‹ Le domino noirChapitre 9 sur 55 · ANGÈLE, HORACE, LORD ELFORT · texte numérisé non relu

ANGÈLE, HORACE, LORD ELFORT

sortant de la porte à gauche.

ANGÈLE. Prenez garde! on vient!

Elle remet précipitamment son masque.

HORACE. Qu'avez-vous donc, madame?

ANGÈLE. Rien... mais t;<i^ez-vous tant que mylord sera là.

HORACE. El pourquoi donc?

ANGÈLE. Silence !

LORD ELFORT. Encore cette petite Horace de Massarena; et toute seul dans le têie-à-tête. . dans ce salon écarté... il y avait quelque chose. {Il salue Angèle qui se trouble et pi end vivement le bras d'Horace A

Pourquoi donc ce domino il était si troublé à mon aspect ?. . . (// regarde Angèle avec attention.) Ah! mon Dieu; ce tournure et ce taille... qui était tout-à-fait le même! Si je n'étais pas bien sûr que mylady... mon femme était heureusement malade chez elle.

HORACE, bas à Angèle. Qu'a-t-il donc à vous regarder ainsi?

angèle. Je... l'ignore.

LORD ELFORT. Je n'y tenais plus... et dans le doute je voulais faire un coup hardi. (Allanl-à Angèle.) Madame voulaitelle accorder à moi le plaisir de danser ensemblement ?

HORACE, vivement. J'allais faire cette demande à madame.

ANGÈLE, à part. Maladroit!

LORD ELFORT, vivement. Je étais donc le premier en date.

nORACE. La date n'y fait rien.

LORD ei.fort. Elle faisait beaucoup quand on avait que cela.

HORACE. La volonté de madanft peut seule donner des droits.

lord elfort. Pour des droits... je en avais peut-être... beaucoup plus... (à part) que je voulais.

HORACE, fièrement. Que madame daigne seulement m'accepter pour cavalier...

et nous verrons.

LORD ELFORT, s' échauffant. Yes, nous verrons.

ANGÈLE, bas à Horace, et lui serrant la main. Silence !

Elle se retourne du côté de mylord et lui présente la main.

LORD ELFORT, étonne. Elle accepte... ce était donc pas... mais patience... je avais un moyen de savoir...

HORACE, s1 approchant d' Angèle, et d'un ton respectueux . J'obéis, madame.

ANGÈLE. C'est bien !

HORACE. Mais l'autre contredanse?

ANGÈLE, lui tendant La main. Avec vous, Elle s'éloigne avec mylord par le salon k gauche.

SCEWE VIII HORACE, puis JULTANO.

HORACE, avec joie.^Ah ! elle a raison !... qu'allais-je faire?... du bruit, de l'éclat... la compromettre pour une contredanse qu'elle lui accorde par grâce... et qu'elle medonneà moi... qu'elle me donne d'ellemême!

jcliano. Eh bien!... qu'y a-t-il?... je te vois enchanté.

HORACE. Oui, mon ami... je danse ave elle.

MAGAS1I*. THEATRAL

juliano. Tant que cela!

Horace. Ali ! ce n'est rien encore... elJe m'aime, j'en suis sûr.

juliano. Klle te l'a dit?

HORACE. Pas précisément!

juliano. IMais tu sais qui elle est?

HORACE. Non, mon ami.

juliano. Tu le sauras demain ?

iionACE. Non, mon ami... je ne dois plus la voir... c'est la dernière fois.

juliano. Et tu es ravi?

HORACE. Au contraire... je suis désespéré... mais j'avais encore une heure à

passer avec elle une heure de

plaisir... et je ne pensais plus à l'heure d'après... qui doit faire mon malheur... car c'est tantôt à minuit qu'elle doit partir.

juliano. En es-tu bien sûr?

Horace. Elle l'adit devant moi... à sa compagne: toutes deux se sont donné rendez-vous ici... dans ce salon... et quand minuit sonnera à cette horloge, je la perds pour jamais.

juliano. Allons donc... nous ne pouvons pas le permettre.

. HORACE. J'en mourrai de chagrin.

JULIANO. Et elle de dépit... elle veut qu'on la retienne — c'est évident... et tu ne dois la laisser partir qu'après avoir obtenu son secret, son amour.. . elle ne demande pas mieux.

HORACE. Tu crois?

juliano. Mais malgré elle... etc'estune satisfaction que tu ne peux lui refuser.

HORACE. Certainement... mais comment faire?... comment la retenir quelques heures de plus!

JULIANO. Cela me regarde.

HORACE. Et sa compagne, qui sera toujours là avec elle....

JULIANO. Il faut les séparer... garder l'une. .. et renvoyer l'autre... quoiqu'elle soit gentille... car j'ai dansé avec eile... et vrai, elle est amusante... surtout par ses réflexions... nous étions déjà fort bien ensemble... etjevaisy renoncer... pourtoi...

pour un ami... Voilà un sacrifice... que tu ne me ferais pas. ..Tiens, tiens, je la vois l'ici... cherchant des yeux sa compagne... qu'elle n'aperçoit pas.

HORACE. Je crois bien... elle danse dans l'autre salon.

JULIANO, avançant l'aiguille de V horloge et la plaçant à minuit moins quelques minutes. C'est ce qu'il nous faut... Sois tranquille alors.

noRACE. Que fais-tu donc?

juliano. J'avance pour elle l'heure de la retraite.

eeeoee.«e -^uowjoouoo^s^o^vaaxwgeo-

SCEINE IX.

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