ACTE II
MADEMOISELLE DE LA MOTTE, à Anne d'Autriche.
Ah ! madame, vous voyez que c'était bien à elle qu'i 1 écrivait !
ANNE
Oui, vous avez raison, et, aujourd'hui même, je lui parlerai.
(Elle donne tout bas nn ordre à Beriogben, qui s'approche ensnite du roi.) MARIE , après avoir lu, le billet.
Oh ! les charmants vers que le roi m'envoie, messieurs ! Je vous avais bien dit que le roi était poète. Écoutez !
Allez voir cet objet si charmant et si doux ! Allez, petites fleurs, mourir pour cette belle. Mille amants voudraient bien en faire autant pour elle, Qui n'en auront jamais le plaisir comme vous !
• GUICHE, à demi-voix. '
Marie ! Marie !
Eh bien, mais qui vous empêche de m'en faire, des vers ? Personne I N'est-ce pas, sire, que vous permettez que M. de Guiche, M. de Villeroi et M. Dangeau m'en fassent, des vers, et. même de plus jolis que ceux-là, si la chose leur est possible?
LE ROI
Oui, certes, je le permets ! Empêcher qu'on ne vous
trouve belle, empêcher qu'on ne vous le dise, ce serait défendre à l'alouette de chanter pour le matin, et au rossignol de chanter pour le soir.
(Pendant tout ce temps, on a enlevé les tapis, les mets, les bouteilles ; oa a détaché les cors suspendus aux branches des arbres. Enfin, on sonne le lancer.)
LE ROI
Mesdames, vous entendez? On lance l'animal... À cheval, messieurs! Mesdames, à cheval !>..
MARIE
Ne venez-vous point, sire ?
LE ROI
,Non, je suis forcé de rester un instant pour ma mère, qui me fait les gros yeux. Beringhen vient de me prévenir de sa part.
MARIE
'Et à quel propos? (Riant.) Le roi aurait-il été désobéissant ?
LE ROI
Il paraît 1
Et l'on va le punir ?
LE ROI
On va l'essayer du moins.
MARIE
Eh bien, mais la chasse ?...