‹ Le docteur ServansChapitre 59 sur 201 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ses, présents et futurs; mon frère Louis a un démon familier qui le hante Je jour, et le visite la nuit.

ANNE, q»i a écouté avec une certaine attention.

Que dis-tu donc là, Philippe?

d'anjou.

Madame, je joue, comme cela m'est déjà arrivé dans le ballet des Quatre Saisons, le rôle de la nymphe Écho. Mon frère Louis prétend avoir un agent secret qui lui répète tout ce qui se dit, se fait ou se pense à la cour; de sorte qu'il n'y aura plus moyen de lui rien cacher à l'avenir.

HENRIETTE, tremblante.

Oh ! mon Dieu !

d'anjou.

Eh bien, cela te fait peur, Henriette? Est-ce que, par hasard, tu aurais quelque chose à cacher?... (a mademoiselle de la Motte, qui lui fait un signe.) Plaît-il?

HENRIETTE, à Anne, tandis que d'Anjou cause avec mademoiselle de la Motte, et que Beriogben va prendre les ordres de Mazarin.

Madame, si c'était vrai, ce que dit d'Anjou, le roi saurait donc que mon frère Charles est, depuis hier, à Vincennes? Peut-être en ce cas, devrais-je le prévenir.

ANNE

Ne crains rien, petite ! D'abord, ce démon familier dont j'entends parler pour la première fois, et qui n'a jamais donné signe de vie, n'existe probablement que dans l'ima-

gination de d'Anjou, la plus folle des imaginations! ensuite, Louis, sût-il que le roi d'Angleterre a rompu le ban qui l'exile de France, comme c'est avec mon autorisation que ce ban a été rompu, et que Louis ne veut que du bien à son cousin Charles, ton frère, mon enfant, ne courrait aucun danger.

HENRIETTE

De la part de mon cousin Louis, non, je le sais; mais de la part de M. de Mazarin...

ANNE, avec un sourire mélancolique.

Je suis forcée d'avouer que le cardinal, étant des amis de M. Cromwell, est naturellement des ennemis du roi d'Angleterre.

HENRIETTE

Hélas ! il Fabien prouvé ! Ma pauvre mère espérait qu'à la mort de l'usurpateur, M. de Mazarin songerait à mon frère Charles. L'usurpateur meurt, mon frère Charles accourt... Que trouve-t-il ?> M. Richard Cromwell reconnu, et la cour en deuil de M. Olivier Cromwell!... Oh ! madame, n'est-ce point une impiété que de voir la cour de France porter le deuil d'un homme qui a fait monter son maître sur l'échafaud, et qui, depuis dix ans, tient au ban de l'Europe le . roi légitime de la Grande-Bretagne?

ANNE

Chut, mon enfant! tout cela peut changer; après les

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