FOUQUET, SAINT-MARS, SIMON
SAINT-MARS, r*pr»rt.ot wrbr IM«, à péri.
Que dois-je attendre?... espérer? Ah! si elle consentait à partager ma vie!... si son amour pouvait me reposer de ma haine !
(A Sium, CB loi Ufcél jntol lecicbo*.) UUVfO-UIOi.
SIXOH, Jp«M avoir ouvert, iotiot(iti.
Monsieur de Saint-Mars!
(Saint-Mars fait signe à Simon de s’éloigner et entre dans le cachot. — Fouquet a relevé 1a tête. — lis se regardent quelques instants en silence.)
FOtqtBT.
C'est vous, monsieur! que me voulez-vous encore? venezvous insulter à mon malheur? vous repaitre de la vue de mes souflrance» ?
SAISI -MASS , frobJcnicét.
Je viens, monsieur, comme gouverneur de cette forteresse, écouter vos réclamations si vous en avez à faire.
FOUQUET, évre BU Martre iw.
Si j’en ai à faire?... non, monsieur, non... je suis las de réclamer contre l'injustice qui me frappe, contre les traitements odieux dont je suis victime.
SAINT-MARH.
En cela, monsieur, je me conforme aux ordres que j’ai reçus.
rOOQUKT.
Alors, n’élouffex pas ma plainte, laissez-moi écrire au roi.
SAIN1-MARS
Les prisonniers n'écrivent fias au rot.
FOUQUET
Bien, bien, monsieur!... trouvez-vous que ce soit assez de douleurs, assez de torture»? votre Ame est-elle satisfaite? votre haine est-elle assouvie? suis-je assez brisé, vaincu, torturé?., êtes-vous heureux, monsieur ?
SAINT-MARS
Heureux!... (tue «••«uMa.) Oui, oui, bien heureux en effet!,., je dois bénir, n’est-ce pas, le sort que vous nous avez fait à tous deux? je dois bénir cette tâche que je me suis imposée dans un jour de colère et pour satisfaire une juste vengeance... Un brillant avenir s’ouvrait devant moi. vous m'avez forcé d'y renoncer... mon nom était respecté, vous l’avez flétri., j'étais un soldat libre et fier, vous avez fait de moi un geôlier. Vous avez raison, mousieur, plaignez votre sort et enviez le inien ; car il est bien digne d’envie!
FOUQUET
S’il en est ainsi... pour vous-même, sinon pour moi, mettez fin à ce long supplice! si je >ui» condamné à passer mes jours en prison, a souffrir, pendant toute ma vie. de? maux cent fol» plus cruels que la mort, laissez-moi terminer celte existence misérable! donnez-moi une arme!... laissez-moi me tuer.
SAIN (-MARS, (roulement.
Vous êtes fou, monsieur. Oubliez-vous que voua êtes sous ma garde ?... que je réponds de vos jours au roi?
FOl'QUET.
Mais votre cœur est donc inaccessible à la pitié? unr-xus.
En avez-vous eu pour moi (tuand vous avez porté la honte et le déshonneur dans ma famille?... en avez-vous eu pour moi, quand, au lieu de me tuer, comme je vous le demandais, comme c’était voire droit, vous m’avez outragé, foulé aux pieds?... De la pitié ! mais j'ai encore sur la poitrine l’empreinte de votre talon!
FOUQUET, »** Bw*.
Eh bien! vengez donc celte insulte!... prenez votre épée!... frappez- moi.
SAINT-MARS
Eh I monsieur... je suis soldat, je ne suis pas le bourreau.
FOUQUET
C’est vrai !... je vous faisais trop d’bonneur. Le bourreau tue, et vous , vous torturez !
SAINT-MAR», rrprimaal an HMnwmai <!«
Des injures!... pour me pousser à bout? vous n’y parviendrez pas. Je vous le répété, monsieur, je fais mon devoir.
FOUQUET
Votre devoir!... en me persécutait! sans cesse?... en aggravant, par tous les moyens, le# horreurs de ma captivité *... Non ce n'est pas le roi qui me poursuit, c’est vous!... cette ven-
géante est indigne de lui... elle est vileet méprisable... cl quand vous la lui attribuez, vous mentez!
SAINT-MARS, porUnt la in-i-o j mm êfèe 4*’,! tort A demi.
Malheureux !
FOUQUET
Du cœur donc, du cœur!
SAINT-MARS, fMmt *»o .(■>.
Je réponds de vous à Sa Majesté ! vous été# prisonnier du roi, monsieur.
FOUQUET
Dites que vous tremblez qu’on ne vous demande compte de ma vie. «À* n’est pas le devoir qui retient votre bras, c’est la peur, monsieur, c'est la peur.
SAINT -MARS
Taisez-vou», monsieur, taisez vous!
FOUQUET
Ah ! Toilà que vos yeux s’animent... que le sang vous monte au visage... Eli bien ! oui, je vous dis encore que vous moulez!,., je vous di# que le roi n’a pu donner de pareil» ordres. Mes x»ufmrnees sont votre œuvre... elles sont l’œuvre d'un lâche !
SAINT-MARS, larunt ma épe«.
Misérable !
FOUQUET
Allons donc, geôlier, redeviens gentilhomme !
SAINT-MARS
Eh bien...
(Il porte l’épée à la poitrine do Fouquet.)
FOUQUET
Frappez! mai» frappez donc !...
SAINT-MARS , m? <almaal.
Non, non, c'est en vous tuant que je serais un lâche ! (»bm« mm» Vous êtes prisonnier du roi, monsieur, vous êtes prisonnier du roi!
(Il s’élance hors du cachot, fait signe & Simon qui vient do rentrer de fermer la porte, puis il sort avec lui pnr lo fond.)
FOUQUET, «col, »? Uiaiant tomtor iur l'»olrai i|ui «h prêt tl« U port* île *rm ocliot.
Ah! plus d’espoir!... plus d’e^poir!