‹ Le donjon de Vincennes drame en cinq actes et dix tableaux par mm. Dennery et GrangéChapitre 25 sur 89 · DEUX AUTRES GENTILSHOMMES, BON A VENT IRE · texte numérisé non relu

DEUX AUTRES GENTILSHOMMES, BON A VENT IRE

FOUQUET

Restez, Polisson, et vous aussi, monsieur, vous savez que je compte sur vous.

rtuaon.

Oui, pour ce duel, ce malheureux duel, n’est-ce pas?... mais n’est-il doue aucun moyen d’empêcher?...

FOUQUET

L emnêcher?... et comment?... Par le sacrifice de mon bonheur, d un amour qui est toute ma vie? jamais! jamais !

PELISSON

Mais au moins, monseigneur, promettez-rnoi...

Oh! soyez tranquille, met jours me sont chers maintenant.* et je saurai les défendre... Mais, quelqu'un vient de ce côté... PEUSSON, regardait.

C’est lui... c'est votre adversaire.

(Entra Saint-Mar*, suivi do Saint -Ai gnon, do Üonaventure et d'un autre gentilhomme.)

SAINT-MARS, A tk>aa real tire .

Veille à ce que personne ne vienne nous interrompre, (a Sait». AiRM«ei * r»«re iàbom.) Et vous, messieurs, veuillez assister au combat qui doit avoir lieu.

BON AVENTURE, 1 part.

Ah! je suis bien fâché d’avoir quitté la Champagne!

SAINT -MA HS, * »Pv*v haoi ti A Foaqa»i.

Vous êtes prêt, monsieur?

FOUQUET

Vous voyez, je vous attendais.

1E DONJON DE V1NCENNB9.

IUHMUM.

Vos témoins?

rOOQCET.

Les voici.

SAINT-MARS

C'est bien. Vous ave* votre épée, moi la mienne. — Commençons.

péusson.

l!n instant, monsieur; avant tout, il est d'usage de régler les conditions.

8ATNT-A16ÏUN.

En cfTct... je dois...

SAINT-MARS

I-es conditions?... il n'en est qu'une: la mort de l’un des deux adversaires.

ntusMU.

î.a mort !

bon aventure, à put.

Moi qui m’évanouissais quand je coupais une pratique!...

SAINT-MARS

Allons, habit bas!... la poitrine découverte?... U faut que la pointe aille au coeur de l'un de nous deux.

rtlITTOM

Messieurs!... messieurs!...

FOCQUrr, 0ooewi*«t.

Laissez-nous, Pélisson.

SAINT-MARS

Et vous, monsieur, en garde !

FOtQI'RT.

En garde! (lit toabMt c» p*rd», Siiet-Bari put»» FflnqnH. qui •* fclt T"* p»r»r.) U colère vous aveugle... vous tenez mal votre épée.

SAINT-MARS

A vous, monsieur, à vous !

(Il ce fend sur Fouquet, qui d’im revers brisa son épée.)

TOUS

Ah!

rororCT.

Votre épée est brisée, monsieur.

SAINT-MARS

Mon témoin me prêtera la sienne.

SAINT-AICNAl».

Pardon! la mienne est une épée de bal... les armes aéraient inégales , et je re puis souffrir...

pélisson.

Tout duel devient impossible.

SAINT-MARS

Impossible! vous vous trompe* ! J 'ni dit : A la mort de l’un de nous deux, et l'un de nous aoil rester sur la place. J'ai là des pistolets...

BON AVENTURÉ , A part.

Des pistolets à présent.'

SAINT-MARS, qui a «V IrU prroilre.

On n'en chargera qu’un. Nous tirerons au sort. Puis le pied contre le pied, les yeux sur les yeux, et le canon sur la poitrine... Vous comprenez qu'olors Un y aura plus là ni force, ni adresse... et que les chances seront égales PÉLISSON.

Un pareil combat!...

SAINT-MARS, à rompu».

Refuseriez-vous ?

FOUQUET

Non, monsieur, j'accepte.

PÉLISMN.

Grand Dieu! y songez-vous?...

FOIQITET, bM.

J’ai déshonoré monsieur de Saint-Mars et jc^ lui dois telle réparation qu'il lui plaît d’exiger. Faites ce qu'il vous a dit , messieurs.

pÉi.tseON.

Mais...

muOCKT.

Mon ami, je vous en prie.

PÉLISSON, A Put.

Mon Dieu ! mon Dieu ! protégcz-lc !

(On charge uno des armes. — Moment de silenea.) SAINT-MARS.

Eh! bien... est-ce fait?

8AINT-A1CNAN, »«< 1m pUtnUu.

Oui.

(Ssint-Mm prend an des pistolets, Fouquet l’autre.) PÉLISSON.

Ah! monseigneur l«.

FOL'QUET, Int w*t%bi h nul» •( Ul.

Allons, du courage !... et si je dois succomber, éts-la* que je suis mort plutôt que d'appartenir à une autre qu’elle.

SAINT -MAR?

Kl es- vous prêt, monsieur ?

rocQütr.

Commencez, monsieur !

(Ils *e placent tous deui face à fa«, U pistolet sur la poitrine.)

BON AVENTURE, A P*rt.

Je n’ai pas une goutte de sang dans les veines.

SAINT-MARS

Au cœur donc!

FOUQUET

Tirez, monsieur. (L'iox-rt* srM« f u r-«p h put pu.)

SAINT-MARS

Le sort vous favorise , monsieur.

fOOQOKt.

Oui, là, dans cette arme est votre destinée; que mon doigt presse la détente, et vous tombe* mort à mes pieds.

J’attends, monsieur; tirez, mesurez donc!

souquer.

Non!

SAINT-MARS

N'avez-vous de courage que pour déshonorer une femme?

r oo Q wtr .

Malheureux !... (m i*u** un , p«i«, !'*»(••■■*.) Non , je nê tuerai pas le frère d’Alhénaïs de Saint-Mars.

(Il jatte I* pistolet loin de lot)

SAINT-MARS , me farear.

Mais sa générosité est une insulte nouvelle! mais Ü me déshonore une fois de plus!... Ah ! cette injure... cette honte, je la laverai dans son sang! (h mr» t# uoa*» a«pu m « pwpi» nr r«r Défend s-loi !

focqoet.

Malheureux!...

les autres

Arrêtez!

(Une lutte •Voragr corps à corps entre eux. — Fotsqnet temase Saint- Man et lai icct lo genou sur U poitriuc.)

FÜUQtET.

Messieurs, vous êtes témoins que monsieur de Saint-Mars s'est jeté sur moi pour me tuer, que je pouvais fétoufler sous mon genou... et que pour la tioisicme fois, je lui ai fait grâce! (a StMHhH.) Relevez-vous, mon>icur.

SAINT-MARS, » »»»c un- RMRlR

Terrasvé!... vaincu!... déshonoré par lui!,.. Oh ma vie, ma vie tout entière pour venger mon honneur !

(Grande rameur en dehors ; le parc s’éclaire tout à coup, des domestique», portant des flambeaux, entrent précédant te Roi, qui parait une lettre à la main t-t suivi par de* garde» et toute la cour.)

TOCS.

Qu 'est-ce donc?... qu'y a-t-il?

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