1757; in-8*. Il existe aussi une édition in-12.

2. Dans le discours à l'Académie des Sciences de Lyon, on lisait déjà :

« Pendant 20 ans que j'ai exercé sans relâche ces deux professions ensemble (la médecine et la chirurgie), j'ai été fort attentif à remarquer quelles sont les connaissances que l'on peut acquérir dans l'art de guérir par ce que l'on nomme vulgairement expérience et combien on peut compter sur les recherches que l'on fait du côté de la théorie pour nous éclairer sur la pratique de cet art. »

Dans le mémoire sur l'opération du trépan, on lit : a Ce n'est qu'en rassemblant beaucoup d'observations.

et qu'on retrouve dans le passage de VHistoire de la chirurgie que nous avons cité plus haut.

Il fit observer aux chirurgiens que, pour bien exercer leur art, il ne suffît pas d'avoir de rhabileté de main et d'acquérir des connaissances à' observation par une pratique de tous les jours; les connaissances tirées des expériences physiques, c'est-à-dire de Tanatomie et de la chimie principalement, sont aussi essentielles. Elles peuvent quelquefois conduire à des opinions erronées en faisant rejeter trop rapidement les données fournies par la pratique. C'est ainsi qu'après les découvertes d'Hervey, les médecins passèrent de la crédulité à un mépris excessif pour toutes les opinions anciennes. Mais l'observation et V expérience peuvent se compléter et c'est en réalité par leur secours combiné qu'on peut arriver à la certitude. Dans bien des cas, celle-ci fait malheureusementdéfaut;

qu'en les comparant, qu'en les opposant les unes aux autres qu'on peut éviter qu'elles jettent dans l'erreur. Il faut faire de grandes recherches, rassembler beaucoup de faits, les présenter tous par le côté qui a du rapport au sujet qu'on veut examiner, pour faire sortir de leur assemblage quelques rayons de lumière. »

on n'a alors pour se conduire que la conjecture et V analogie, moyens crinvestigation utiles, mais dangereux, surtout dans les mains de praticiens mal préparés à raisonner par leurs études préalables.

Les chirurgiens doivent donc s'instruire, concluait-il; ceux d'entre eux qui ont perfectionné Fart avaient développé leur esprit par Tétude des langues savantes, par la culture des belles-lettres et de la philosophie. Si ces hommes distingués avaient pu grouper leurs efforts dans des Sociétés consacrées aux recherches nouvelles, les progrès qu'ils ont provoqués auraient été plus grands.

L'Académie de chirurgie comble cette lacune. Grâce à elle, pourront désormais s'introduire dans l'art les connaissances tirées de la physique, de Tanatomie, de la chimie et aussi de la mécanique qui permet de construire des instruments et de doubler les forces des opérateurs.

Dans la Préface que nous venons de résumer, les commentateurs de Quesnay ont vu surtout un travail de philosophie. Sans doute, à ce point de vue, elle a de l'intérêt; elle renferme un bon exposé de la méthode à

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suivre dans les sciences d'observation. ' Mais elle fut aussi une œuvre de circonstance ; l'appareil philosophique dont elle était revêtue était destiné à couvrir les conseils que Quesnay entendait donner à tous les praticiens de son temps, qu'ils s'appelassent médecins ouchirurgiens\ Il visait tout ensemble les habitudes conjecturales des docteurs, et la vanité des chirurgiens qui s'imaginaient, parce qu'ils étaient dépourvus d'instruction libérale, que les connaissances théoriques sont inutiles et que la pratique suffît à tout.

1. « Il n'est pas i^ossible d'exposer en une langue plus sobre et plus belle les lois de la méthode scientifique, dit M. Paul Reclus. Le premier volume des mémoires fut nommé le volume de Quesnay, car malgré les six mémoires de Petit, les articles d'Hévin, de Houstet et dePagos, les travaux de Quesnay, surtout ses recherches sur la suppuration, la gangrène, les plaies, les ulcères et les tumeurs ont par les horizons nouveaux qu'ils ouvrirent à la science, une importance considérable. Ce volume fut un émerveillement pour l'Europe ». (Discours, déjà cité).

2. Citant les noms des grands chirurgiens, Quesnay dit en note :

« Plusieurs de ces grands hommes ont allié]le titre de médecin à celai de chirurgien, parce que dans les Universités étrangères la médecine n'a pas été séparée de la chirurgie comme dans l'Université de Paris. »

Il ne pouvait oublier la lutte engagée entre les deux professions, car, depuis plusieurs années, il y prenait une part très active.

Cette lutte était devenue plus âpre en 1733, à propos de la question de savoir si les chirurgiens pouvaient traiter les maladies spéciales pour lesquelles ils avaient la faveur du public intéressé. Dans une brochure^ dont les chirurgiens ont pu dire que c'était « un » libelle indécent adopté par le Corps entier » delà Faculté, muni du sceau de son appro- )) bation, distribué par elle publiquement », tout droit à cet égard avait été dénié aux chirurgiens.

Un médecin, Maloet', soutint ensuite, à l'Ecole de médecine, cette thèse insidieuse :

1 . Question de médecine, scœoir, etc. (déjà cité), 1733. par Baron, régent de la Faculté. En cette année la Faculté substitua à l'examen de chirurgie pour les bacheliers des exercices sur l'anatomie et les opérations chirurgicales (Mercure, 1733), et obligea les bachelieT-s à ^eux années d'études de dissection.

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