ACTE II
LE ROI
Eh bien, voyons, lis-nous ton histoire.
DANGEAU
Permettez-vous, sire, que j'achève ma phrase?
LE ROI
Oui, achève! achève!
MADEMOISELLE DE LA MOTTE, à Aune d'Autriche.
Voyez, madame, il ne la perd pas un instant des yeux !
ANNE
Hélas! mon enfant, il y a quinze jours, au Louvre, madame de Châtillon m'en disait autant de vous !
* MADEMOISELLE DE LA MOTTE
Oh ! excusez-moi, madame, mais c'est que vous ne pouvez comprendre...
ANNE
Je ne puis comprendre, parce que j'ai trois fois votre âge, n'est-ce pas, mon enfant? Mais, vous saurez cela un jour, les femmes ont toujours vingt ans dans quelque coin du cœur.
LE ROI
As-tu fini, Dangeau?
DANGEAU
Oui, sire.
LE ROI
Alors, nous ^écoutons.
DANGEAU, lisant avec le plus grand sérieux»
« Le 25 septembre i658, Sa Majesté Louis XIV, avant de se mettre en chasse, a pris son dîner dans la forêt de Vincennes, au lieu dit le chêne de Saint-Louis; les chasseurs ont mangé sur le gazon, et divisés en plusieurs groupes. Le groupe du roi se composait... »
LE ROI, interrompant.
Bien, bien, Dangeau! lu nous en as dit assez, et nous sommes convaincus, maintenant, que ce n'est pas de la poésie que tu faisais.
D ANJOU
Peste, quel livre intéressant vous composerez, Dangeau, si votre histoire du règne de mon frère contient beaucoup de paragraphes pareils à celui que vous venez de nous lire!
ANNE, appelai»».
Grammont!
GRAMMONT, quittml le groupe île Muiarin cl s' approchant d'Aimc d'Autriche.
Madame?
ANNE
Quelle méchanceté venez- vous donc de dire au cardi-