ACTE IV
toute la famille est acquise à votre auguste mère et à vous.
* / HENRIETTE
Oh ! ne parlons point de reconnaissance, monsieur ; ce serait donner une mesure à votre dévouement, et j'aime mieux lui faire un appel entier, complet, absolu.
BOUCHAVANNES. /
Parlez, madame, je serai heureux le jour où vous me donnerez l'occasion de courir un danger quelconque pour vous.
Je vous ai parlé d'une sœur proscrite, fugitive, exilée. Eh bien, moi, monsieur, j'ai un frère exilé, fugitif, pro scrit; un frère que je n'ai pas vu depuis trois ans.
BOUCHAVANNES.
Le roi Charles II?
HENRIETTE
Le roi Charles II, oui, monsieur. Eh bien, le roi Charles II est ici, à Vincennes, de l'autre côté de cette porte. . . Chassé aujourd'hui de France par M. de Mazarin, demain au point du jour il part, il retourne en Hollande. Monsieur de Bouchavannes, il dépend de vous que le pauvre déshérité parte avec quelques adoucissements à sa douleur, ou désespéré tout à fait. Monsieur de Bouchavannes, je voudrais bien revoir, je voudrais bien embrasser mon frère ; je voudrais bien lui dire adieu I
BOUCHAVANNES.
Et voila tout ce que vous aviez à me demander, madame?
HENRIETTE
Oui, tout.
BOUCHAVANNES.
Ma tête serait en jeu pour vous procurer celte joie, que je risquerais ma tête; je risque quelques jours d'arrêt, un mots de prison peut-être; en vérité, je suis honteux, madame, de faire si peu pour vous ! (il va à i* petite porte et l'ouvre.) Entrez, sire! Madame Henriette attend Votre Majesté.