MAZARIN, GUÉNAUD
MAZARIN, venant de la chambre du Tond, appuyé au bras de Guénaud.
Vous entendez, Guénaud? partez à l'instant même! Monsou le prince il est fort malade : guérissez-le, Guénaud... pas trop vite! les guérisons trop rapides elles ne sont pas soûres. Vous avez conzé pour oun mois, pour doux mois même... Comprenez-vous, Guénaud?
GUÉNAUD
Parfaitement, monseigneur.
MAZARIN
Et z'aurai des nouvelles de monsou le prince?...
GUÉNAUD
Autant que vous en voudrez.
MAZARIN
Z'en voux tous les zours, Guénaud.
GUÉNAUD
Mais vous, pendant ce temps, monseigneur?...
MAZÀRIN.
Ne vous inquiétez pas de moi, mon cer Guénaud! ze ne me souis zamais si bien porté; allez, Guénaud! allez, mon ami!
GUÉNAUD
Mais, monseigneur, si le roi sait mon départ?...
MAZARIN
Gomment voux-tou qu'il le sace?...
GUÉNAUD, regardant Mazaria .
Monseigneur, on dit que, maintenant, le roi sait tout, même les choses qu'on croirait impossible qu'il sût.
MAZARIN
Es-tou le médecin dou roi ou celoui dou cardinale, Guénaud?
GUÉNAUD
Je suis le vôtre, monseigneur.
MAZARIN
Alors, c'est à moi de te dire : Pars ou reste, va ou reviens.