ACTE I
LE ROI
Alors, vous arrivez de Turin? Il me semble qu'on m'a fait signer un congé pour vous.
J'arrive de Turin, en effet, il y a huit Jours, sire, et j'y ai passé trois mois, ma mère ayant l'honneur d'être dame du palais de la régente.
LE ROI
Venez ici, s'il vous plaît, monsieur.
BOUCHAVANNES, déposant sa demi-pique près de la porta et «'avançant.
Sire!
LE ROI
Vous devez connaître la princesse Marguerite?
BOUCHAVANNES.
J'ai eu l'honneur de la voir presque tous les jours, et de lui parler deux ou trois fois.
LE ROI
Et quelle personne est-ce, monsîeuf ?
BOUCHAVANNES.
Le roi me fait-il l'honneur de m'interroger sur le physique ou sur le moral?
LE ROI
Sur tous deux, monsieur.
GEORGETTE, barraot la porte du fond à Poquelin avec la <lemi-pique de Bouchavanuns.
On n'entre pas ?
C'est cela, Georgette ! fais bonne garde à la place de M. de Bouchavannes.
POQUELIN
Sire!
LE ROI
» Ah ! c'est vous, monsieur Poquelin? Bien, dans un instant.
POQUELIN, s' éloignant.
Sire!
GEORGETTE, remettant la pique à sa place.
,Là!
LE ROI
Revenons à notre interrogatoire, monsieur.
BOUCHAVANNES.
Eh bien, sire, la princesse Marguerite est, au moral, une pieuse et bienfaisante princesse, digne en tous points du sang dont elle sort.
LE ROI
Et au physique?... Je désire un portrait exact, monsieur de Bouchavannes. •
BOUCHAVANNES.
Sire, des cheveux noirs, de grands yeux mélancoli-