GUILLEMARDET
Hugues Destrem rentre donc chez lui, à Panjeaux, à la fin de floréal an XI ; il passe là le mois de prairial ; il essaie de rassurer les siens ; il cherche une combinaison qui satisfasse ses banquiers ; il travaille à reconstituer si possible, son crédit perdu.
Brusquement, au bout d'un mois, contreordre, contre-ordre éperdu. Que s'est-il donc passé à Paris ? on n'en sait rien, Bonaparte, sans doute, a été mis au courant ; il ne veut pas de cela ; très probablement il fait une scène à l'imprudent Régnier. Pouché en est quitte pour laisser la responsabilité au Grand Juge qui a seul agi. Celui-ci s'aperçoit qu'on lui a fait mettre le pied dans un nid de guêpes, qu'il a risqué de se mettre Bonaparte sur les bras. Vivement, il s'adresse à la gendarmerie :
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Division de police secrète Le 4 messidor an XL
n<» 5588 Au général Moncey
Je vous invite, citoyen général, à donner les ordres nécessaires pour faire conduire à l'Isle <ie Rhé, Hugues Destrem, envoyé en surveillance dans la commune de Fangeaux, département de l'Aude, d'après mon ordre. Je vous serai obligé de m'informer de son arrivée à sa destination. Je ferai rembourser par la Caisse <ie mon ministère les frais qu'occasionnera cette ^conduite.
Moncey lui fait répondre :
Inspection générale