SAINT-MARS, FOUQUET
SAINT-MARS
Vous m'avez déshonoré... vous avez séduit ma sœur, en mon absence, comme un traître, comme un misé...
fouquet, l'irrtuai.
Pardon, monsieur, si vous m'injuriez, il faudra nous battre. Si je vous tue, et surtout si vous me tuez, cela ne rendra pas l'honneur a votre soeur.
SAINT-MARS
Soit!... je serai maître de moi... je m’efforcerai de dompter ma colère, et cependant vous devez comprendre qu’il me laut une réparation.
fouquet.
Une réparation !
, SAINT-MARS
Vous aimez ma sœur ?
FOUQUET, M-’tiUal.
Mademoiselle de Saint-Mars est belle... et..
SAINT-MARS
Vous l'aimez?...
focqüet.
Moi?
SAINT-MARS
Vous!... puisque vous n'avez pas hésité devant la honte que vous répand if r. sur mon nom... devant le malheur que vous répandiez sur ma vie...
FOUQUET
C’est vrai, monsieur... notre amour a été coupable, je lésais...
SAINT-MAIS
Et savez-vous aussi que cet amour est public comme notre déshonneur; savez-vous, monsieur, que nous avons encore, ma sœur et moi, de vieux parents que ce déshonneur tuera?
ronen.
Monsieur...
SAINT-MARS
Voyons, monsieur Fouquet, si haut «pie vous aient placé votre mérite et la faveur du roi, êtes-vous homme à sacrifier û une alliance illustre le bonheur do toute une fanffte, la vie de pauvros vieillards qui ne vous ont jamais offensé, et l'honneur d'un soldat qui ne voudrait une fortune plus grande que 1a vôtre, un rang plus élevé que le vôtre, que pour pouvoir vous tendre loyalement la main et vous dire : soyons frères ! (ai*** an tenta. Eh bien! monsieur?... Comment, rien? pas un mot?
fOUQUKT.
Monsieur de Saint-Mars, je serai franc avec vous, et je vous prie de in’ccouter avec calme.
SAINT-MARS
Je vous écoute, monsieur !
FOUQUET
Avec calme?
SAINT-MARS
Avec... calme.
Si j'avais été épris de mademoiselle de Saint- Mars, si je lui avais adressé mon hommage, ce n'est pas mou cœur, mais mon nom que je lui aurais offert d'abord ; mais...
SAINT-MARS
Mais c’est elle «pii s'est follement éprise de vous, n'est-ce pas? El comme vous avez abusé de sa faiblesse, vous trouvez qu'il n'est ni lâche, ni infâme...
FOUQUET, l'mÉMMI
Vous m'avez promis d'être calme, monsieur.
SAINT-MARS
Oui, mais je vous avertis que je me suis promis à moi que, si vous n épousiez pas ma sœur, je vous tuerais!...
FOOQl'CT.
C’est fort naturel, monsieur... Je continue : Mademoiselle de Saint-Mars est de bonne maison, elle est assez belle pour porter noblement le plus grand nom de France; mais j'avais autrefois rêvé une autre union.
SAINT-MARS
Et ce rêve ?
FOUQUET
Est à jamais perdu pour moi. Ce n'est donc qu'une vie désenchantée que je poumus «ilTrir à mademoiselle de Saint-Mars. Encore ne suis-ie pas libre de disposer de moi-même. Il me faudrait, avant d’engager ma parole, obtenir l’agrément de Sa Majesté.
SAINT-MARS
Voyez donc le roi, monsieur, j'attendrai votre décision.
(Humeurs en dehors.)
UN GENTILHOMME DK LA CHAMBRE, Mocwcaol.
Le Roi!