‹ Le domino rose comedievaudevilleanecdoteChapitre 19 sur 24 · LEQUEL · texte numérisé non relu

LEQUEL

Ah! il n’a pu!. . eh bien, au contraire, Mouette, au contraire! il en est arrivé une!.. . à renverser, à ruiner un honnête homme comme moi, à me faire gagner une volée!.. Mouette, je suis un homme perdu !

FOUETTE

Vous ne savez donc pas ce qu’il a fait , cc M. de Givry ?

LEGRIEL

Eh! mille tonnerres! c’est pour le trop savoir que je suis perdu !...

MOUETTE

Qu’est-ce donc qui vous embarrasse? Vous conterez ce que vous avez vu , et Monseigneur sera bien content.

LEGRIEL

Content! content! il faudrait qu'il eût un drôle de caractère ! un caractère fait exprès pour moi , pour la circonstance, enfin un caractère comme il n’y en a pas. . . Sais-tu où il est allé, cet enragé de marquis?. .

MOUETTE

Non, mais cela ne vous regarde pas; qu’est-ce que ça vous fait ?

LEGRIEL

Ce que ça me fait ?. . chez madame !

MOUETTE

Madame?

LEGRIEL

Chez la femme du lieutenant-général!

MOUETTE

Hein?.. Comment?. . Vous dites ? Ah ! juste ciel! la femme de notre grand chef! C'est -il Dieu possible!.. Peste!.. Je conçois maintenant. .. Le rapport!.. Ah ! ah ! ah ! il seraitbon, celui-là !

1 LEGRIEL

Comprends-tu maintenant la difficulté?

mouette , riant toujours.

Oh ! oui , très-bien. . . très-bien. . . Ah ! ah !. .

LEGRIEL

A-t-on jamais vu! cet imbécile qui me rit au nez! Il y a de quoi rire, peut-être?. . Hein! voudrais-tu être à ma place, à présent? -

MOUETTE

Non pas, nou pas; pas plus qu’à celle de Monseigneur.

Àh! ah! ah! Taire si bien la police d’un royaume et n’y voir goutte dans sa chambre à coucher! yous avez joliment bien tait de me relever hier soir.

Air de Mazaniello.

Je suis aise , il faut que je 1’ dise ,

Qu’4 c' t’heur’-là ç’ait été vot’ tour; La nuit , on peut fair* quelqu’ sottise , J’aime mieux travailler en plein jour | LEGRIEL.

Me vois-tu , dans l' moment funeste , Disant : Monseigneur , je venais. . .

MOUETTE

Après?

LEGRIEL

Hélas ! tu sais de reste

Ce qu’il faudra lui dire après !

Mon pauvre ami, tu sais de reste Ce qu’il faudra lui dire après.

- * MOUETTB.

C’est juste! c’est juste; voulez-vous que je vous donne un bon conseil? . '

LEGRIEIi.

Eh ! sans doute ! que faut-il faire ?

mouette , gravement.

Ilne faut pas dire ça.

LEGRIEL

Me voilà bien avancé!

MOUETTE

C’est la faute de ce marquis, aussi! Que diable ! quand on fait de ces choses-là, on devrait penser au pauvre homme qui sera obligé de faire son rapport. Mais bah! tous ces beaux messieurs ne pensent qu’à eux !

LEGRIEL

Des égoïstes!.. Quoi!.. Et puis des mœurs!., pas de mœurs!..

MOUETTE. ! i.

Ça c'est vrai, pas plus de mœurs que dessus ma main!

Mais enfin, il faut cependant que vous disiez quelque chose.

LEGRIEL, résolu.

Non. . . je ne dirai rien.

MOUETTE

Comment ferez- vous?

LEGRIEL

J’écrirai. Du moins je ne serai pas là quand la bombe éclatera. (Sortant.) A la grâce de Dieu !

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